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LE DEPART Rating : G Résumé : Il avait toujours cru qu'il quitterait ce travail sans laisser personne derrière lui. Et pourtant … Disclaimer: Ils sont à Aaron Sorkin, John Wells Productions, NBC et Warner Brothers (j'espère que je n'oublie personne). Ils ne sont pas et ne seront jamais à moi (encore que je ne dirais pas non). Je ne touche pas d'argent pour cette histoire, je l'ai écrite pour m'amuser. Spoilers : Pour être sûre, les trois saisons. Avertissement : Tout le monde sait maintenant que Rob Lowe quittera probablement la série en mars. Contrairement aux apparences, cette fic a été écrite avant qu'il annonce sa décision. Mais il quitte la Maison Blanche dans l'histoire, et je sais qu'il y a des gens qui préfèrent ne pas lire ce genre de fics, donc j'ai préféré le mentionner. Pour ceux qui veulent continuer … bonne lecture. Le départ Géraldine Juin 2005 Sam se tenait debout dans le bureau vide, l'observant une dernière fois avant de partir. Tous les cartons contenant ses affaires étaient dans sa voiture, et ses amis l'attendaient dans le bureau de CJ. Il leur avait demandé de le laisser seul une minute avant qu'il les accompagne au bar où ils avaient leurs habitudes. Une dernière soirée tous ensemble avant son départ. Il avait toujours cru qu'il quitterait ce travail sans laisser personne derrière lui. Il avait cru qu'il resterait ici jusqu'à ce que le Président retourne chez lui, dans le New Hampshire. Si on lui avait dit, au début de l'administration, qu'il partirait avant tous les autres, il ne l'aurait pas cru. A l'époque, il était persuadé que rien ne pourrait jamais lui faire quitter cet endroit. Et pourtant… c'était ce qui arrivait. Profitant du silence, il repensa aux quatre années qui venaient de s'écouler, à tout ce qui l'avait amené jusqu'ici. ***** Lucy Carpenter était venue s'installer à Washington juste après que Sam ait appris l'infidélité de son père. Il la connaissait depuis la fac. Il se souvenait encore de la soirée au cours de laquelle son frère, Jesse, les avait présentés. Ils avaient discuté pendant des heures, alors que les autres étudiants autour d'eux s'essayaient à des figures compliquées sur la piste de danse – certains avec plus de succès que d'autres. Ils étaient devenus amis ce soir-là et s'étaient revus régulièrement par la suite, se racontant leurs expériences, débattant de politique, discutant de la façon dont ils comprenaient et interprétaient les lois qu'ils étudiaient. Il apprit à la connaître – ses discours sans fin sur des sujets idiots, sa complète incapacité à arriver à l'heure où que ce soit, son amour du droit et ses idéaux politiques. Comme tant d'autres étudiants, et comme lui-même, elle était décidée à changer le monde, et s'il ignorait si elle y arriverait, il était sûr qu'elle ferait de son mieux. Elle avait quitté Princeton un an avant lui, et elle lui avait énormément manqué au cours de cette année-là, même s'ils avaient gardé le contact. Jesse s'était marié alors que Sam finissait sa première année à Duke. Sa femme, Cecilia, était tombée enceinte quelques mois plus tard. Lucy et Sam avaient tous les deux assisté au mariage, elle comme demoiselle d'honneur, lui comme témoin. Plus tard, à la naissance de Mike, puis de Sarah, ils avaient accepté de devenir parrain et marraine. " Je comprendrais très bien que vous refusiez ", avait dit Jesse d'un air nerveux quand il le leur avait demandé, quelques heures après la naissance de Mike. Lucy avait sauté sur l'occasion pour le taquiner. " Ouiiii, comme si j'allais refuser ça. " " Non, mais … euh … ce que je veux dire, c'est que c'est une grande responsabilité et … " Sam avait été tenté de le torturer un peu, de faire semblant d'être vexé par ce sous-entendu qu'il n'était pas assez mûr pour comprendre ce qui était en jeu, mais