:: The West Wing : Les Couloirs de la Maison Blanche ::

Salle de Briefing

Bureau Ovale

Salle Roosevelt

Communication

 

Auteur : Anna
Titre : Idées Noires
Copyrights : Les personnages de la série " A la Maison Blanche " sont la propriété de leur auteur Aaron Sorkin, des producteurs et de la chaîne qui détient les droits de diffusion. La publication de fanfics n'a pas de but lucratif : " je ne touche pas de droits là dessus ! "
Personnages : Sam&Mallory, Sam&Lisa, Mallory&Abby
Résumé : "Où es tu quand tu es dans mes bras ?"
Genre : Sentiments.
Précisions : Cette fanfic s'inspire de l'épisode " 100.000 Airplanes " de la saison 3, en quelque sortes, mais pas totalement. Ne sachant pas exactement comment se déroule l'épisode, mon imagination joue un grand rôle dans l'écriture de cette fanfic. Vous n'êtes peut-être pas fans des spoilers, mais je vous assure que lire cette histoire ne vous apprendra rien sur les épisodes à venir de la série. Lisez en toute tranquillité !
Feedbacks appréciés.
Le texte est la propriété de l'auteur.

Les matins sont un instant précieux. Parce que c'est l'aube. Qu'il fait encore nuit. Ou à peine jour. Un moment unique qui n'appartient qu'à eux. La journée leur parait une éternité. Le soir n'est que trop bref. Il est trop tard lorsqu'il rentre. Ils parlent rarement. Ils sont souvent trop fatigués pour cela. Elle de l'attendre, lui de sa journée. Jusqu'à ce qu'il rentre, son sommeil est agité, pour ne pas dire inexistant. Elle ne peut s'endormir si elle le sait loin. Et tant qu'elle ne sent pas sa présence près d'elle, elle ne peut être tranquille. Il lui suffit d'entendre, même inconsciemment la porte s'ouvrir pour se détendre. Et aussitôt la rejoint-il dans leur lit en lui glissant un baiser dans le cou qu'elle se sent assez en sécurité pour fermer les yeux et s'endormir profondément. Ses pensées sont plus troublées. Il repasse sa journée dans sa tête mille et une fois avant de pouvoir se détacher de la politique. Il ne s'endort pas avant une heure, voir deux après s'être couché. Lorsqu'il ne peut réellement pas trouvé le sommeil, il se concentre sur sa respiration et les mouvements tranquilles de sa poitrine contre son torse. Il lui arrive parfois de ne se concentrer que sur les battements de son cœur. Cela lui suffit la plupart du temps pour ne plus penser qu'à elle, et trouver à son tour le sommeil. Comme si une horloge l'habitait, elle est toujours la première levée. Elle attends quelques minutes chaque matin et le regarde dormir paisiblement. De tous les hommes qu'elle a pu regarder dormir, il est le plus serein, celui dont elle est amoureuse. Il a une façon à la fois étrange et attendrissante de tenir son oreiller. Une manière de le tenir plus proche de sa tête, peut-être. Il lui semble parfois qu'il regrette l'époque où il était enfant et où il tenait fermement son nounours. Elle se glisse chaque matin dans la cuisine, sur la pointe des pieds, en prenant soin de refermer la porte de la chambre derrière elle. Il aime le café, et avant qu'ils ne sortent ensemble, il ne prenait qu'une tasse avant de partir, en trombes. Jugeant qu'ils ne passaient pas assez de temps ensemble, elle a instauré les longs petits déjeuners. Elle a juste le temps de sortir la confiture du réfrigérateur et de mettre du pain à griller qu'il sort de la chambre, les cheveux ébouriffés, les yeux embués de sommeil. Ils s'embrassent longuement, elle est sur la pointe des pieds. Ils restent ainsi, blottis contre l'autre, pendant de longues secondes avant de passer à table. Chaque matin est un rituel, et il ne se passe pas un jour sans qu'ils prennent le temps de déjeuner et de parler. Ils évitent certains sujets tels que la politique. Ils savent tous les deux que ce sujet sensible ne sert à rien d'autre que les faire se disputer. Ne partageant déjà pas assez de temps, ils préfèrent éviter de le passer à se faire la tête. Même si cela ne dure guère longtemps. Il lit parfois le journal, lorsqu'ils n'ont pas de sujets de conversation. Il en trouve parfois en lisant les faits divers. Elle lui prépare des tartines beurrées pendant ce temps. Il lui a pourtant répéter de nombreuses fois qu'elle n'avait pas à le faire, mais elle aime jouer les petites fées du logis, et les femmes modèles. Elle ne perd jamais une occasion de faire quelque chose pour lui. Si pourtant, il a cru, bien au début de leur relation, qu'elle était tout sauf une femme prête à tout pour son mari, il sait à présent que rien ne lui fait plus plaisir que d'être au petit soins pour lui. Il se sent gêné parfois, car il n'a pas l'habitude. Mais il finit toujours pas se laisser faire. Il est vrai que lorsqu'ils se sont rencontrés, elle était impitoyable, sèche et glaciale par moment. Mais elle n'attendait en fait que l'occasion de lui ouvrir son cœur et de faire son bonheur.

" Ca fait longtemps qu'on est pas sortis ! " dit Sam en tournant une page du Times.

" Non, c'est vrai... " soupira Mallory qui lisait elle aussi le journal par dessus son épaule.

" Et si on allait au restaurant ? Un restaurant chinois, tu en avais envie la semaine dernière ! " proposa-t-il.

" C'était la semaine dernière, ce soir, je veux manger...réfléchissons...indien. On n'a jamais mangé indien, on pourrait essayer. "

" Tu décides ! " lui dit-il en déposant un baiser sur sa main.

" Et on rentrera pas trop tard... " murmura-t-elle suggestivement.

" Des projets pour ce soir, Mademoiselle ? "

" Si tu m'accompagnes sous la douche, je te donnerai un aperçu ! "

Après un petit déjeuner où eux seuls comptent, ils prennent une longue douche brûlante. Si au départ, elle seule supportait la température, il a fini par s'y habituer. Les habitudes de l'un sont devenues celles de l'autre, et ils ont appris au fil des mois à partager le plus de choses possibles. Entre autre, un goût prononcé pour le sport de chambre. Lorsqu'ils sortent de la douche, la condensation est telle qu'ils se voient à peine. Elle enfile un peignoir de bain, et il passe une serviette autour de sa taille. Pendant qu'il se rase avec précision, elle sèche ses cheveux. Leur vie est très organisée, et vue ainsi, on pourrait croire qu'ils prévoient tout, tracent leurs plans à l'avance. Il n'en est rien. Ils déclarent eux même que leur vie ne manque pas de piment. Elle aime le regarder s'habiller. Certaines personnes tombent amoureuses pour des raisons différentes. Elle est amoureuse de lui pour tout ce qu'il représente, pour tout ce qu'il est. Elle aime sa manière de penser, de parler, d'agir. Elle est peut-être souvent en désaccord avec lui, en ce qui concerne la politique, mais la façon dont il argumente et dont il défend ses idées ne l'ont jamais laissée indifférente. Elle est tombée sous son charme dès le premier jour. Alors qu'elle accompagnait ses élèves en visite à la Maison Blanche, elle avait vu ce jeune homme. Beau. Maladroit. Elle n'a jamais voulu avouer que son regard l'avait fait frémir lorsqu'ils s'étaient retirés dans le couloir. Ses grands yeux bleus. A la fois tristes et cruels. Et pourtant si tendres lorsqu'ils se posent sur elle. Elle aime son corps, ses épaules carrées, ses bras qui l'enlacent. Et surtout, cette habilité qu'il a à faire des nœuds de cravate. Il est toujours bien habillé, comme l'exige son poste à la Maison Blanche. Des costumes biens taillés, des chemises impeccables, et des cravates qui sortent parfois du commun. Parfois. Il n'est pas du genre à se laisser aller à beaucoup de fantaisie.

