:: The West Wing : Les Couloirs de la Maison Blanche ::

Salle de Briefing

Bureau Ovale

Salle Roosevelt

Communication

 

Rating : PG (pour les quelques insultes).

Disclaimer: Ils sont à Aaron Sorkin, John Wells Productions, NBC et Warner Brothers (j'espère que je n'oublie personne). Ils ne sont pas et ne seront jamais à moi (encore que je ne dirais pas non). Je ne touche pas d'argent pour cette histoire, je l'ai écrite pour m'amuser.

Spoilers : Le jour des poubelles, Observe le jour du Sabat.

Feed back à cgfanficbe@yahoo.fr

Note : Cette fic tient compagnie à " Conversation tardive ", mais il n'est pas indispensable d'avoir lu celle-là pour comprendre celle-ci.

 

J'espère que cette histoire n'a pas été écrite pas quelqu'un d'autre : le monde des fan fics West Wing est grand, et je n'ai sûrement pas tout lu.

 

 

Statu quo

Géraldine

 

 

 

Washington

Maison Blanche

Bureau de Sam Seaborn

Le 07.02.00, 00.15

 

CJ était repartie annoncer la nouvelle aux autres, et Sam restait assis, fixant un point dans le vide.

Simon Cruz était mort.

Son téléphone sonna, et il grimaça, devinant de qui il s'agissait avant d'avoir décroché.

" Sam Seaborn ", annonça-t-il.

" Espèce de sale- "

" Bobby- ", tenta d'interrompre Sam.

" Non, écoute ! ", cracha l'autre homme au bout du fil. " Tout ce que tu avais à faire, c'était plaider sa cause auprès du Président ! Tout ce que tu avais à faire, c'était … Quoi, tu es devenu nul depuis que tu as déménagé à Washington ? Je croyais que c'était toi le meilleur ? "

Profitant de ce que son ancien ennemi reprenait son souffle, Sam intervint, d'une voix cassante : " Tout ce que j'avais à faire ? ", s'écria-t-il. " Mais qui était son avocat, Bobby ? Qui a salopé le boulot ? Et toi, tu viens me voir en pleurant et tu me demandes un service – comme si je te devais quelque chose ! " Conscient qu'il commençait à crier trop fort et qu'il risquait d'attirer l'attention, il s'arrêta et respira profondément.

Bobby mit le silence à profit pour lui demander, d'une voix presque implorante : " Sam … Tu n'en as pas fait une affaire personnelle, hein ? Tu l'as défendu ? Tu n'aurais pas laissé ce qui s'est passé- "

Sam resta silencieux un moment, et se détourna pour regarder par la fenêtre. Le calme se prolongeant, Bobby recommença, d'une voix plus coléreuse cette fois : " Bon Dieu, j'aurais dû … Sam, tu as laissé tomber à cause de- "

" Oh, grandis un peu ! ", rétorqua Sam, agacé. " On n'est plus à l'école, Bobby. Tu crois que j'irais jouer la vie d'un homme à cause d'une histoire qui n'intéresse plus personne ? Tu veux tout savoir ? On avait tous des projets pour le week-end. Et on est tous revenus ici pour tirer ton client de ce merdier. Mais la seule chose qui aurait pu le sauver, vois-tu, c'est une machine à remonter le temps et une meilleure équipe d'avocats. "

" C'est faux ! Bartlet aurait pu- "

" Des clous ! L'affaire n'aurait même jamais dû arriver chez nous, et tu le sais très bien. "

Mais même en prononçant ces mots, Sam avait du mal à y croire. Techniquement, le Président aurait pu gracier Cruz. Comme il l'avait dit à Toby, il avait tous les éléments nécessaires pour couvrir ça juridiquement. Il était prêt. Mais il n'avait même pas pu s'approcher du Bureau Ovale.

" C'est le Président, bon Dieu ! Qu'est-ce qui l'empêchait de- "

Sam en avait assez de cette conversation, et coupa une nouvelle fois Bobby. " Oh boucle-la ! ", lança-t-il. " On ne pouvait rien faire, et à l'avenir, évite de venir me voir avec tes problèmes. Ce n'est pas comme si on était les meilleurs amis du monde, je te signale. Alors tu règles tes problèmes tout seul, tu n'essayes plus de faire pression sur moi, et- "

" T'as pas toujours eu une aussi grande gueule, Seaborn ", ricana Bobby, d'une voix menaçante.

" Oh,  et maintenant quoi, tu vas m'attendre sur le parking avec une batte de base-ball ou quelques uns de tes fans, comme au bon vieux temps ? ", ironisa Sam. " On est dans la cour des grands, trouve autre chose pour m'impressionner. Et Bobby ? "

" Quoi ? ", demanda l'autre, de mauvaise grâce.