un seul regard à son frère avait suffi à le faire changer d'avis. Pour la première fois dans leurs vies, il avait l'impression d'être le plus âgé des deux. Jesse était tellement émerveillé devant son fils qu'il n'avait même pas l'air de se rendre compte qu'il n'était pas seul dans la pièce. Il réalisa soudain que son frère était père – le même frère qui lui racontait des histoires de monstres pour l'empêcher de dormir quand ils étaient petits, le même frère qui l'avait convaincu que son ours en peluche était la réincarnation d'un shaman qui avait tué tous les enfants de son village avant de s'enfuir. Et le même frère qui lui avait appris à conduire et qui lui avait donné des conseils avant son premier rendez-vous avec une fille. Ils devenaient adultes, et Sam n'était pas sûr d'aimer l'idée. Le fait que Lucy soit devenue la marraine de Mike fit d'elle un membre " officiel " de la famille, ce qui lui donna l'occasion de revoir Sam assez régulièrement aux réunions de famille. Puis, quand elle avait emménagé à Washington, ils s'étaient retrouvés pour dîner. C'était deux semaines après que Sam ait appris ce que son père avait fait. Lucy l'avait écouté, et avait réussi à lui faire admettre des sentiments qu'il ignorait éprouver. Elle avait toujours été capable de savoir ce qu'il pensait avant que lui-même n'en soit conscient. " Tu es sûre d'être avocate ? Tu n'as pas été diplômée en psychologie sans me le dire ? ", lui demanda-t-il cette nuit-là, ne plaisantant qu'à moitié. " Je suis un tas de choses ", taquina-t-elle. " Et je te connais. " Elle avait eu raison, bien sûr. Et elle avait compris mieux que personne pourquoi il s'était senti si trahi par la révélation que le Président avait la sclérose en plaques. Elle l'avait beaucoup aidé dans les mois qui avaient suivi cette affaire. Et une nuit, sans l'avoir prévu, ils avaient couché ensemble. Et quand ils s'étaient réveillés le lendemain, au lieu de la gêne qu'ils s'attendaient à ressentir, ils avaient réalisé qu'ils se sentaient à l'aise comme ça. " Comme si ça avait toujours été prévu ", avait pensé Sam. Quand il en reparla à Lucy, elle le regarda, surprise. " Je me demandais si on avait fait une erreur ", admit-elle. " Mais je … je suis juste inquiète de savoir ce qu'on deviendra si ça ne marche pas. Mais je crois que je suis prête à courir le risque. Je n'ai jamais eu l'impression que c'était quelque chose qu'on ne devait surtout pas faire. " Il leur fallut quelques mois pour admettre qu'ils étaient vraiment amoureux l'un de l'autre, qu'il ne s'agissait pas simplement d'une passade. Durant ces quelques mois, leur relation fut la seule chose qui l'empêchait de démissionner. Il avait l'impression de faire un travail inutile, il se sentait trahi, et le stress lié à son travail se faisait sentir plus que jamais. Mais savoir que quelqu'un tenait à lui, et était là pour lui, rendait les choses plus faciles. Malgré tout, à l'époque du discours de l'Etat de l'Union, il étudiait sérieusement les propositions lui venant de firmes privées qui voulaient l'engager. La nuit suivant le discours, après avoir effacé la partie du discours concernant le cancer, il tapa une lettre de démission. Ce n'était pas la première, mais il n'avait jamais été aussi près de l'envoyer. Il l'imprima, et la ramena avec lui. Il ne la montra jamais à qui que ce soit. Il attendit. C'était devenu presque insupportable, mais il n'en était pas là. Pas encore. Puis, un jour, le Président l'invita à un jeu d'échecs. Et lui parla comme si son opinion avait réellement de l'importance. Et lui dit qu'il croyait en lui. C'était tout ce dont il avait besoin pour brûler la lettre. Les choses commençaient à s'arranger quand Kevin Khan le fit tomber dans son piège. Et il écrivit une nouvelle lettre de démission, qu'il garda pour lui, une nouvelle fois. Les choses se