Assise sur le rebord du lit, elle le regardait nouer maladroitement sa cravate. Elle se leva rapidement et lui porta secours. Elle défit ce qu'il avait tenter de faire ressemblé à un nœud, puis usa de ses doigts de fées pour qu'il soit parfait. Elle recula le visage pour mieux se rendre compte et elle eut un sourire satisfait. Elle approcha son visage de son cou et l'embrassa tout en respirant son parfum.

" Tu vas être en retard ! " dit-elle pour lui suggérer de partir.

" Je ne voudrais pas donner à ton père une raison de plus de vouloir me tuer ! " exagéra Sam.

Mallory le suivit dans le couloir. Toujours en peignoir de bain. Elle lui tendit son manteau, puis son attaché-case. Il déposa un baiser furtif sur ses lèvres et ouvrit la porte.

" Tu n'oublies rien ? " demanda Mallory en tapant du pied contre le carrelage.

Il sembla réfléchir un instant.

" Je t'aime ! "

Mallory sourit.

" Tes lunettes, idiot ! "

Elle lui tendit sa paire de lunettes et il se rapprocha pour l'embrasser fougueusement.

" Je t'aime aussi ! " murmura-t-elle alors qu'il descendait déjà les escaliers. Elle referma la porte et se rendit dans la salon d'où elle le vit monter dans sa voiture et quitter le parking devant leur immeuble.

Le Président avait fait demandé Sam dans son bureau. Celui-ci en ignorait la raison, mais il se rendit dans le Bureau Ovale dès que le message lui parvint. Il attendit devant le bureau de Charlie silencieusement, fixant la pointe de ses chaussures cirées pour son rendez vous avec Mallory, le soir. La porte s'ouvrit, sans qu'il ne s'en rendre compte.

" Bonjour Sam ! "

" Dr Bartlet ! " répondit il en se redressant à la vue de la Première Dame.

" Il vous attend. Comment va Mallory ? " s'inquiéta-t-elle.

" Sa grippe a miraculeusement disparue, grâce à vous d'après ce que je sais. "

" Embrassez la pour moi. "

" Bien sûr, Madame. Bonne journée. "

Il rentra par la porte qu'Abby avait laisser ouverte à son attention.

" Entrez Sam ! " dit Bartlet d'une voix forte. " J'ai besoin de votre talent d'écrivain pour une affaire qui ne concerne pas vraiment l'Etat. "

" Je vous écoute Monsieur ! " dit Sam en s'approchant du bureau.

" Vous n'êtes pas sans savoir que l'anniversaire de Leo approche. " Sam hocha la tête. " Puisque de nous tous, vous êtes celui qui peut avoir le plus de renseignements sur lui, sans passer par lui, mais par Mallory, je vous charge de la mission suivante : trouver ce que nous allons lui offrir, et vous écrirez vous même le message d'anniversaire. Vous avez un talent inné pour cela, si ma mémoire est bonne. "

" Bien sûr, Monsieur le Président. " dit clairement Sam.

" Je vous remercie, ce sera tout. "

Alors que Sam se retirait, il l'interpella.

" Pas un mot à Leo, ou à Josh. S'il est au courant, votre beau père le sera aussi. "

Sam chercha une réplique à ce que venait de dire Jed mais n'en trouva pas. Celui ci était satisfait comme le prouvait son sourire, alors que Sam se sentait mal à l'aise.

" Sam ! "

Il se retourna en entendant son nom. Josh le suivait à quelques pas derrières.

" J'ai un truc à te dire. "

Il ne présageait rien de bon.

" Je ne veux pas savoir de quoi il s'agit. "

" Tu devrais pourtant écouter. Il y a quelqu'un dans ton bureau. "

Sam ne parut pas surpris, jusqu'à ce qu'il regarde sa montre.

" Mallory est en avance, on avait dit sept heures et demies. "

" Il ne s'agit pas de Mal ! " dit Josh en secouant la tête.

Sam scruta le visage de Josh pour tenter de déceler de qui il s'agissait.

" Elle est belle, intelligente, elle porte un tailleur Chanel... "

" Ce n'est pas Mallory ? " s'étonna Sam. " Alors...qui est-ce ? "

" Avant de te le dire, tu dois savoir que je suis contre le fait que tu rentres dans ton bureau, et aussi que je la déteste. "


Mallory fut obligée de prendre le bus, sa voiture était tombée en panne et ne serait pas réparée avant une semaine ou deux. Elle dut prendre un taxi pour aller jusqu'à la Maison Blanche, où elle retrouva son père qui revenait du Congrès. Ils passèrent ainsi ensemble devant les agents de sécurité, et ils parlèrent de la pluie et du beau temps. A croire qu'ils cherchaient l'un et l'autre à éviter de mettre Sam sur le sujet.

" Et tu fais quoi ce soir ? " demanda-t-il en toute innocence.

" Sam et moi, nous allons au restaurant, je viens le chercher. "

" Parfait. " Leo n'avait pas l'air convaincu, mais Mallory savait qu'il finirait par s'y faire. Il aimait bien Sam, dans le fond. Le plus dur à accepter était qu'il couche avec sa fille.

" Papa, tu vas nous en vouloir longtemps, encore ? "

" Je n'en veux à personne, vous avez choisi de vivre ensemble, je trouve que c'était trop tôt ; mais je ne t'en veux pas de l'avoir fait, tu mènes ta vie comme tu l'entends. "

Elle secoua la tête.

" On ne peut pas avoir une conversation sérieuse avec toi, dès que le sujet touche à Sam et moi. "

" Je n'ai pas demandé à ce que ce sujet vienne sur la table. "

" Tu devras pourtant t'y faire, car nous sommes ensembles, et nous allons le rester. " Son ton était monté sans qu'elle ne s'en aperçoive. Mais elle sentit ses joues devenir pourpres lorsqu'elle se rendit compte que son père n'était pas le seul à avoir profité de la conversation.

" Je crois que nous devrions nous en tenir là. "

Elle acquiesça.

" On se voit plus tard. "

Aussitôt eut-elle fini avec son père que Josh la rattrapa au coin d'un couloir.

" Où est-ce que tu vas ? "

" Depuis quand es tu dans les services de renseignements ? "

" Tu ne peux pas aller voir Sam ! "

" Pourquoi ça ? " demanda-t-elle, très étonnée.

" Parce que c'est comme ça. Tu ne peux pas. "

Elle s'arrêta et fit face à Josh. Elle lui jeta un regard noir.

" Je suis de mauvaise humeur car je viens de me disputer avec mon père à propos de Sam, alors la dernière chose dont j'ai besoin c'est que tu me prennes la tête ! "

S'il ne tenait effectivement pas à ce qu'elle rentre dans le bureau de Sam, il avait encore moins envie de se battre avec elle, surtout en voyant son regard.