" Tu m'appelles encore pour me menacer, et je dépose plainte. Tu comprends bien ce que je raconte ? "

Un long silence suivit, puis Bobby finit par marmonner un vague : "  D'accord. "

Sam raccrocha sans dire au revoir, et resta immobile un moment, s'attendant à ce que le téléphone se remette à sonner. Ce qui ne fut pas le cas.

Se retournant pour attraper un dossier sur son bureau, il sursauta en voyant Toby dans l'embrasure de la porte, l'air soucieux. Les deux hommes se regardèrent silencieusement un moment, et Sam se demanda, paniqué, ce que son chef avait entendu de la conversation.

" Une batte de base-ball ? ", interrogea Toby d'un ton incrédule.

Bon, il en avait visiblement entendu assez…

" Toby- ", commença Sam.

" Une batte de base-ball ? ", répéta son supérieur.

Sam soupira et haussa les épaules. " C'était il y a longtemps. "

" C'est l'avocat de Cruz ? Celui qui est venu te trouver ? Celui qui a parlé à mon rabbin ? "

Sam grimaça en repensant à cette histoire. Il s'en voulait de s'être fait prendre au piège. C'était quelque chose que tous les avocats faisaient, d'abord bombarder l'adversaire de questions pour le mettre sur la défensive, puis l'attaquer quand il ne s'y attend pas.

Et il ne l'aurait jamais avoué à qui que ce soit, et particulièrement à son chef, mais Bobby l'intimidait toujours, en dépit de tout ce qu'il lui avait dit au téléphone. Il lui avait tenu tête quand ils s'étaient vus et il venait de l'envoyer se promener, mais l'autre avait perçu sa nervosité et l'avait utilisée.

" Sam, il t'a menacé ? ", voulut savoir Toby.

" Quand ? ", demanda Sam, pour gagner du temps.

" Hier ", clarifia Toby, d'un ton laissant clairement entendre que la ruse ne prendrait pas avec lui.

" Non. Quoi, tu crois que j'aurais besoin de ça pour m'intéresser à ce genre d'histoire ? ", questionna Sam.

" Non. Bien sûr, je sais que tu es contre la peine de mort. "

" Ce n'est pas vraiment un secret. Je le dis et je l'écris partout depuis que j'ai seize ans. "

" Oui ", admit son chef, désireux de revenir au sujet qui l'inquiétait. " Sam, ce Zane- "

" On est obligés de parler de ça ? ", coupa Sam.

" Oui ", rétorqua Toby. " Vous vous connaissiez ? "

" Pour l'amour du ciel ! ", s'exclama Sam. " Si tu as entendu cette partie-là de la conversation, tu as compris, non ? On était ensemble au lycée, il me cassait la figure assez régulièrement- "

" Pourquoi ? ", voulut savoir Toby.

" Parce que je ne suis pas idiot, et pas vraiment désagréable à regarder non plus ", expliqua Sam.

" Oh. "

" Oui, oh, comme tu dis. Bref, c'était il y a longtemps, on va pas passer la nuit là-dessus. Il s'imagine qu'il peut encore m'intimider, il a tout faux, et voilà tout ", conclut l'écrivain d'un ton précipité.

Son chef, pas convaincu, insista : " Ca a dû être pénible de le revoir. "

Sam haussa les épaules, puis adressa un sourire en coin au directeur des communications : " C'est mesquin, mais ça me fait un plaisir fou de voir qu'il est un avocat minable, et que je ne suis pas le seul à m'en rendre compte. On ne peut pas dire qu'il cumule les succès, apparemment. "

Toby eut un petit rire. " C'est peut-être mesquin, mais c'est très humain aussi. Et d'après le peu que tu m'as dit, il le mérite. "

Sam, toujours désireux de faire la part des choses, intervint : " Je sais pas. On fait tous des conneries quand on est jeunes. Ça ne veut pas dire- "

Toby l'interrompit : " Les gamins qui apprennent à abuser de leur force, c'est … Ca te serait venu à l'idée, à toi ? "

Son adjoint le regarda, sérieux. " Non, mais c'est peut-être tout simplement que je n'avais pas les moyens de le faire ", admit-il.

Il s'attendait à ce que son supérieur nie ce qu'il venait de dire, mais au lieu de ça, il lui adressa plutôt un regard pensif. " Peut-être … mais j'en doute très sérieusement. "

Il était honnête, et Sam se sentit un peu mieux. " Merci ", lança-t-il.

Toby ne répondant pas, Sam se leva et enfila son manteau. Son chef l'observa en silence, notant la lenteur de ses mouvements.

