:: The West Wing : Les Couloirs de la Maison Blanche ::

Salle de Briefing

Bureau Ovale

Salle Roosevelt

Communication

 

Auteur : Anna
Titre : En pleine tempête
Copyrights : Les personnages de la série " A la Maison Blanche " sont la propriété de leur auteur Aaron Sorkin, des producteurs et de la chaîne qui détient les droits de diffusion. La publication de fanfics n'a pas de but lucratif : " je ne touche pas de droits là dessus ! "
Personnages : Sam&Mallory, pour changer
Résumé : Sam pensait passer des vacances de Noël tranquilles...
Genre : Humour, romance
Spoilers : Au plus Haut des Cieux, dans lequel Sam projette un petit voyage dans les Bermudes.
Feedbacks appréciés.
Le texte est la propriété de l'auteur.

Noël approchant, tout le staff de la Maison Blanche avait prévu, ou non, quelque chose. Toby et Josh ne fêtait pas Noël de par leur religion. C.J. avait proposé à Leo de lui préparer quelque chose à manger, c'était sans doute la première année qu'il passait loin de sa famille, sa femme, et sa fille. Il avait toujours tenté de ne pas manquer un matin de Noël, où il la regardait ouvrir ses cadeaux d'un air émerveillé. Le Président et sa famille était dans le New Hampshire avec la famille de Jed. Donna fêtait dans la tradition protestante Noël avec ses parents, qu'elle avait rejoints. Et Sam prévoyait de ne rien faire sous le soleil des Bermudes. Chacun avait donc des projets plus ou moins établis. Ceux de Sam étaient réglés comme du papier à musique. Il avait un avion qui l'attendait, il avait un sac prêt, et rempli de ce dont il avait besoin, et une fois là bas, un voilier l'attendrait pour qu'il puisse naviguer et rester seule en pleine mer, sans personne pour le déranger. Il serait seul avec un mémo et de la crème solaire...

C.J. sortit de son briefing, sans hâte, mais relativement rapidement. Elle cherchait à voir Josh à propos de Lowell Lydell. Mais ce fut sur Sam qu'elle tomba dans le couloir.

" Où tu cours comme ça ? " demanda Sam.

" Voir Josh ! Et toi ? "

" Dans mon bureau. Au fait...encore merci pour ton invitation, je suis désolé de ne pas pouvoir venir. "

" A ta place je ne le serai pas. Tu seras en train de te dorer au soleil... "

Ils suivirent le couloir d'un pas rapide, une double porte s'ouvrit en même temps qu'ils arrivaient à son niveau, et Mallory entra dans le couloir, à la fois surprise et satisfaite de trouver là Sam.

" Salut C.J. ! Sam ! "

" Bonjour Mallory. A plus tard Sam !" dit C.J. en entrant dans le bureau de Josh.

" Tu me cherchait ? " s'enquit Sam.

" Oui, je voulais te voir ! "

Ils gagnèrent son bureau. Il l'invita poliment à entrer et lui proposa un siège, elle s'assit en prenant soin de ne pas froisser sa jupe. Elle croisa ses jambes et offrit un ravissant sourire à Sam.

" Alors ? " demanda-t-il.

" Je voulais savoir ce que tu avais de prévu pour Noël. "

Sam lui répondit qu'il avait un voyage de prévu, et qu'il aurait été ravi d'être présent chez Mallory, anticipant quelque peu sa proposition. Elle éclata de rire.

" Non, je n'allai pas te proposer de venir chez moi ! "

Sam parut étonné.

" Ah non ? Je pensais que c'est ce que tu allais me dire... Alors, pourquoi m'avoir demandé ? "

" Et bien cette année, c'est la première fois que papa ne sera pas là, et je n'ai pas envie de passer Noël avec maman, c'est comme si je choisissais entre les deux, et j'en suis incapable. Je me suis dit que je pourrais venir avec toi, en voyage... " dit elle, plein d'espoir.

Sam éleva pourtant ses mains en contestation.

" Attends une seconde...tu veux dire que tu veux venir avec moi aux Bermudes ?

" Bien sûr il n'y aura pas de sexe, tu t'en doutes bien ! "

Il toussota.

" Il y a juste un problème. "

" Lequel ? " demanda-t-elle en élevant un sourcil.

" J'avais l'intention de partir seul pour me reposer et me couper du monde. Tu vois, si j'y vais avec quelqu'un, je ne pourrai pas vraiment me couper du monde...tu comprends ? "

Mais Mallory avait réponse à tout.