Arrivée dans les bureaux de la communication, elle ne vit aucune secrétaires, ni aucuns assistants. La porte du bureau de Toby était grande ouverte, tandis que celle de Sam était close. Personne en vue, Josh l'avait laissée aller à sa guise. Elle ouvrit la porte rapidement, et surprit Sam en pleine discussion avec une femme.

" Excusez-moi... " Elle tira la porte vers elle aussi rapidement qu'elle l'avait ouverte, amis elle s'arrêta en entendant la voix de Sam.

" Mal ! Attends ! Entre ! "

Mallory, qui n'avait pas eu le temps de voir qui était dans le bureau, observa Sam, qui jouait avec un stylo, derrière son bureau, et elle scruta la femme qui était en face de lui. Elle tournait la tête pour regarder Mallory, Sam avait un regard vide d'expression.

" Lisa, je te présente Mallory O'Brien. Mal, voici Lisa Sherborn. "

" Enchantée ! " dit Mal d'un ton hésitant. Elle tendit la main à la fameuse Lisa, qui l'empoigna fermement.

" Ravie de vous connaître. " dit sincèrement la femme blonde. Elle devait avoir l'âge de Sam. Et son nom ne lui était pas inconnu.

Sam se leva de son fauteuil et s'avança vers Mallory pour l'embrasser. Elle vit Lisa qui détournait son regard. Elle eut soudain un flash. Elle savait exactement qui était cette Lisa.

" Lisa est là pour quelques temps, à Washington. Elle est passée me saluer. "

" Qu'est-ce qui vous amène ? " demanda poliment Mallory.

" Mon travail. " répondit Lisa sur le même ton.

" Je suis désolée, je suis un peu en avance... "

" Non, ça ne fait rien, j'ai terminé, on peut y aller. "

Lisa se leva et ajusta la veste de son tailleur.

" Je dois y aller, ravie de t'avoir revu, Sam. "

Il ne répondit pas.

" Peut-être voudriez-vous vous joindre à nous ce soir, nous avions l'intention d'aller dîner en ville... " proposa Mallory. Elle sentit la main de Sam serrer d'avantage son bras. Elle dissimula sa douleur tout en baissant les yeux.

" C'est très aimable. " sourit Lisa. " Je m'en voudrais d'interrompre vos projets. " Elle prit son sac à main et passa devant Sam qui tenait Mallory près de lui, le plus près possible.

" Au revoir Lisa. " dit froidement Sam.

" A bientôt, Sam. " Elle sortit, laissant Mallory sans voix. Même sans la présence de Lisa dans la pièce, elle se sentait de trop. Elle cherchait à fuir le regard de Sam, et celui-ci lui attrapa le menton tendrement, la forçant à le regarder dans les yeux.

" Tu n'as pas oublié notre soirée, n'est-ce pas ? "

Mallory secoua la tête en tentant de sourire.

" Non, je n'ai pas oublié. Ca fait très bizarre de la voir. "

Il ne répondit pas, une fois de plus.

" J'en ai assez d'être dans ce bureau depuis ce matin, allons nous en, j'ai envie de prendre l'air. "

Lorsqu'ils arrivèrent devant le restaurant, Sam gara sa voiture et laissa le moteur tourné. Il soupira.

" Merde... "

" Qu'est-ce qu'il y a ? " s'inquiéta Mallory.

" J'ai complètement oublié de réserver. "

Il ferma les yeux, et elle remarqua qu'il s'en voulait. Elle lui prit la main et la serra dans la sienne.

" Ca ne fait rien, Chéri. Il y a peut-être une table libre. "

Il secoua la tête.

" Je suis désolé, ça m'a complètement sorti de la tête...Reste là, je vais aller voir. "

Il sortit de la voiture et claqua la portière derrière lui. Elle resta immobile et le vit entrer dans le restaurant dont la vitrine était illuminée. Elle se perdit dans ses pensées et sursauta lorsqu'elle entendit la porte s'ouvrir. Le remords avait fait place à la colère. Sam était à présent de mauvaise humeur.

" C'est complet ! " hurla-t-il.

" Ce n'est pas grave, Sam, on ira une prochaine fois. " Elle tentait de le calmer. Il tapotait sur le volant, nerveusement. " Il doit rester des lasagnes à la maison. Je vais nous ouvrir une bonne bouteille de vin, et on ira au lit plus vite comme ça. "

Il restait silencieux, et Mallory entra elle aussi dans son silence. Elle s'inquiétait qu'il puisse mal réagir si elle continuait. Mais elle détestait ces instants, où il ne disait rien, et où tout ce qu'elle pouvait dire ne changeait rien.

" On peut trouver un autre restaurant, si tu veux. " Il faisait des efforts pour paraître moins énervé, mais la vérité était qu'il avait complètement oublié le restaurant. Il allait appelé quand Josh l'avait abordé dans le couloir, puis il était entré dans son bureau, et il y avait trouvé Lisa. Et...et il n'avait plus pensé à Mallory jusqu'à ce qu'il la voit ouvrir sa porte. Il s'en voulait pour cela.

" Non, tu as l'air épuisé. On va rentrer et on sortira demain, d'accord ? "

Il n'étais pas épuisé. Il ne pouvait se détacher de l'image de Lisa et il s'en voulait à mort, parce qu'il avait à côté de lui la femme la plus belle, et qu'il aimait comme un fou, mais qu'il pensait à une autre. Froide et égoïste.

" Tu ne m'as jamais dit pourquoi tu ne t'étais pas marié avec elle. "

" Pourquoi tu me parles de ça ? " demanda Sam qui avait repris une voix posée.

" Pour rien. C'est en la voyant que je me suis dit que je ne savais pas pourquoi vous n'étiez plus ensemble. " Elle était effrayée par sa question, peut-être plus que par sa réponse.

" Elle est partie. Je doute qu'elle m'aimait, elle ne serait pas partie sinon. Et je n'ai rien fait pour la retenir. Du moins, je n'ai pas fait autant que j'aurai du. Mais pour moi, travailler pour Jed Bartlet était plus important. Je veux dire...c'était ce que j'aimais, c'était ce que je voulais faire, et j'espérais qu'elle accepterait mon choix... "

Mallory réalisa soudain qu'il l'avait aimé. Si elle n'avait pas ressenti la même chose, lui l'avait adorée. Peut-être plus qu'il ne l'aimait elle. Et de nombreux doutes lui vinrent à l'esprit. Elle se sentit menacée par l'arrivée en ville de cette Lisa Sherborn.

" Elle repart quand ? " osa-t-elle demandé.