tassèrent, et retournèrent à la normale – en tout cas, autant que possible à la Maison Blanche. Bien sûr, ça ne dura pas. Au début du mois d'août, alors que lui et Lucy venaient d'emménager dans un nouvel appartement, Sam reçut un coup de téléphone. Un policier de New York cherchait un membre de la famille de Jesse Seaborn. Et sa vie changea une nouvelle fois. Son frère et sa belle-sœur avaient été tués dans un accident de voiture. Heureusement, leurs enfants n'étaient pas avec eux. Jesse était déjà mort quand les ambulances étaient arrivées sur les lieux de l'accident. Cécilia était encore en vie en arrivant aux Urgences, mais les médecins ne réussirent pas à stopper l'hémorragie. Sam et Lucy prirent le premier avion pour New York, et prirent la situation en charge. Avec le recul, Sam devait se rendre compte qu'en fait, Lucy avait fait le plus gros du travail elle-même. Lui était encore trop choqué pour vraiment réaliser ce qui venait de se passer. L'enterrement fut un cauchemar. Alors qu'il se tenait près de la tombe de Jesse et Cécilia, incapable de se concentrer sur ce que le pasteur disait, il se rappela soudain son huitième anniversaire. A l'époque, il devenait déjà évident que Sam serait écrivain. Il semait des feuilles couvertes des histoires qu'il inventait partout dans la maison – histoires de super héros ou de conquête spatiale. Jesse s'était moqué de lui au début, mais un jour, il vint le voir, tenant en main une histoire dont Sam estimait qu'elle était la meilleure qu'il ait écrite jusqu'alors. " Si tu as le malheur d'arrêter d'écrire ", dit-il, " je serai le premier à te casser la figure. " Ce compliment était tout ce dont Sam avait besoin pour continuer à écrire. Et pour son anniversaire, cette année-là, Jesse convainquit leurs parents d'acheter à Sam sa première machine à écrire. Sam l'avait toujours, même s'il ne l'utilisait plus. Après l'enterrement, la famille proche se réunit dans la maison qui avait été celle de Jesse et débattit de ce qu'il fallait faire des enfants, dressant une liste de tous les parents qui pourraient les accueillir chez eux. C'est à ce moment-là que Sam réalisa vraiment que son frère était mort. Un souvenir lui revint : il avait treize ans et la brute locale n'arrêtait pas de le menacer de s'en prendre à lui. Il avait demandé à Jesse de lui parler, de le protéger, mais son frère l'avait regardé et avait répondu que ça n'arrangerait rien et qu'il fallait qu'il apprenne à se défendre. Jesse avait attendu que leurs parents soient partis, puis avait amené Sam au parc voisin de la maison et lui avait montré comment parer les coups et se défendre contre son adversaire. Il revint au présent. Lucy le regardait, inquiète. " Ca va ? ", demanda-t-elle. " Oui. Je réfléchissais. " " Je sais. Je l'aimais aussi. " Sam le savait très bien. Il avait vu comment elle avait réagi quand Jesse lui avait demandé d'être marraine. La famille de Lucy consistait en des grands-parents qui passaient leur retraite en Floride et une tante qu'elle ne voyait jamais. Jesse lui avait dit une fois qu'elle faisait partie de la " tribu Seaborn ", et même s'il l'avait dit en plaisantant, Lucy avait été touchée d'entendre ça. " Oui ", dit-il doucement en lui serrant la main, avant de retourner son attention sur la conversation. La famille parlait d'envoyer les enfants à Los Angeles avec les parents de Sam. Il se retint de faire la grimace à cette idée. Il avait observé ses parents pendant l'enterrement. Ils avaient passé la journée à échanger des regards plein de rancœur. Il n'avait pas eu l'intention de les espionner, mais il avait surpris une conversation entre eux avant qu'ils partent à l'église. Ils essayaient de se blâmer l'un l'autre pour ce qui s'était passé et pour la première fois, Sam fut obligé de faire face au fait que leur mariage était définitivement à l'eau. Il