" Je me ferai si petite que tu ne te rendras pas compte que je suis là. Je veux juste profiter du soleil, de la mer, du calme. Comme toi, non ? "

Mais Sam se montrait toujours réticent.

" Oui, l'ennui c'est que mon billet est pour une personne. Et le bateau que j'ai loué n'est pas très grand. "

Mais ce n'était pas encore suffisant pour faire renoncer la jeune femme.

" Je t'assures que tu ne te rendras même pas compte de ma présence. Je serai plus silencieuse qu'une mouche. Sans parler du fait que je meurs d'envie de bronzer ! "

Sam secoua la tête.

" Ecoute, je ne veux pas être brusque, mais je ne tiens pas vraiment à ce que tu viennes ! "

" Je pensais pourtant que tu aimerais qu'on passe un peu plus de temps ensemble ! "

Elle avait plus ou moins touché la corde sensible, sans pour autant le faire céder.

" On pourrait peut-être prévoir de passer le nouvel an ensemble, non ? "

" Tu ne veux pas de moi pour Noël alors ? "

Il prit une profonde inspiration.

" Non. "

Sam eut une sensation étrange en sentant le soleil sur sa peau, alors qu'il descendait de l'avion. C'était comme une caresse qu'il n'avait pas senti depuis longtemps. La chaleur et le ciel bleu à perte de vue lui faisait oublier que quelques heures plus tôt il se battait encore dans son bureau, et il tentait d'épargner à Leo l'humiliation que Lillienfield voulait lui infliger. Il ferma les yeux et se sentit en quelque sorte de retour chez lui, et s'imaginait déjà navigant sur un océan de tranquillité.

" Mon Dieu, c'est magnifique ! "

Il se retourna aussitôt et se rendit compte que l'espace de quelques secondes, il avait oublié Mallory. Elle se tenait derrière lui, et profitait également des rayons de l'astre. Ses lunettes de soleil reposaient sur sa tête, et elle détacha d'une main le nœud du foulard autour de son cou.

Sam avait été impuissant face à elle, elle avait réussi malgré ses protestations à venir avec lui, et il savait que ses quelques jours de congés ne se passeraient pas vraiment comme il l'aurait voulu. Ils prirent rapidement un taxi en sortant de l'aéroport, qui n'était pas tellement chargé de monde comme il s'y était attendu, et ils roulèrent jusqu'à un port de plaisance. Sam se rendit aussitôt à la Capitainerie laissant à l'extérieur Mallory qui scrutait tous les détails. Le ciel, la mer, le soleil, les oiseaux... Lasse d'attendre, elle s'assit sur sa valise. Elle n'avait pas réaliser qu'il ferait si beau, et en partant de Washington, dans le froid, elle avait mis un pantalon marron et un gilet beige. Mais elle l'avait rapidement ôté, et avait garder son polo sans manches, de la même couleur que le gilet. Elle était cependant accablée par la chaleur, et il lui tardait de pouvoir passer son maillot de bain. Elle était épatée par Sam qui n'avait pas eu le temps de se changer et qui avait gardé son costume et sa chemise. Dans l'avion, il avait retrousser ses manches, et avait plié sa veste. Elle le vit ressortir du bâtiment de la Capitainerie avec un autre homme qui semblait lui montrer le chemin. Elle se leva aussitôt et prit sa valise, Sam récupéra son sac qui était près d'elle, et ils suivirent sans un mot le petit homme d'un certain âge, sans doute un vieux pêcheur. Ils descendirent une passerelle et longèrent un ponton au bout duquel le pêcheur leur montra le voilier.

" Besoin de rien ? "

" Je pense que j'ai tout ce qu'il me faut. La radio est opérationnelle, vous avez vérifié ? " Sam se montrait prudent.

" On vous attends donc demain en fin de soirée, bonne route ! " s'écria-t-il.

Sam monta le premier, et aussitôt à bord tendit sa main vers Mal et jeta un œil à ses chaussures à talons.

" Quoi ? " s'étonna-t-elle.

" Si tu veux monter, tu retires tes chaussures ! J'ai pas envie qu'il me garde la caution du bateau ! "

Elle s'exécuta sans trop faire d'histoire. Elle attrapa la main qu'il lui tendit et se laissa hisser. Sam visita rapidement la cabine, y jeta son sac, et remonta sur le pont pour enfin quitter le port.