" Je l'ignore. Dans une semaine, peut-être deux. " Il tenta de la regarder sans pour autant délaisser la route des yeux. " Tu n'as rien à craindre, Mal. "

" Je sais. " Elle ne savait rien du tout. " C'est stupide, mais ça m'a fait très bizarre de la voir. "

C'est un grand romantique. Elle ne voulait pas le croire avant de sortir avec lui, pour de bon. Un homme à femmes, un Dom Juan, un séducteur, peut-il vraiment être romantique ? Du moins l'être sincèrement ? Mais il n'est pas l'homme qu'elle avait soupçonné. Il est tendre, attentionné, prévenant, et romantique. Elle n'a pas toujours été fleur bleue. Un ou deux ans avant, elle jurait qu'elle ne se marierait pas, et qu'elle n'aurait jamais d'enfants. Elle a bien assez affaire avec ses élèves. Cet homme lui a fait changer d'avis. Elle lui donnerait des dizaines d'enfants si il le lui demandait. Elle n'a jamais été du genre à attendre le prince charmant, et jusqu'à ce que leur relation devienne sérieuse, elle ne croyait pas qu'il puisse être l'homme de sa vie. Mais il a réussi à lui faire changer d'avis. Elle n'imagine pas vivre sans lui, elle n'imagine plus être avec quelqu'un d'autre. Après tout, quand on trouve le Prince Charmant, on ne le laisse pas s'enfuir. Il est romantique et maladroit. Ce n'est pas rare qu'il allume des bougies dans leur chambre pendant qu'elle est dans la salle de bain. Il a bien manqué une fois de mettre le feu à leur appartement, et à tout l'immeuble en réalité. Une bougie lui a échappée des mains et est tombée sur le couvre lit. Par chance, il est parvenu à maîtriser le début d'incendie, non sans une grande frayeur. Mais une fois la panique passée, ils se sont pris d'un grand fou rire et ont oublié l'incident. Il ne lui fait pas le coup à chaque fois. Chaque soir n'est pas l'occasion de jouer les apprentis pompiers. Il y a des soirs plus calmes. Il allume les bougies et attend qu'elle quitte la salle de bain. Elle porte toujours de nouveaux sous-vêtements. Il lui ôte toujours avec délicatesse. Ils sont toujours en parfaite harmonie, leurs gestes sont coordonnés, ils prévoient ce que va faire l'autre mais se laissent surprendre. Et pour un Dom Juan, elle n'imaginait pas qu'il puisse être si tendre et délicat. Ses gestes sont toujours doux et langoureux. Et ses regards passionnés.

Alors qu'il humait son parfum, sa tête enfouie dans ses cheveux, elle caressait son bras qu'il avait placé autour de son cou. Mallory fixait le plafond et tentait de deviner l'expression du visage de Sam. Comme toujours, ils restèrent silencieux, parce qu'aucun mots, aucunes paroles, ne pouvaient venir égaler les moments de plaisir qu'ils vivaient. Si le matin était pour eux l'occasion idéale de parler, le soir était le moment privilégié au silence. Un silence qu'ils aimaient tous à les deux à écouter.

" Quand j'étais petite, je jouais toute seule, dans ma grande salle de jeu. J'étais une princesse, belle, et digne et...identique à toutes les princesses. J'étais amoureuse d'un prince, comme toutes princesses, et bien sûr, lui aussi était amoureux de moi, et...enfin, malgré cela, il préférait une autre princesse, et moi j'étais très malheureuse parce que je ne comprenais pas pourquoi... "

" Arrête ce que tu es en train de faire ! " lui ordonna Sam.

" Je m'aperçois que ce n'était qu'un jeu, mais que j'avais tout de même une imagination débordante. A croire que petite déjà, je voyais dans l'avenir. "

Sam remua sa tête et il l'enlaça, la serrant contre lui.

" Je ne sais pas si je suis le prince de ton enfance, mais si c'est le cas, aucune autre princesse que toi ne pourra prendre mon cœur. Tu n'as pas à t'inquiéter pour ça ! "

Elle absorba ses paroles et tenta de s'en convaincre. Elle était la seule dont il était amoureux. Lisa n'était plus qu'une femme de son passé. Comme Laurie. Et comme d'autres dont elle ignorait le nom. Ellen. Emily. Patty. Et Dieu savait qui d'autre. Elle était son présent. Elle était la première avec qui il vivait une telle histoire. Elle en était convaincue. Mais elle était aussi certaine que personne ne pouvait renier son passé. Surtout lorsqu'on en avait pas décidé la fuite. Si les années s'étaient écoulées depuis leur rupture, ses sentiments dormaient toujours au fond de lui. Elle ne l'aimait peut-être pas, mais lui si. Et elle doutait en réalité qu'on puisse effacer de si forts sentiments.

" J'ai vu mon père ce soir. "

Il se contenta d'émettre un bref petit son.

" Hum... "

" Il avait peur pour moi, parce qu'il n'a pas confiance en vous, les hommes, ceux qui font souffrir les femmes. "

" Ce sont les femmes qui font souffrir, crois en mon expérience. J'ai fait une promesse à Leo. Je lui ai promis de ne pas te faire de mal. On a signé un pacte. Je te blesse, il me tue. Je ne crains pas pour ma vie, par contre, il n'en va pas de même pour ton bonheur. Je ne veux pas être celui qui te rendra malheureuse. Oui, Lisa est ici, et ça m'a fait un choc de la voir. Oui, nous avons un passé en commun, et nous avons partagé des sentiments. Mais c'était il y a longtemps. Des années lumières. Et ce qui m'ennuie ce soir, c'est qu'elle soit présente dans NOTRE chambre, alors que c'est un lieu qui n'appartient qu'à nous. "

" Ce n'est pas moi qui lui ai donné la permission d'entrer ! " s'offensa Mallory.

" Je regrette, mais je n'ai pas mis le sujet sur le tapis. " se défendit Sam.

Elle souleva le bras de Sam et se détacha de lui. Elle remonta la couette sur elle, et regarda fixement la fenêtre de leur chambre. Sam ne bougea pas. Il ne voulait rien ajouter, parce qu'il savait qu'il avait raison, mais en même temps, il avait sa part de responsabilité. Et si Lisa était là ce soir, il y était pour quelque chose. S'il ne pensait pas à elle, Mallory ne l'aurait pas soupçonné d'avoir un comportement étrange. Il se tourna à son tour de l'autre côté et fixa la porte. Il n'aimait pas lorsqu'ils s'endormaient ainsi, en désaccord. Et le désaccord était de taille cette fois-ci. Ils ne trouvèrent pas le sommeil. Mais ils se gardèrent bien de se tourner l'un vers l'autre. Pas tant que le jeune femme blonde serait entre eux.

Elle attendit que le jour se lève pour ouvrir les yeux. Elle ne tenait pas à se lever, elle ne voulait pas qu'ils passent un matin comme un autre après leur dispute. Elle lui en voulait, sans raison, et elle s'en voulait encore plus. Et têtue comme elle pouvait l'être, elle se refusait à faire le premier pas. Elle tendit une oreille discrète, mais elle n'entendit pas un bruit. Pas même un souffle. Il devait être déjà debout. L'eau de la douche ne coulait pas, la cuisine semblait silencieuse. Elle se redressa et enfila une chemise de Sam qui traînait à terre. Elle la boutonna à moitié et se rendit dans la cuisine, vide. La fenêtre était ouverte, elle s'empressa de la fermer. Elle regarda la table et y découvrit une tasse de café encore fumante, un brioche et une enveloppe. Elle s'assit devant son café et décacheta l'enveloppe totalement blanche.

" Les matins sans toi ne sont pas des matins. Et une vie sans toi n'est pas une vie. Je pourrai te dire aussi qu'un sourire qui n'est pas de toi n'est pas un sourire, et que sans toi, je ne suis pas moi. Mais à quoi cela servirait-il si tu ne me crois pas ? "

Il n'était pas un auteur pour rien. C'était l'une de ses plus grandes qualités. Utiliser les mots. Les rendre convaincants. Et ils l'étaient. Cela lui ôtait-il pour autant la peur qu'elle avait au ventre ?