" Tu n'as pas dormi du tout la nuit passée, je suppose ? "

" Non, pourquoi ? "

" Parce que c'est tout juste si tu tiens debout et que je vais te ramener chez toi. ", répondit Toby, patiemment.

" Toby, ce n'est pas la peine. Je vais prendre un taxi. Ou marcher un peu. "

Son chef hésitait. " Tu es sûr ? "

" Certain. A demain. "

" Oui. "

Une fois son chef parti, Sam éteignit dans son bureau et quitta le bâtiment. Il décida de marcher jusqu'à chez lui. Il n'habitait pas loin, et un peu d'air l'aiderait peut-être à se débarrasser du mal de tête qui lui tenait compagnie depuis midi.

Il avait espéré qu'ils seraient à la hauteur du prochain problème qui se présenterait. Il avait espéré que cette fois, ça ne se limiterait pas à une question de relations publiques. Ce qu'il aimait le moins dans son métier était là. Parce que la majorité du peuple américain était en faveur de la peine de mort, ils continuaient à l'appliquer. La quasi totalité du staff était pourtant contre l'exécution des prisonniers. Mais les hommes politiques ne tentaient plus de changer l'opinion. Dans le meilleur des cas, ils la suivaient ; dans le pire, ils se laissaient commander par elle.

Sam se sentait de plus en plus mal à l'aise avec cet état de faits. Il pensait que Bartlet, comme le reste du staff, acceptait trop facilement le statu quo, qu'ils se battaient pour ne pas perdre plutôt que pour gagner. Ce qui ne leur réussissait d'ailleurs pas si bien, un grand nombre d'Américains trouvant le Président trop " mou " sur des problèmes qui les préoccupaient.

Bartlet prenait pourtant des risques, parfois. Il lui arrivait de se battre pour faire ce qui était juste, même si ce n'était pas populaire. Sam avait du mal à comprendre pourquoi un homme aussi profondément religieux que le Président n'avait pas accordé un sursis à ce condamné. Et il commençait à se fatiguer de se répéter qu'ils feraient tous mieux la prochaine fois à chaque défaite.

Il était arrivé chez lui, et il s'aperçut qu'il avait marché suffisamment vite pour être essoufflé. Il monta à pieds les trois étages menant à son appartement, ouvrit la porte, et alla se jeter dans son canapé immédiatement. Il était épuisé. Il n'avait pas dormi du tout la nuit précédente, et avait même pris une douche au bureau pour ne pas avoir à rentrer. " Tout ça pour ça ", pensa-t-il amèrement.

Il se releva et ramassa la lettre de sa sœur, qui l'attendait depuis la veille et qu'il n'avait toujours pas eu le temps de lire. Il devinait déjà qu'elle ne lui parlerait que de sa grossesse, comme quand elle attendait sa fille. Il se souvenait encore des recherches poussées que Claudia avait effectuées pendant les deux derniers mois, quand des complications l'avaient obligée à arrêter de travailler. Etant habituée aux longues journées, au stress et à la vie active en général, il lui avait été particulièrement pénible de rester chez elle. Sam plaignait de tout cœur son gynécologue ; elle avait du l'interroger sur des points que même lui ignorait.

Il ouvrit la lettre et la parcourut rapidement, un sourire aux lèvres. Comme il s'y était attendu, elle recommençait déjà les recherches.

Reposant la lettre sur la table, il se dirigea vers sa chambre, décidé à lui répondre le lendemain.

*****

Une heure plus tard, incapable de s'endormir, Sam capitula et alla s'installer au bureau qu'il s'était aménagé dans un coin du living. Il prit une feuille et se mit à écrire.

 

 

Chère Claudia,

J'ai eu une mauvaise journée, mais tu es libre de sauter directement à la fin de la lettre, ça t'évitera de lire mes pleurnicheries.

Vendredi soir, j'étais sur le point d'aller faire de la voile quand le téléphone a sonné dans mon bureau. Je regrette de l'avoir pris, mais ce qui est fait … Bref, c'était Bobby Zane. Je suppose que tu te souviens de lui ?

 

 

 

Sam s'interrompit un moment. Le simple fait de l'écrire l'aidait déjà à se détendre. Il eut un sourire en coin à la pensée que si sa sœur insistait pour qu'ils écrivent aussi souvent que possible, c'était surtout qu'elle savait que consigner ses pensées sur papier était souvent tout ce dont Sam avait besoin pour épancher sa colère, ses frustrations, ou simplement pour mettre de l'ordre dans ses idées.

Reprenant son bic, il recommença à écrire.

 

 

Il voulait me demander…

 

FIN

 






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