:: The West Wing : Les Couloirs de la Maison Blanche ::

Salle de Briefing

Bureau Ovale

Salle Roosevelt

Communication

 

Auteur : Géraldine
E-mail :
aka_johnlennon@yahoo.fr
Catégorie : en rapport avec un épisode, personnages présents : POTUS/Sam
Rating : Je suppose que c'est tout public. Juste pour être sûre : mort d'un membre de la famille d'un personnage.
Résumé : Après Rosslyn, Bartlet s'aperçoit qu'il n'est pas le seul à avoir des troubles du sommeil.
Disclaimer: Les personnages sont à Aaron Sorkin et Cie. Ils ne sont pas et ne seront jamais à moi. Mais qu'est-ce que j'aimerais bien !!

Spoilers : WKODHIB, ITSOTG (autrement dit, dernier épisode première saison et 2 premiers épisodes de la deuxième). Se passe 3 semaines après la fusillade. Si vous ne savez pas encore ce qui se passe et ne voulez pas le savoir, je vous déconseille de lire.

Feed back : s'il vous plait !

Note : OK, c'est la première fois de ma vie que j'écris une fan fic. En général, je laisse aux autres le soin de faire ça, ils font ça mieux que moi. Mais là, je n'ai pas pu m'en empêcher, c'est une scène qui me tournait dans la tête depuis très longtemps. J'ai écrit ça cet après-midi, au lieu de faire un rapport pour l'unif, et je suis sûre que demain, je me sentirai idiote de l'avoir envoyé. J'étais dans un état second à cause du rapport sus-mentionné, alors je ne suis même pas sûre d'avoir été cohérente avec moi-même. Si vous voyez des erreurs, n'hésitez pas à me le faire savoir.

J'espère que cette histoire n'a pas été écrite pas quelqu'un d'autre : le monde des fan fics west wing est grand, et je n'ai sûrement pas tout lu.

Vous voilà prévenus, si vous continuez à lire, vous aurez ce que vous méritez…




Mauvais souvenirs

Géraldine



Le Président s'arrêta devant le bureau de Toby, et se retourna vers ses gardes du corps.

" Vous n'avez rien entendu ? "

" Monsieur ? "

" Peu importe. J'ai dû -"

" NOOOOOOOOOOOOON ! "

Tous les hommes présents dans la pièce sursautèrent. Jed, ayant reconnu la voix, leur fit signe de rester où ils étaient. Il entra dans le bureau de Toby.

Dans la pénombre, il distingua une forme assise sur le canapé du bureau. Il entendait la respiration trop rapide de l'autre occupant du bureau.

" Sam ? "

Le jeune homme sursauta, et essaya de se remettre debout.

" Restez assis ", ordonna Jed précipitamment.

" Monsieur ? Je…je peux faire quelque chose pour vous ? "

Jed leva les yeux au ciel en secouant la tête.

" Sam, pour l'amour du ciel, il est 2 heures du matin. Oubliez les bonnes manières cinq minutes, vous voulez bien ? "

" Oui, Monsieur ".

Jed eut un léger sourire. Inutile d'essayer de changer cet aspect-là du jeune homme. D'un air soucieux, il lui demanda " Vous allez bien ? "

" Oui, merci, Monsieur ".

" Dans ce cas pourquoi avez vous hurlé comme ça ? "

" J'ai crié ? " demanda Sam d'une toute petite voix, et malgré l'obscurité, Jed pouvait deviner qu'il rougissait.

" Cauchemar ? ", demanda-t-il sans répondre.

" Je…J'ai oublié. "

" Sam, pour un avocat, vous êtes un menteur pitoyable. "

" On me l'a déjà dit. Plus d'une fois, Monsieur ".

" Ca ne m'étonne pas. Et vous n'avez pas répondu à ma question ".

" J'espérais que vous n'auriez pas remarqué, Monsieur ".

" C'était mal me connaître. "

" Oui, Monsieur ".

" Je ne vous ferai pas cracher le morceau, n'est-ce pas ? "

Sam sourit. Il savait qu'il avait déjà gagné la bataille. Bien que sincèrement soucieux de son staff, surtout depuis la fusillade, le Président faisait toujours attention à ne pas abuser de son titre avec eux.

" Désolé, Monsieur ".