Bonnie frappa à la porte semie ouverte de Sam qui répondit par une sorte de grognement.

" Sam, le Président vous demande. "

Il avait oublié. Il avait l'intention de parler à Mallory de l'anniversaire de son père au petit déjeuner, mais il avait préféré la laisser dormir. Il aurait pourtant aimé discuter de leur différent, mais il n'était pas bien sûr de l'attitude à adopter. Quoi qu'il en soit, il avait oublié ce pour quoi le Président l'avait fait demandé la veille. Il pouvait appeler Mallory, bien que si tard, elle risquait d'être déjà partie travailler. Il pouvait aussi bien jouer franc jeu avec le Président, et demander un jour ou deux de délais. Ou bien ne voulait-il pas lui parler de Leo, mais d'un sujet plus en rapport avec son travail effectif. Il s'aperçut bientôt que C.J., Toby, et même Josh étaient conviés aussi à cette entrevue, il ne s'agissait donc pas du cadeau d'anniversaire.

" Tu sais, hier, j'ai voulu retenir Mallory, mais elle... "

Sam coupa Josh.

" Je n'ai rien à cacher à Mallory, et elle le sait. "

" Tu m'as mal compris. J'ai jugé qu'il valait mieux qu'elle te laisse finir ta conversation avec...comment elle s'appelle déjà ? "

" Josh ! "

" Lisa ! C'est ça, Lisa. Pour te dire la vérité, je ne crois pas que ce soit une bonne chose que Mallory l'ai rencontrée. "

" Merci pour ton analyse, mais occupe toi de TES affaires. "

" Mallory fait partie de mes préoccupations dans la mesure où elle est une de mes meilleures amies, la fille de mon patron, et ta petite amie. Je la connais bien. Mieux que tu ne le crois. Et je sais qu'elle a été affectée de rencontrer ton...ex fiancée. "

" Merci, Josh. J'ai saisi le message. Mais le mal est fait. Elles se sont rencontrées, elles se sont dit bonjour, elles ont été courtoises, et Lisa repartira bientôt, et ne sera plus qu'un souvenir dans l'esprit de Mal et le mien. "

" Tu fais aussi parti de mes préoccupations, Sam. Tu es sûr que ça va ? "

Il hocha la tête.

" Mais je ne répond de rien si on me repose cette question, alors si tu veux bien, ne reviens pas là dessus. "

Pourquoi nourrissait-il tant de haine envers son ex-fiancée. Non pas qu'il en soit surpris car Josh avait toujours été très clair : " Cette femme te brisera le cœur. " Josh et Lisa. Quelques années plus tôt, il aurait été pendu s'il avait prononcé ces deux noms côte à côte. Josh aimait autant Lisa qu'elle nourrissait de haine pour lui. C'était un cercle vicieux. S'il rendait visite à son ami, elle refusait de lui parler pendant des jours. S'il préférait éviter de le voir pendant quelques temps pour rester auprès de sa fiancée, c'était son ami qui se vexait, et qui reprochait à Sam de ne pas savoir faire la différence entre ses propres désirs et ceux de Lisa.

" Que fait-elle en ville ? " glissa-t-il à Sam pendant que Jed Bartlet s'entretenait avec son staff.

" Elle écrit un article " murmura Sam.

" Elle repart quand ? "

" Josh, je voudrai écouter le Président si ça... "

" Sam ! " l'interpella Jed.

Il tourna la tête après avoir jeter un regard assassin à son meilleur ami.

" Monsieur ? "

" Pourquoi ai-je l'impression que l'économie n'est pas votre matière de prédilection ? "

" Je l'ignore Monsieur. "

" Oh, peut-être est-ce parce que vous préférez vous adresser à votre collaborateur pendant que le Président des Etats-Unis d'Amérique qui est Prix Nobel d'Economie s'adresse à son staff au sujet de déficit budgétaire. "

C.J. et Toby échangèrent un regard amusé.

" Je vous prie de bien vouloir m'excuser, Monsieur le Président. "

" Où en étais-je ? "


Mallory ne put se concentrer totalement sur son travail. Elle donna le pus qu'elle pu pour assurer sa journée de cours, mais elle était tiraillée par le besoin d'appeler Sam pour savoir ce qu'il faisait. Elle ignorait pourquoi elle en avait besoin, mais elle savait qu'elle devait le faire, comme si un manque grandissait en elle, et que le son de sa voix la rassurerait. Elle ne pouvait pas délaisser sa salle de classe pour une raison aussi futile, mais pas une minute ne passa sans qu'elle imagine dans sa tête le déroulement de sa conversation. Elle tentait de chasser ses pensées qui n'avaient rien à voir avec le cours de géographie sur le climat, mais rien y fraisait. Elle essayait de se concentrer sur ses élèves, d'être attentive à leurs questions, mais elle était ailleurs. Et elle savait qu'ils avaient remarqué. Elle leur donna un exercice à faire, leur laissant ainsi dix minutes, et elle fit quelques pas devant le tableau pour se ressaisir. Elle inspira profondément. Elle tenait une craie blanche dans la main et elle remarqua brusquement qu'elle tremblait. Elle eut la tête qui tourna, elle respirait difficilement, elle s'accrocha rapidement à son bureau avant de tomber à terre. Elle eut le réflexe de se tenir au coin du meuble, et elle resta assise, les genoux repliés sous son menton. Elle garda les yeux clos et chercha à reprendre son souffle. Ses élèves s'affolèrent et demandèrent si elle allait bien. Elle répondit difficilement. Elle se releva lentement, apeurée à l'idée de s'écrouler de nouveau.

" Je vais aller chercher quelqu'un pour vous surveiller... "

Elle traversa sa classe avec précaution, et s'appuya sur le mur du couloir. Elle ouvrit la porte d'une classe voisine et fit signe à l'institutrice de venir la voir. Celle-ci se précipita et Mallory lui demanda de surveiller sa classe car elle ne se sentait pas bien.

Sam tourna la clé dans la serrure de la porte de l'appartement et les jeta sur la console de l'entrée. Il faisait étrangement sombre dans le couloir, et ni la cuisine ni le salon n'était allumés. Il s'alarma aussitôt de ne pas savoir Mallory rentrée. Il l'appela doucement, passa la tête à travers la porte de la cuisine, regarda furtivement dans le salon. Il eut l'idée de vérifier la chambre et il la découvrit allongée sur le côté, les yeux fermés. Il s'aperçut aussitôt qu'elle avait de le fièvre, son front était perlé de sueur. Il s'agenouilla sur le lit auprès d'elle et caressa ses cheveux. Il se trouva stupide. Pas d'être amoureux à en mourir, mais au contraire de ne pas savoir qu'il l'était. Il avait une vague idée de ce qu'il ressentait. Une chose qu'il n'avait jamais ressenti. Un sentiment de bien être et de douleur à la fois. Mais malgré tout, l'image de Lisa l'obsédait.

" Quelle heure est-il ? " demanda-t-elle d'une voix encore endormie.