Mallory descendit elle aussi dans la cabine. Elle était émerveillée de voir à quel point un voilier pouvait être spacieux. Lorsqu'on descendait quelques petites marches, on arrivait dans ce qui servait de salle à manger, cuisine. Il y avait une table entourée d'une banquette. De nombreux placards. Une plaque chauffante, un four. Elle souleva une sorte de trappe sur le plan de travail de la petite cuisine, et y découvrit un frigo. Elle ne prêta pas trop attention à ce qu'il contenait.

" Je vais chercher quelques bricoles à la Capitainerie. Ne touches à rien surtout ! "

Elle acquiesça sans le regarder. Elle continua son inspection. Il y avait des hublots plus ou moins grands qui donnaient sur le pont. Les " meubles ", si l'on pouvait les appeler ainsi étaient en bois, sans doute une imitation de l'acajou. De chaque côté de l'escalier qu'elle avait descendu, se trouvait deux portes. Elle les ouvrit l'un après l'autre et découvrit deux chambres. Elle poursuivit. Face à elle se trouvait une autre porte, une glace, et une porte restée ouverte qui donnait sur des sanitaires.

" Etroit " songea-t-elle. " Mais cela conviendra pour deux jours ! "

Elle ouvrit la porte et découvrit une troisième chambre, plus grande, avec un grand lit dont elle fit le tour. Il y avait de nombreux placard dans cette pièce également. Et étant la chambre principale, elle avait sa propre salle de bain qui était un peu plus grande que l'autre. Sa valise était restée sur le pont. Après l'avoir déposée dans une des deux petites chambres, elle l'ouvrit et en sortit quelques affaires, dont une robe légère qu'elle était pressée de passer, tant il faisait chaud.

Une heure et demie plus tard, ils avaient quittés le port, et Sam, debout devant la barre, admirait la mer qui s'étendait à perte de vue, et les reflets du soleil qui l'éblouissait malgré une paire de lunettes adéquate. Il y avait assez de vent pour garder la voile haute, mais pas trop, si bien que le temps était agréable, l'opposé même de Washington en cette période de Noël, de flocons et de vents froids. Il s'assit sur une banquette, laissant le bateau naviguer au gré des flots. Il voulait attendre encore un peu et se plonger dans son mémo de plus de 600 pages. Mais il se rendit compte avant toute chose qu'il n'entendait pas Mallory depuis un moment. Il passa sa tête dans la cabine et l'appela.

" Il fait un temps superbe ici, tu devrais venir en profiter ! "

Elle sortit des toilettes, le teint pâle. Elle se cramponna à ce qu'elle pouvait tenir, de peur de partir à la renverse. Pour Sam qui avait le pied marin, le bateau ne tanguait pas trop. Mais pour elle, c'était un calvaire. Elle n'avait jamais fait de croisière sur un voilier de si petite taille, et elle n'avait pas soupçonné qu'elle pourrait être malade. Elle fut furieuse en voyant que cela faisait sourire Sam.

" Ca n'a rien de drôle ! " s'exclama-t-elle en portant une main à sa bouche avant de s'enfermer de nouveau dans les toilettes. Sam retourna s'asseoir et étendit ses bras le long de la banquette, profitant pleinement du soleil. Il fut pris de remords et descendit. Il tapa doucement à la porte et sans attendre de réponse, il lui proposa de monter sur le pont du bateau où elle serait certainement mois malade.

Mallory n'était pas sur le pont depuis dix minutes, qu'elle vomissait déjà par dessus bord. Et malgré de nombreux efforts, Sam ne pouvait se retenir de rire. Elle se tenait à un filin, relié au mat, et elle s'accroupit, en murmurant, au bord des larmes.

" Je vais mourir... "

" Tu te sens capable de garder un œil sur la route, pendant que descend un instant ? " lui demanda Sam.

Il n'attendit pas vraiment sa réponse, car il n'en avait pas pour longtemps, et il pouvait laisser la barre un instant sans trop de craintes. Il remonta et tendit un verre d'eau fraîche et un comprimé à Mallory qui ne cessait de murmurer qu'elle était malade à mourir.

" Qu'est-ce que c'est ? " le questionna-t-elle.

" C'est contre le mal de mer, bois ! "

Elle ouvrit de grands yeux meurtriers. Ses joues devinrent aussitôt aussi roses qu'elles l'étaient avant de partir, et elle se leva sans difficultés, jetant des injures au visage de sam.