" Tant pis. Sam, rentrez chez vous. "

" Monsieur … "

" Je ne veux pas vous voir tant que vous n'aurez pas dormi au moins huit heures. D'affilée ".

Sam pensa " Alors vous n'êtes pas près de me revoir ", mais il était encore assez lucide pour s'abstenir de ce genre de commentaire.

" Oui, Monsieur ".

" Et je ne plaisante pas. J'ai les Services Secrets avec moi, vous savez. "

" Oui, Monsieur "

" Bonne fin de nuit, Sam "

" Merci, Monsieur "


***


Pour la cinquième fois en autant de jours, Jed était incapable de dormir et se dégourdissait les jambes dans les couloirs de l'Aile Ouest. Il songeait avec reconnaissance qu'au moins Abbey n'était pas là pour assister à ses insomnies. Encore qu'elle l'apprendrait, il n'en doutait pas. Elle avait un instinct redoutable pour ce genre de choses. " Ca lui vient des études de médecine, j'en suis sûr ", songea-t-il.

En passant dans les bureaux des communications, il s'aperçut qu'une lampe était toujours allumée dans le bureau de Toby. Il entra, et regarda automatiquement en direction du canapé. Comme il s'y attendait, Sam y dormait. Jed se demanda soudain si le jeune homme avait dormi une seule fois chez lui depuis la fusillade. Il décida de ne pas le réveiller ; il ne dormait pas dans un lit, mais il dormait, c'était déjà ça. Après le traumatisme lié à la fusillade, et à avoir vu son meilleur ami transporté aux urgences avec une balle dans la poitrine, il avait sûrement besoin de récupérer.

Il s'apprêtait à repartir quand il entendit Sam gémir. Il se retourna. Deux minutes avant, l'écrivain avait l'air totalement détendu. Le Président s'était même dit, médusé, qu'il avait l'air encore plus jeune endormi qu'éveillé, chose qu'il n'aurait pas crue possible. A présent, son visage était tendu, et il commençait à s'agiter.

" Oh mon Dieu ".

" Sam ? "

" Oh non "

" Sam, réveillez-vous "

" Mike ? Mike ? "

" Sam ! ", dit Jed, un ton plus fort. Sam ne réagit pas. Il y eut une pause et Jed crut que le jeune homme s'était calmé. Puis il l'entendit murmurer : " Du sang…Mike ? "

Jed s'approcha du canapé et se pencha de Sam, prêt à le secouer. Sa main s'arrêta à quelques centimètres de son but quand Sam se remit à parler, d'un ton horrifié. " Mike ? MIKE ?! "

" Pour l'amour du ciel, Sam, réveillez -"

" NOOOOOOOOOOOOON ! ", hurla soudain Sam, en se redressant si brusquement qu'il faillit heurter le Président. Celui-ci mit une main sur l'épaule de son employé, qui sursauta violemment.

" Monsieur ? Qu'est-ce… ? ". Il s'interrompit en prenant conscience de l'endroit où il était, et de qui était avec lui. Il essaya de se redresser, mais le Président lui ordonna sèchement de rester assis. Croyant que Jed lui en voulait d'avoir dormi dans le bureau de son chef, une fois de plus, Sam s'apprêtait à s'excuser, quand le Président lui demanda, doucement : " Qui est Mike ? Et ne me dites pas que vous ne savez pas de quoi je parle, parce que j'étais là il y a deux minutes quand vous avez tenté de réveiller tout le quartier. "

Il y eut une longue pause. Sam fixait la lampe toujours allumée, la tête vide.

" Sam ? "

" Mon frère. Mike était mon frère. "

" Il est mort ? ", demanda doucement le Président.

Sam se tourna pour le regarder. Ses yeux brillaient trop, mais Jed savait très bien qu'il ne pleurerait pas. Pas devant lui, en tout cas.

" Il y a 15 ans. On vivait à LA. "

Il y eut une autre pause. Voyant que Sam ne continuerait pas, Jed lui demanda à quoi il pensait.