" Huit heures. "

" J'ai essayé de t'appeler, mais tu n'étais pas au bureau, et ton portable était débranché... "

" Je suis allé prendre un café avec Lisa. "

Elle ne répondit rien. Elle se mordit simplement les lèvres, prise soudain par une vague de tristesse. Elle avait espéré qu'il viendrait aussitôt qu'il saurait qu'elle était malade, mais il avait passé la soirée avec son ex fiancée dans un café. Non. En fait, il n'avait pas dit qu'il était allé dans un café, mais il a bu un café, peut-être était-il allé chez elle, à son hôtel.

" Je suis trop fatiguée pour te préparer à manger, tu devrais l'inviter à dîner. "

Sam saisit immédiatement le ton de reproche dans sa voix. Et il ne l'en blâmait pas. Lisa avait insisté pour prendre un café. Il n'avait pas voulu. Il voulait rentrer tôt pour pouvoir parler avec Mal. Mais elle avait insisté, et il était trop vulnérable face à elle. Comme il l'avait toujours été. Mais il regretta rapidement d'avoir accepté. D'une part lorsqu'il avait aperçu Mallory, clouée au lit par sa grippe qui la reprenait, d'autre part par les avances que Lisa lui avaient faites. Rien d'explicite. Mais elle avait laissé entendre qu'elle n'aurait rien contre le fait de le revoir, plus tard, dans la soirée, à l'hôtel où elle séjournait.

" Ma chambre est au second, la 208. Je n'attends pas de visite ce soir... "

Il entendait encore sa voix lui résonner dans la tête, si sensuelle et séductrice. Et pourtant, c'était la voix du démon pour lui.

" Tu veux que j'aille te préparer un peu de soupe, ça te fera du bien. " Elle secoua la tête. " Je vais prendre une douche et je viens me coucher, d'accord ? "

Elle ne répondit pas. Elle ne tenait pas à le forcer à rester, seulement parce qu'elle était malade. Elle se rendit compte qu'elle était jalouse. Une jalousie maladive dont elle n'avait jamais fait preuve. Pourtant, beaucoup de femmes convoitaient Sam. Elle lui avait toujours fait confiance. L'arrivée de cette Lisa chamboulait absolument tout. Elle était méfiante, possessive, et elle savait que c'était à juste titre.

Les jours qui suivirent, Mallory se remit lentement de sa grippe, et retourna travailler contre les conseils d'Abby. Mais elle n'en fit qu'à sa tête comme à chaque fois. Sam avait beau être tendre et attentionné, elle remarquait qu'il était parfois ailleurs, et qu'il ne pensait plus à elle mais à l'autre. Elle ne pouvait absolument rien faire contre cela, mais elle craignait d'avantage qu'il ne la rejoigne à son hôtel. Elle détestait cela, mails elle était on ne peut plus suspicieuse. Elle téléphonait souvent à son bureau, elle lui demandait de l'appeler régulièrement, elle l'implorait de rentrer de bonne heure, et elle ne dormait pas de la nuit de peur qu'il ne se lève durant son sommeil et qu'il aille la retrouver. Elle s'en voulait d'avoir perdu toute confiance, mais c'était bien plus fort qu'elle. Et elle savait qu'il pensait souvent à elle. D'ailleurs, elle savait qu'ils se voyaient tous les jours, même s'il n'en disait rien. Un café, un Martini dans un bar, ou encore un dîner en ville...Rien ne lui échappait, mais Sam ne se doutait de rien. Elle tentait d'ailleurs de faire comme si de rien n'était, elle se forçait à rester elle même, alors qu'elle mourrait d'envie de hurler et s'enfuir pour ne plus avoir à supporter cela.

Elle était toujours la première rentrée, et il arrivait toujours très tard. Elle ne lui faisait jamais à dîner. La table de la cuisine servait toujours à autre chose. Ils avaient toujours fait l'amour dans des endroits insolites. Des endroits qu'ils taisaient et qui défrayaient le politiquement correct, comme son bureau, en haut des immeubles du cabinet.

Il se lève, c'est l'heure, écrase son mégot
Dans sa tasse de café, éteint la stéréo
Eteint le lampadaire, éteint le plafonnier
Eteint dans la cuisine, met la sécurité
Un couloir
Une porte
Un lit
C'est la nuit
Quelques pills pour dormir, je n'sais plus où je suis

Il partait de bonne heure le matin alors qu'elle prenait son temps à rêvasser, et à terminer d'écrire. Leurs emplois du temps ne faisaient que se croiser, et lorsqu'ils se retrouvaient c'était la plupart du temps pour le sexe. Du moins, pour elle, il s'agissait de cela. Quant à lui...

Un store noir
Une porte
Un lit
C'est l'ennui
Rien à faire pour l'amour, mais ne dis pas toujours

Mallory prit la résolution un matin de stopper la paranoïa. Après tout, elle n'avait aucune preuve de ce qu'elle imaginait, et il avait toujours été honnête quant à sa relation avec son ex fiancée. En rentrant de l'école, un soir, elle appela la Maison Blanche et demanda à Sam l'heure à laquelle il comptait rentrer. Impatiente de le voir, elle lui demanda de quitter le bureau le plus tôt possible. Elle se mit ensuite au fourneaux et prépara le repas préféré de Sam : une tourte de fruits de mer. Elle déboucha une bonne bouteille de vin blanc ; mit de la musique, et se changea pour être plus à l'aise. Elle dressa une table romantique et attendit en lisant une revue. Sam entra une demie heure plus tard et ouvrit de grands yeux étonnés, puis il fut horrifié.

" Mon dieu, j'ai oublié la Saint Valentin ? "

" Non, idiot ! C'est le mois prochain ! J'avais juste envie de te faire une surprise ! "

Elle s'approcha de lui et il embrassa son cou tendrement.

" J'ai une surprise moi aussi. En fait, c'est plus une nouvelle. Une bonne nouvelle. Lisa repart samedi matin. "

Mallory tenta de rester impassible. Elle hésitait entre sourire de joie, ou bien être attristée à l'idée qu'il ait une fois de plus prononcé son nom. Mais elle resta neutre et elle l'invita à se mettre à table après lui avoir enlever son manteau.

Bien plus tard dans la nuit, ils étaient serrés l'un contre l'autre dans leur lit, et leurs visages n'étaient qu'à quelques centimètres. Ils se fixaient dans le blanc des yeux, cherchant à lire dans les pensées de l'autre. Sam pensait à quel point elle lui avait manqué ces derniers jours, alors qu'elle refusait qu'il ne la touche. Et elle se demandait si il pensait encore à elle, après la nuit qu'ils avaient passé, qui dépassait de loin toutes les nuits qu'ils avaient passé avant. Il ferma les yeux pour s'endormir. Il se levait très tôt le lendemain. Mais elle ne trouva pas le sommeil, une fois de plus.

Où es-tu, quand tu es dans mes bras ?
Que fais-tu, est-ce que tu penses à moi ?
D'où viens-tu ? Un jour tu partiras
Où es-tu, quand tu es dans mes bras ?

" Sam Seaborn. "

" Je ne te dérange pas au moins ? "

" Pas du tout ! " répondit-il d'un ton monocorde à la femme au bout du fil.

" Tu sais que je repars demain, Sam. "

" Je le sais. "

" Ma proposition tient toujours, tu sais. "

" Ca aussi je le sais. "

" Alors ? "

" Alors ? " s'énerva-t-il. " Comment tu oses venir me faire de telles propositions alors que je suis avec une femme que j'aime et que c'est toi qui as décidé de partir et de me quitter ! "

Il discerna un sourire sur ses lèvres.