avait vaguement caressé l'idée qu'ils pourraient décider de se remettre ensemble un jour, mais c'était visiblement impossible. Plus tard cette nuit-là, à leur hôtel, Lucy prit la parole, hésitante. " Je suis leur marraine. " " Je sais. " " Et tu es - " " Oui. " " Donc, logiquement, ça veut dire qu'on pourrait… " " Tu crois qu'on pourrait ? ", demanda Sam. Il y avait bien pensé, mais comment demander à quelqu'un qui n'était pas officiellement…Il ne continua pas plus loin. Officielle ou pas, leur relation était sérieuse. " Pourquoi pas ? ", répondit Lucy. " Ce n'est pas que je sous-estime les responsabilités que ça entraînerait, mais … matériellement, on peut le faire. On est engagés dans une relation à long terme, on est de leur famille, on les aime … Pourquoi pas ? " " Pourquoi pas ? ", répéta-t-il, et ça régla la question. Sam devant retourner à Washington, Lucy resta à New York le temps de vider la maison et de trouver des personnes qui voudraient la louer en attendant qu'elle puisse revenir à Mike. Pendant ce temps, Sam avait réussi à s'absenter du travail quelques heures pour visiter des appartements, appréciant l'ironie de la situation – ils n'avaient pas encore fini de déballer les caisses après leur premier déménagement. Mais ils avaient besoin de quelque chose de plus grand. Quand Lucy revint à Washington, il avait transporté toutes leurs affaires dans leur nouvel appartement et il avait installé les chambres de Mike et Sarah. Tous ses collègues l'avaient aidé, même Léo, et Sam avait compris qu'ils s'inquiétaient. Ce déménagement était forcé par des circonstances tragiques, et ils ne voulaient pas le laisser s'appesantir sur les circonstances qui l'avaient amené. Les mois suivants furent mouvementés. La date de l'élection approchait, et Sam travaillait de 6 à 23 heures, dans le meilleur des cas, ce qui signifiait que Lucy restait à la maison pour s'occuper des enfants. Elle avait demandé un congé, mais son travail lui manquait. Et les enfants traversaient des moments difficiles, devant s'adapter à une nouvelle vie alors que leurs parents, et dans une moindre mesure leurs amis et leur ville natale leur manquait. Pour couronner le tout, Mary March commença à insinuer dans la presse que des couples non mariés ne devraient pas pouvoir adopter d'enfants. Sam regardait le débat où elle apparaissait, et perdit totalement son calme. Il fallut plus d'une heure à Toby pour le calmer. La presse " bas de gamme ", comme l'appelait Josh, se mit à relayer l'histoire, posant la question clairement : pourquoi Sam et Lucy ne se mariaient-ils pas ? A Léo, qui lui posait la même question, Sam répondit simplement : " Crois-le ou non, on y pense. Mais on prend notre temps, et ça ne regarde que nous. " En fait, il avait la bague. Il l'avait acheté trois jours avant l'accident. Mais il n'avait pas voulu demander Lucy en mariage en pleine campagne, alors que deux enfants venaient d'atterrir dans leurs vies. Il avait décidé de mettre la bague dans son coffre à la banque, et d'attendre que la situation se calme. Mary March continua un moment à causer des problèmes au staff, jusqu'à ce que le Révérend Caldwell, qui venait de rencontrer Toby, surprenne Sam montrant à Sarah où il travaillait. Quand il aperçut Caldwell qui les regardait depuis la porte de son bureau, Sam reposa Sarah par terre et lui dit d'aller voir ce que Josh faisait. La fillette partie, Caldwell regarda Sam avec sympathie. " Je n'ai pas encore eu l'occasion de vous présenter mes condoléances pour la mort de votre frère. " " On a reçu votre carte. Merci. " " Sam … Croyez-le ou non, je ne suis pas d'accord avec ce que Mary March est en train de faire. " " C'est bon de le savoir, mais pourquoi ne pas le lui dire à elle, Révérend ? " " J'ai besoin d'elle. " " Non, bien sûr que non. Mais on a déjà eu cette conversation, n'est-ce