" Contre quoi ? Je suis malade comme un chien depuis plus d'une heure, et tu as attendu tout ce temps pour me donner quelque chose contre le mal de mer ? "

Sam fronça les yeux.

" Si tu n'en veux pas, je le remet dans sa boite ! "

Elle lui arracha le verre et le cachet des mains. Elle avala rapidement le petit comprimé et rendit brutalement le verre à Sam.

" Ca risque de ne pas faire effet tout de suie, va t'allonger, ça ira mieux après ! Question d'habitude ! "

Elle grommela tout en descendant prudemment les escaliers, et s'installa sur son lit en fermant les yeux pour ne pas se rendre compte du fort bercement des vagues. Sam souriait car il savait qu'elle n'était pas si malade que cela, en tout cas pas assez pour s'énerver comme elle l'avait fait. Ses cachets feraient rapidement effet, et elle pourrait profiter elle aussi du voyage sans être incommodée. Il lui revint en mémoire son premier voyage en bateau. Il n'avait d'ailleurs rien vu du paysage qui s'offrait à lui tant il avait été malade. Il était resté enfermé dans les toilettes jusqu'à leur arrivée. Et ça avait été la même chose lors de son premier voyage en solitaire, alors qu'il était à l'époque habitué à naviguer. Mais il était à présent rôder, et il ne lui était pas arrivé d'être malade depuis plus de huit ans.

Sam la laissa dormir, et elle se réveilla un peu plus tard. Sam s'était installé confortablement, une bouteille d'eau près de lui, et son mémo sur les genoux. Elle remonta les quelques marches et regarda l'horizon, plus détendue qu'elle ne l'était auparavant.

" C'est très efficace ce que tu m'as donné... "

Sam ne lui prêta pas grande attention, il était plongé dans son boulot. Il ne s'aperçut donc pas qu'elle était rentrée de nouveau, puis ressortit. Toutefois, il leva les yeux, car il ne distinguait pas ce qu'elle était en train de faire. Il fut bluffé. Elle était allée à l'avant du bateau, et avait quitté sa robe pour un maillot de bain deux pièces. Elle secouait une serviette dans les airs pour mieux la déplier et la poser. Il remarqua que sa peau était très pâle. Ses bras, ses jambes, son ventre étaient d'une couleur nacrée, ne demandant que quelques rayons de soleil. Il fut attiré bien malgré lui vers elle. Elle était absolument ravissante. Elle s'était assise et fouillait quelque chose dans le sac qu'elle avait posé près d'elle. Il se leva et en se tenant lui aussi aux filins, la rejoignit à l'avant.

" Qu'est-ce que tu fais ? " demanda-t-il du ton de celui qui s'ennuie.

" Je vais prendre un bain de soleil ! Dis moi, tu ne devais pas travailler ? "

" Si, si, j'y retournes ! "

" Tu vois, je t'avais dit que je ne t'ennuierai pas, mais c'est toi qui vient me chercher ! " dit elle pour le provoquer.

Sam allait repartir à son mémo, mais par soucis pour elle, il lui posa quelques questions et la mit en garde contre le soleil. Elle brandit une bouteille de lait de protection solaire. Sam observa vivement la bouteille et lui conseilla de ne pas s'en servir.

" Avec un indice pareil, je vois pas à quoi va te servir ta crème ! Je vais te passer la mienne ! "

" Sam, je suis une grande fille, j'ai acheté ce lait en pharmacie, et c'est le pharmacien lui même qui me l'a conseillé. "

" Tu lui as dit que tu allais aux Bermudes ? "

Elle ne répondit pas, mais étala un peu de lait sur ses bras, puis sur ses épaules.

" Parce que étant donné notre position, la position du soleil, et la mer, qui a, ici, un taux d'albédo élevé...Tu risques de souffrir... "

Mais elle fit la sourde oreille. Il retourna alors à l'arrière du bateau, près de la barre, et s'appliqua lui aussi de la crème. Il la regarda du coin de l'œil. Elle s'appliquait délicatement du lait sur ses jambes, puis sur son ventre. Elle se débrouilla tant bien que mal pour en appliquer sur son dos, et une fois le rituel terminé, elle se retourna, s'allongea et s'appuya sur ses coudes. Elle avait de grandes lunettes noires, et elle balançait ses jambes à tour de rôle. Il tenta de la quitter du regard et se replongea difficilement dans ses lignes de politique.