" Tu ne te mettrais pas dans un tel état si tu te moquais de cette telle proposition, Sam ! Mais je conçois très bien que tu sois en colère contre toi...Tu sais, elle n'apprendra rien, et ce sera la dernière fois. Une sorte de cadeau d'adieu... "

" Alors je crois que le mieux, c'est de se dire adieu maintenant. Au revoir Lisa. "

" Au revoir Sam. " dit-elle en riant.

Il raccrocha violemment.

Je fais des mauvais rêves, j'suis sur un mauvais câble
Dans la paranoïa, pas de marchand de sable
J'vois en panoramique urgente et désirable
Une blonde décapitée dans sa décapotable
Cauchemar
Highway
Bad trip
Fumée noire

Mallory savait que tant que Lisa n'aurait pas quitter définitivement Washington, elle ne serait pas tranquille, et bien qu'elle ait eu l'impression de retrouver l'homme qu'elle aimait la nuit précédente, elle avait toujours peur. Le vendredi matin, alors que Sam l'avait réveillée en lui emmenant son petit déjeuner, elle s'était sentie fatiguée, et un peu fiévreuse. Elle avait préféré rester à la maison et se faire porter malade auprès de l'école. Sam avait proposé de rester mais elle savait qu'il préférait aller travailler. Elle lui promit de se reposer et de reprendre des forces sans en faire trop à la maison. Elle était obsédée par la propreté et ne supportait pas le moindre défaut dans sa maison. Mais elle jura qu'elle ne passerait même pas le balai de la journée. Il l'embrassa longuement et tendrement avant de la laisser se rendormir. Elle l'écouta refermer la porte d'entrée derrière lui et elle s'assoupit.
A son réveil, elle décida d'appeler le médecin, sa grippe n'avait que trop durer.

Il avait appelé Mallory toute la journée, et il ne comprenait pas qu'elle ne soit toujours pas rentrée. Elle avait pourtant promis qu'elle resterait à la maison pour dormir. En réalité, il lui tardait d'entendre sa voix pour ôter toutes les autres de son esprit, et pour se convaincre de rentrer dès que possible. Mais elle n'était pas là. Son père ne savait pas non plus. Elle était sans doute chez sa mère. Mais il voulait lui parler. Il voulait qu'elle le rassure.

Une vamp vorace tue au fond d'un couloir
J'en sors pas
Cafard
Bad trip
Idées noires
Avalé par l'espace au fond d'un entonnoir

Il se retrouva, à la tombée de la nuit dans le hall de l'hôtel Jefferson. Il grimpa les marches d'un grand escaliers aux marches recouvertes de velours rouge. Il se retrouva rapidement devant la porte qu'il redoutait depuis quelques temps, la 208, et il frappa légèrement, encore indécis.
Lisa ouvrit la porte et ne parut pas surprise de le voir. Elle portait un peignoir en soie, une cigarette à la main, et elle s'appuyait de manière sexy contre la porte.

" Tu as essayé, Sam. Et tu as échoué. Mais ce n'est pas une si grande défaite, tu pourrais bien être vainqueur ce soir ! "

Il se jeta sur elle et l'embrassa fougueusement, laissant aller la passion qui bouillonnait en lui depuis qu'il l'avait revue.

Mallory rentra épuisée de son rendez vous, et encore absorbée par les paroles du médecin. Mais plu que cela, c'était l'image de Sam qui la hantait. La nuit dernière, tout avait été parfait, à l'exception d'un instant, où elle avait cru lire sur son visage qu'il voulait être ailleurs, et qu'il pensait à une autre que celle qu'il avait dans les bras.

J'veux m'enfuir,
quand tu es dans mes bras
J'veux m'enfuir,
est-ce que tu rêves de moi
J'veux m'enfuir,
tu ne penses qu'à toi
J'veux m'enfuir,
tout seul tu finiras

Sam se réveilla en sursaut. Il fut surpris de se trouver contre le corps nu d'une jeune femme blonde. Son esprit était embrumé, et soudain, il se souvint de ses gestes et de son attitude, et de toutes les pensées qui le hantaient. Lisa était endormie, un large sourire sur ses lèvres, et un air satisfait. Il se laissa tomber en arrière et ferma les yeux, espérant se réveiller chez lui. Mais en rouvrant ses paupières, il constata qu'il était encore à côté d'elle. Elle l'avait poussé à bout, elle l'avait tenté, et il avait été incroyablement attiré par elle. Ses pensées ne se tournaient que vers cette femme. Et il avait trahi et trompé Mallory. Et à présent qu'il était dans ses bras à elle, qu'il pouvait profiter de son corps et s'enivrer de son parfum, c'était auprès de Mallory qu'il souhaitait être plus que tout. La raison en était simple. A son réveil, il lui manquait quelque chose. Quelque chose en lui s'était brisé lorsqu'il avait vu Lisa, à la place de la femme qu'il aimait. Les réveils auprès de Mallory avait quelque chose de magique, et là, rien ne s'était passé. Sauf une envie irrépressible de s'enfuir. Il se sentait honteux et sale, et ridicule d'avoir douter pendant une seconde de ses sentiments pour Mal. Il n'aurait jamais du croire qu'il serait plus heureux, ou plus satisfait, dans les bras d'une autre. Il ne pouvait dire ce qui l'affectait le plus. L'avoir trahie elle, ou s'être trahi lui même. Avoir trahi son cœur. Il regarda sa montre et fut une fois de plus paniqué. Elle indiquait 22 heures 45. Le temps de rentrer, Mallory serait soit endormie, soit dans le salon à l'attendre, et elle lui demanderait des explications, et il ne se sentirait pas la force ni même le courage de lui dire la vérité.

" Mon dieu " pensa-t-il. " Qu'ai-je fait ? "

Il enfila son pantalon et se hâta de sortir du lit. Il ne prit aucune précautions pour ne pas faire de bruit, si bien que Lisa s'éveilla.

" Tu pars déjà ? " Il ne répondit pas. " Ta petite femme t'attend sagement à la maison ? "

" Elle ne me pardonnera jamais ce que j'ai fait ce soir, je ne me le pardonnerai sûrement jamais non plus. Mais ce que tu as fait toi, c'est inqualifiable. "

" Oh oui ! " dit elle faussement troublée. " Moi, la méchante...qui t'a forcé à venir me rejoindre en secret à l'hôtel. Chéri, pour cela, tu es aussi coupable que moi. "

" Je ne suis coupable que de ma faiblesse, et surtout aveugle de ne pas voir vu ce qu'il y avait avoir, quand il fallait le voir. "

" Je comprends que tu sois un auteur. " dit-elle en souriant. " Laisse moi te dire une chose Sam. Si tu l'aimais tant que ça, tu n'aurais pas mis tant de tendresse dans tes gestes ce soir. Tu ne m'aurais pas dit tant de mots doux. Je me trompe peut-être. "

" A moins de me tromper, je ne me souviens pas de t'avoir dit 'je t'aime', ce n'est pas une chose que j'oublie de lui dire. "

" Pense ce que tu veux, mais moi je n'y suis pour rien ! "

" Non, tu es banche comme un agneau, pas vrai ? Je ne veux plus jamais entendre parler de toi, et s'il te vient l'idée de remettre les pieds à Washington, arrange toi pour ne pas croiser mon chemin, je te jure que ça irait très mal. Tu as bousillé ma vie une seconde fois, et ça je ne l'aurai pas cru possible. Quoi qu'il advienne avec Mallory, je sais au moins que je ne plus te revoir. "

" Message reçu. On en reparlera quand tu seras seul. Eperdument seul. Sans personne à toucher, à murmurer des mots que toi seul sait dire. On en reparlera ce jour là Sam. Mon numéro n'a pas changé. "

" Ton téléphone ne sonnera pas. "

Il termina d'enfiler son manteau et il repartit en claquant la porte, sans même la regarder une dernière fois. Elle se redressa dans son lit et alluma une cigarette, qu'elle écrasa aussitôt nerveusement dans le cendrier.