pas Révérend ? " Caldwell allait répondre quand Léo entra dans le bureau. " Révérend, je voulais justement vous dire deux mots. " Une fois les deux hommes partis, Sam se mit à la recherche de Sarah, persuadé que c'était la fin de l'histoire. Il appréciait Caldwell, mais il aurait aimé qu'il tienne tête à Mary March une fois de temps en temps. Il allait bientôt être exaucé. Une semaine plus tard, Caldwell et Mary March participaient à un débat, contre Sam. Il ne fallut pas cinq minutes à Mary pour l'attaquer sur le fait qu'il avait " osé " adopter deux enfants alors qu'il vivait dans une " situation irrégulière ". A la surprise générale, Caldwell ordonna à Mary de ne plus aborder le sujet, ajoutant : " Il faut énormément de courage, et d'amour, pour accueillir chez soi les enfants d'un autre et les élever comme les vôtres. Je voudrais que plus de gens soient comme ça. Et en tant que citoyen, je veux plus de gens comme ça dans mon gouvernement. " Le sujet se retrouva abandonné, du jour au lendemain. Après une campagne agitée, Bartlet gagna les élections, d'extrême justesse. La fête qui suivit fut une des plus mouvementées que Sam ait jamais vue. Même Toby, qui avait pourtant été invivable pendant les trois derniers mois de la campagne, but suffisamment pour chanter une chanson de Céline Dion avec CJ – un moment que les assistantes filmèrent et conservèrent, " juste au cas où ". La fête continua jusqu'à quatre heures du matin, au moment où Donna, qui ne tenait plus debout, essaya de convaincre Josh de faire un strip tease. Léo renvoya tout le monde à la maison, avant que les choses dégénèrent. L'euphorie suivant la victoire commençait à se dissiper à la Maison Blanche quand Lucy vint trouver Sam une nuit. " Il faut qu'on parle ", dit-elle simplement. Sam arrêta de respirer une seconde. " Il faut qu'on parle ", ça n'augurait jamais une bonne nouvelle, dans son expérience. " OK…Vas-y. " " Je suis enceinte. " Sa première réaction fut : " C'est tout ? Tu m'as fait peur. " Devant le regard incrédule qu'elle lui lançait, il rectifia : " Enfin, je veux dire…Ce n'est pas une mauvaise chose pour toi, si ? " Elle sourit, et il réalisa, soulagé, que tout allait toujours aussi bien entre eux. Il la demanda en mariage le lendemain. " Je voulais faire ça bien, je voulais faire ça quand on ne serait pas entrain d'essayer de faire dix choses en même temps, mais j'en ai marre d'attendre ", dit-il. " J'ai acheté cette bague il y a plus de six mois, et je veux te la donner maintenant. Pas à cause des enfants. Pas à cause de Mary March et de ses semblables. Juste…parce que. " Ils se marièrent deux mois plus tard. Aucun d'eux ne voulait d'un grand mariage, et Lucy ne voulait pas que sa grossesse se voie sur les photos. Ils eurent une simple cérémonie civile, après quoi ils organisèrent une fête chez eux. Alors qu'ils signaient les papiers à la mairie, Sam pensa soudain à Jesse, qui les avait présentés l'un à l'autre et qui aurait dû être son témoin. Il se demanda si son frère s'était imaginé que les choses iraient si loin. Lucy travailla aussi longtemps qu'elle put. Elle était avec un client quand les contractions commencèrent. Sam reçut un coup de téléphone lui disant d'aller à l'hôpital aussi vite que possible. Le travail dura quatorze heures. Pendant la dixième heure, elle le prévint qu'elle ne ferait plus jamais ça. Mais quand le médecin déposa sa fille, Mary, dans ses bras, elle commença à pleurer et dit à Sam qu'elle en voulait au moins cinq. Les mois qui suivirent la naissance de leur fille, Mary, se résumèrent à une course effrénée pour tous les deux. Des terroristes avaient annoncé des attentats, et Sam passa près d'un mois à travailler 20 heures par jour. Quand il parvenait à voler quelques heures pour retourner chez lui, il n'arrivait pas à dormir parce que le bébé le réveillait. Il