" Je ne sais pas quoi dire. "

" Comment ça s'est passé ? "

" Il avait deux ans de plus que moi. On se baladait dans une rue marchande. Il voulait que je l'aide à choisir un cadeau pour sa petite amie. Ils allaient fêter leur anniversaire. En même temps que le sien d'ailleurs. Jo. Joséphine, en fait, mais elle menaçait de tuer quiconque l'appellerait comme ça. Elle est devenue architecte. Je me demande… " Quand Sam s'arrêta de parler une nouvelle fois, Jed vint s'asseoir près de lui, et posa une main sur son épaule. Sam baissa les yeux, soupira, et continua.

" Il y avait pas mal de monde dans la rue. Deux voitures se sont croisées. Des gangs. Ils ont commencé à se tirer dessus. "

Sam ferma les yeux, et frissonna. Jed pressa brièvement son épaule, et attendit. Sam reprit, faisant des pauses de plus en plus longues entre chaque phrase, comme s'il n'avait jamais raconté cette histoire à quiconque et devait réfléchir pour la traduire en mots.

" Les balles volaient dans tous les sens. Mike m'a poussé par terre, puis il s'est couché sur moi. J'ai…cru…qu'il s'était couché. Quand le bruit s'est arrêté, j'ai voulu me relever. Et j'ai vu du sang par terre. Je ne sais plus comment, mais je me suis dégagé, et j'ai essayé de retourner Mike. Il était lourd. Il jouait au foot. Il y avait du sang partout, sur moi, par terre…sur lui. Il avait pris une balle dans la tête. Un des passants… "

Sa voix se brisa. Il respira à fond avant de reprendre.

" C'était un des commerçants. Il a essayé…vous savez…d'arrêter l'hémorragie. Il s'appelait John. John McCall. On a encore de ses nouvelles de temps en temps. Un type bien…Il m'a dit un jour qu'il s'en voulait de ne rien avoir pu faire. Et moi, je lui ai répondu…oh, peu importe, en fait…Il n'y avait rien à faire. Quand l'ambulance est arrivée, il était mort. Ils ont essayé. Les ambulanciers, je veux dire. Parce qu'il était tellement jeune. Et aussi pour moi, je crois. "

" Pourquoi ne rien avoir dit plus tôt ? "

" Monsieur ? "

" Après Rosslyn. C'était il y a 3 semaines, Sam. Vous n'auriez pas dû … traverser ça tout seul. "

Sam haussa les épaules. " Tout le monde est tellement occupé. C'était il y a longtemps. "

" Et Josh est comme votre frère "

" J'aurais dû voir qu'il n'était pas là "

" Vous vous occupiez de CJ "

" C'est mon meilleur ami. Et je n'ai rien fait. Une fois de plus "

" Vous lui avez sauvé la vie. Ce n'est pas rien. "

Sam le regarda perdu.

" CJ m'a raconté ".

" Oh. "

Il secoua la tête. " Tout ce que j'ai fait, c'est paniquer. "

" Tout ce que vous avez fait, c'est la pousser en sûreté. Elle serait morte si vous ne l'aviez pas fait. "

" Je sais "

" Mais vous auriez préféré que ce soit Josh "

Sam ne répondit rien. Bien sûr, il aimait beaucoup CJ, mais elle n'était pas son meilleur ami. Ce rôle-là était tenu par Josh, et depuis des années.

" Sam, vous ne l'avez pas perdu. Il est encore en vie, et il aura besoin de vous pendant les prochains mois. "

" Oui, Monsieur "

Sa capitulation rapide ne surprit pas Jed. Il savait que ces choses-là prennent du temps. Et ils en auraient, c'était bien le principal. Il n'insista pas.

Jetant un regard à Sam, il lui sourit gentiment. " J'allais chercher des pommes et du beurre de cacahuète au mess. Vous venez ? "

" Des pommes, Monsieur ? Il est… "

" Trois heures dix ", informa le Président. " Quelle meilleure heure ? "

Sam sourit brièvement, et se leva. Jed sortit du bureau et se retourna vers Sam, lui chuchotant avec des airs de conspirateur : " Et on n'en donnera pas aux Services Secrets. "

" Bien Monsieur "

" Parce que c'est moi qui décide "

Sam eut un rire bref. " Oui, Monsieur "

" C'est pour ça qu'ils m'ont fait Président ".

Les deux hommes s'éloignèrent et les agents leur emboîtèrent le pas, se souriant entre eux. Les choses s'arrangeraient. Tôt ou tard.

FIN






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