J'veux m'enfuir,
quand tu es dans mes bras
J'veux m'enfuir,
est-ce que tu rêves de moi
J'veux m'enfuir,
tu ne penses qu'à toi
J'veux m'enfuir,
tout seul tu finiras

Le bruit de la porte la tira immédiatement de son sommeil agité. Elle s'était assoupie sur le canapé et elle vit qu'il était onze heures passées. Elle s'assit lentement et attendit un instant. Elle devinait qu'il était en train de regarder son courrier sur la console de l'entrée. Elle frotta ses yeux et se leva. Elle enroula un châle autour de ses épaules et se tint droite. Il ne faisait aucun bruit, et il devait sans doute penser qu'elle dormait, à une heure si tardive. Il fut surpris de la voir debout dans le salon, mais n'en montra rien.

" Tu es encore debout ? " demanda-t-il en chuchotant comme s'il risquait de réveiller quelqu'un.

" Je me suis endormie sur le canapé. " Sa voix était vide d'expression. Seule la fatigue se devinait. " J'ai arrêter d'appeler la Maison Blanche il y a deux heures. "

" Oui, je suis... "

" Je n'ai pas appelé la police, ni les hôpitaux. Je me doutais qu'il ne t'était rien arrivé de grave."

" Non je... "

" Et en plus, ton portable était sans doute en mode silencieux, tu n'as pas du entendre mon appel. "

" Mal... "

" S'il te plaît Sam... " Elle porta une main sur son visage, elle ne savait plus quoi lui dire. " S'il te plaît, ne rend pas tout ça plus compliqué que ça ne l'est parce que c'est déjà...c'est déjà... "

Elle ne termina pas sa phrase. Elle ne voulait pas croiser son regard mais le fit tout de même. Il était plein de remords, et jamais elle n'avait vu un regard plus triste. Elle haussa les épaules.

" Je ne sais pas quoi te dire, je ne sais même pas s'il y a quelque chose à dire... "

Sam regarda autour de lui et aperçu deux sacs de voyage.

" Qu'est-ce qui se passe ici ? " s'affola-t-il.

" Je pars. "

Pas une fois sa voix ne s'était élevée. Pas une fois elle ne céda sous la colère. Il s'approcha d'elle, et tenta de la prendre par les épaules mais elle s'écarta.

" Ne me touche pas s'il te plaît...C'est déjà assez dur de savoir que tu l'as touchée elle aussi... "

" Je ne voulais pas. "

Elle secoua la tête.

" Moi non plus, Sam. Je ne voulais pas. Mais je ne peux pas rester. "

" Où vas tu aller ? " demanda-t-il sans voix.

" Je ne sais pas. Je ne peux pas aller chez mes parents. Ils me diraient 'on te l'avait bien dit'. Mais ne t'occupe pas de savoir où je suis, je n'ai plus envie de te voir. "

" Tu es injuste...Je n'ai pas fait ça pour te faire souffrir. Tu dois me croire. "

" Ca n'a plus d'importance à présent. Je ne sais pas quand je récupérerai mes affaires, laisse moi un peu de temps pour me retourner. "

" Mal...réfléchis encore, s'il te plaît, tu ne peux pas savoir à quel point je m'en veux, et combien je sais que j'ai mal agit, mais je ferai n'importe quoi pour me faire pardonner. "

" Je serai incapable de te pardonner ce que tu as fait ce soir, Sam. "

" Je t'en conjure, donne moi une seconde chance. "

" C'était ta seconde chance, Sam. Et tu l'as gâchée une fois de plus. "

" Ne pars pas comme ça...je ne suis rien sans toi. "

" Alors habitue toi à n'être plus rien, c'est fini Sam. " dit-elle avec détachement.

Il se retourna et fit les cent pas dans le salon, comme un lion en cage. Ca ne pouvait pas se finir comme ça. Bien sûr il avait imaginé que ce ne serait pas simple, et qu'il lui faudrait du temps pour lui pardonner et oublier, mais il ne pensait pas qu'elle puisse partir. Il n'en avait pas soupçonné la possibilité.

" Je te le demande encore une fois...mon amour, ne pars pas...c'est toi que j'aime, elle ne représente plus rien à mes yeux, rien sinon le diable en personne. Elle a voulu nous séparer, et elle va réussir. Si tu pars c'est elle qui gagne... "

Mallory fut prise d'un rire bien malgré elle.

" C'est elle qui gagne ? Mais Sam, ce n'est pas un jeu. Mais qu'elle gagne ou qu'elle perde, moi je suis perdante. Et toi aussi. Le diable en personne ? Je t'en prie, tu n'es pas sérieux ? Ce soir, tu m'as fait plus mal que tous les hommes que j'ai connu dans ma vie, y compris mon père lorsque j'étais enfant, alors ne me parle pas de diable, de gagnant, d'amour, parce que tu n'y connais rien. Toi et ta petite personne, ça je dois bien dire que tu t'y connais ! Mais ne me parle pas d'amour en me regardant droit dans les yeux comme tu viens de le faire ! "

" Je ne peux pas te forcer à rester auprès de moi, si c'est ce que tu veux vraiment, alors c'est moi qui part. Je te laisse l'appartement, je resterai au bureau, mais je veux que tu aies un toit. "

" Ne sois pas stupide, cet appartement est le tien, et mes valises sont prêtes. "

Elle se dirigea dans l'entrée pour enfiler son manteau, et elle attrapa ses deux valises.

" Laisse moi t'aider... "

" C'est pas la peine, j'en ai plus besoin. "

Sam resta dans le vestibule pendant qu'elle descendit ses valises dans sa voiture. Elle remonta pour prendre son sac à main. Elle vit qu'il n'avait toujours pas enlevé son long manteau noir. Elle passa ses mains derrière son cou pour détacher son collier. Elle lui tendit mais il ne fit pas un geste. Elle le posa sur le meuble dans l'entrée.

" J'ai tout laissé dans ta chambre. Tu en feras ce que tu veux, tu pourras même les lui offrir. J'ai aussi laisser ma montre, et la bague que tu m'as offerte lorsqu'on a emménagé ici. "

Sam était désolé, triste, et blessé que tous ses cadeaux lui reviennent alors qu'il les avait acheté pour elle, pour lui faire plaisir, pour lui montrer qu'il l'aimait. Elle les lui rendait, et ça ne signifiait qu'un chose. Elle, elle ne l'aimait plus.

La suite dans 'L'Air du Temps'

Ecrit par Anna






Retour dans le Hall d'Accueil