était épuisé, et les disputes entre Lucy et lui se firent plus nombreuses. Elle en avait assez de jouer les femmes au foyer, et bien qu'elle comprenne la gravité de la situation, elle voulait voir son mari plus souvent. Sam avait espéré que les choses s'arrangeraient d'elles-mêmes quand la situation se calmerait. Pour la première fois depuis des années, il aimait son travail avec la même passion que celle qu'il avait ressentie au début du premier terme de Bartlet. Mais même quand les heures redevinrent gérables, il avait toujours une famille qu'il ne voyait jamais. Les enfants lui manquaient et il s'en voulait de manquer tant d'évènements important de leur vie. Il rentra un soir, et trouva Lucy qui l'attendait. Il s'affala sur une chaise et la regarda. " C'est de la folie. On ne va jamais arriver si on continue comme ça ", lui dit-elle tristement. " Je sais. Je sais…Ecoute… l'université de Californie m'a de nouveau relancé. Un poste sera libre l'année prochaine. " " De nouveau ? " " Ils m'avaient contacté avant, mais Sarah et Mike commençaient seulement à se faire à leur nouvelle vie, et on n'était pas mariés, et … ce n'était pas le moment. Maintenant… " " Ca te plairait ? D'enseigner ? " " Je crois, oui. " Il sourit. " J'y avais déjà pensé. Et…peut-être pas pour le reste de ma vie, mais pour un moment…oui. " " Tu sais, si tu as des doutes, tu pourrais chercher dans une boite privée. Je pourrais contacter mes anciens associés. " " On aurait encore les mêmes problèmes ", fit-il remarquer. " Il faudrait toujours que je parte tôt et que je rentre tard…Non, je crois que ce serait le meilleure solution. Je pourrai faire les recherches dont j'ai besoin à la maison, j'aurais des horaires beaucoup plus souples. Mais ça veut dire qu'il faut qu'on déménage. " " Ca ne me dérange pas. " " Dans ce cas, il faut qu'on en parle aux enfants. " " Et les autres, ils le savent ? Tu leur en a déjà parlé ? " " Je crois que le Président l'a su longtemps avant moi. Et je suis sûr que Léo et Toby ne sont pas loin derrière. " Une fois qu'il eut réglé les détails avec l'Université, il dit au Président qu'il partirait en juillet, ce qui laissait à l'équipe quelques mois pour lui trouver un remplaçant. Les plus difficiles à avertir furent ses collègues. Le jour où il leur annonça qu'il avait démissionné, Josh vint le voir dans son bureau après que tout le monde soit parti. " Pourquoi ? ", demanda-t-il. Sam soupira. Son ami avait l'air … trahi. " Josh, ce n'est pas- " " On a eu des problèmes, mais on était en train de les résoudre. Et tu aimais de nouveau ton boulot. Pourquoi partir maintenant ? Qu'est-ce qui a changé ? " " J'ai une famille, voilà ce qui a changé. Et j'aimerais rester jusqu'à la fin. Mais à ce moment-là, Mary aura trois ans, elle marchera, elle parlera, et si je reste ici, je vais manquer son premier mot, et la première fois qu'elle appellera Lucy maman. Et je veux voir Sarah jouer au théâtre, et je veux aider Mike à faire ses devoirs. Il veut devenir astronaute, et je ne le savais pas jusqu'à il y a une semaine. " " D'accord, mais. ..on pourrait te faciliter le travail. Tu ne devrais pas rester aussi tard. Tu- " " Josh, ça n'arrivera pas. C'est le dernier terme du Président, il mérite d'avoir une équipe qui l'aide, qui se donne à fond. Il veut faire de grandes choses, et je ne peux pas l'aider si tout ce à quoi je pense, c'est…J'aime ce travail, mais ma famille vient en premier. " Josh continua d'ergoter, mais Sam savait qu'il avait gagné. Les mois suivants passèrent à toute allure. Lucy s'occupait des formalités du déménagement, et Sam s'assurait que la transition entre lui et son successeur se passerait en douceur. Il avait cru que Toby ne trouverait jamais quelqu'un " d'assez bon ". Quand le candidat qui se présentait n'était pas " trop jeune ", il était " trop cynique ", " trop doux ", " idiot "… Quand il se décida enfin, à contrecœur, à engager un jeune avocat, tout le monde poussa un long soupir de soulagement. Sam retrouvait beaucoup de lui dans cet homme – et le fait qu'il soit revenu après le premier entretien avec Toby en disait long sur son courage, et sa motivation pour ce travail, comme il le fit remarquer au Président. Mark Spender, surnommé " le nouveau " par tous les membres du staff, passa la dernière semaine de juin avec Sam pour se mettre au courant des dossiers en cours. Puis, le moment de vider le bureau arriva. ***** Un mouvement derrière lui le ramena au présent. Mark était là, un carton dans les bras. Ils se regardèrent en silence un moment, puis Sam lui dit : " Je vais te laisser t'installer. " " Désolé, c'est juste que… " " Que tu as hâte de commencer ", sourit Sam. Le jeune homme rougit, et pendant une minute, Sam aurait pu jurer qu'il faisait face à une version de lui-même plus jeune de sept ans. " Un dernier conseil ? ", demanda Mark. " Ne couche pas avec une call-girl, n'essaye pas de draguer la fille de Léo, souviens toi toujours que CJ est la première personne à appeler en cas de coup dur, et essaye de ne pas avoir trop peur de Toby. Il vaut la peine d'être connu, une fois que tu peux oublier que c'est un ours. " Mark eut un rire nerveux. " Ca se passera bien ", lui dit Sam. " Bonne chance. " Les deux hommes se serrèrent la main, et Sam, après un dernier regard à son bureau, se rendit dans celui de Toby. Il eut juste le temps de fermer la porte derrière lui avant que Toby se mette à râler. " Cet espèce de petit … Sam, c'est tout juste s'il a l'air assez âgé pour voter. " " Comme moi quand on s'est rencontrés. " Son patron grommela quelque chose, et Sam était presque sûr qu'il avait entendu : " C'est toujours le cas ", mais il continua : " Et comment tu m'appelais, déjà, à l'époque ? Il sera bien. Il est excellent. Essaye de ne pas le tuer. " " Ce ne sera pas la même chose ", chuchota Toby, et Sam sentit sa gorge se nouer. " Il fera du bon boulot ", insista-t-il. " Peut-être. " " Viens, les autres attendent. " " Et Léo et le Président ? " " Je leur ai déjà dit au revoir. " " Allons-y, alors. " Sam était sur le point de sortir quand Toby se leva, marcha droit vers lui et le serra brièvement dans ses bras. " Tu vas me manquer, et si tu as le malheur de répéter ça à qui que ce soit… " Incapable de répondre, Sam se contenta de hocher la tête. Les deux hommes allèrent rejoindre les autres, et ils quittèrent le bâtiment tous ensemble. ***** Deux jours plus tard " Je veux m'asseoir près de la fenêtre. " " Moi aussi ! " " Maman ! Mike ne veut pas me laisser- " " Même pas vrai ! " Sam et Lucy sourirent. " Pourquoi est-ce qu'on a eu l'impression que prendre la voiture jusqu'en Californie serait plus agréable que prendre l'avion ? ", demanda-t-il. " Va savoir ! " " Prête ? " " Je ne le serai jamais plus. " Ils quittèrent l'appartement et aidèrent les enfants à s'installer. Alors que Sam allait monter, son portable sonna. " Sam Seaborn. " " C'est Josh " " Hey. " " Je…Vous êtes déjà partis ? " " On allait démarrer. Si les enfants ne s'entretuent pas en attendant. " " Tu n'as pas de doutes ? Parce que Toby a déjà tué le nouveau, donc la place est libre. " " Josh ! ". Sam essaya d'avoir l'air réprobateur, mais il avait du mal à ne pas rire. " Je vous appellerai. Tous. Souvent. Vous en aurez marre de m'entendre. " " J'en doute. " " Il faut que j'y aille. Merci, Josh. Pour … tu sais, venir me chercher à New York. " Puis, dans une tentative d'alléger l'atmosphère, il ajouta : " Dans un sens, tout ça, c'est de ta faute. " " Y a pas de quoi ", répondit Josh, qui le pensait. " Au revoir. " " Au revoir. Bon voyage. " Après avoir accroché, Sam regarda sa famille, l'attendant dans la voiture. Souriant, il les rejoignit. FIN Feed back à |