" Sam ? " Elle se rapprocha de lui. Il s'était endormi au soleil, sa peau brillait, son mémo reposait sur son torse. " Sam ? " sa voix était douce, pour ne pas brusquer son réveil. Il dormait profondément, et ses appels étaient peu fructueux. Elle rapprocha son visage du sien et souffla doucement sur ses yeux, ce qui le fit sursauter.

" Qu'est-ce qui se passe ? " demanda-t-il, affolé. Il regarda aussitôt la barre, l'océan, et puis Mallory. Il ouvrit de grands yeux.

" Quoi ? " elle s'affola. " Quoi ? Dis moi ce qu'il y a ! " le pressa-t-elle.

" Mal...je t'avais dit de ne pas mettre ton lait mais de prendre ma crème...Tu es toute rouge. "

Elle regarda sa poitrine, et sourit.

" Ce n'est rien du tout, c'est l'exposition, ça ne restera pas comme ça. Par contre, j'ai du rester trop longtemps allonger sur le ventre car mon dos me brûle un peu. Je suppose que ça va passer. "

Mais outre ce qu'avait affirmer Sam, à savoir que sa peau était très rouge, la douleur dans son dos, l'arrière de ses jambes et ses épaules la faisaient souffrir. Elle ne pouvait faire de mouvements brusques, et elle refusait que Sam ne l'approche, de peur qu'il ne lui fasse mal.

" Ne sois pas stupide, il faut mettre quelque chose dessus, sinon tu ne pourras pas dormir ! "

Il descendit, et après les comprimés, il ramena un tube de pommade. Elle le regarda, presque effrayée.

" Ca va soulager les brûlures, et puis...j'espère que ça t'évitera de garder cette couleur de homard ! "

Elle fit un moue à la fois boudeuse et pleine de reproches.

" C'est pas une raison pour te moquer de moi, Sam ! "

" Je n'oserai jamais, Princesse ! " dit-il d'un ton presque hautain.

La journée touchait à sa fin, le soleil était bien plus bas dans le ciel, et l'air était moins étouffant. Une petite brise rafraîchissait l'atmosphère. Ils étaient assis à l'extérieur, sur la banquette. Mallory osait à peine s'asseoir, car ses cuisses avaient subit les méfaits du soleil et elles étaient douloureuses. Il déboucha le tube de pommade et en mit sur sa main. Il la posa doucement sur le haut de l'épaule de la jeune femme qui sursauta légèrement, en émettant un petit son qui voulait dire : " Ne me fais pas mal, ou bien je te mords ! " Mais il appliqua doucement la pommade. Lentement, il passa sa main sur ses épaules, et sur son dos, le massage était une caresse, il ne voulait pas lui faire mal. Elle avait envie de râler, mais elle se contenta de dire :

" Elle n'a pas une odeur trop désagréable cette pommade ! "

Sam sourit en pensant qu'elle ne voulait pas admettre qu'il avait raison et qu'elle aurait mieux fait de l'écouter plutôt que de refuser d'admettre qu'elle pouvait avoir tort.

" Je vais t'en mettre sur les bras, par mesure de précaution ! "

" Je vais le faire, je serai sûre de ne pas me faire mal ! "

" Comme tu voudras... " soupira Sam.

Elle se passa lentement de la pommade sur les bras, les jambes et sa poitrine qui n'avait pas repris sa couleur normal et encore moins un joli hâle. Sam était toujours derrière elle, et admirait chacun de ses mouvements.

" Est-ce que ton dos te brûle toujours ? "

" Vas y, dis le ! Tu en meurs d'envie ! 'Mallory, je t'avais dit que l'indice n'était pas assez fort...' "

Il se rapprocha et posa ses mains sur ses hanches, elle fut surprise et eut un sursaut. Elle sentit les lèvres de Sam se poser sur son épaule droite. Elle passa une mèche de cheveux derrière son oreille, comme à chaque fois qu'elle ne se sentait pas très à l'aise.

" Qu'est-ce que tu fais ? " demanda-t-elle timidement.

" Je soulage tes maux, ça va comme ça ? "

Elle hocha la tête.

" Je crois que j'ai...les lèvres gercées...tu crois que tu pourrais... "

Il n'attendit pas la fin de sa question pour l'embrasser avec douceur.

" Ca va mieux comme ça ? " s'inquiéta-t-il.

" Hum-hum... " dit elle en fermant les yeux et hochant la tête comme une enfant. " Bon... " Elle se leva. " Je vais aller...préparer à manger, je meurs de faim, et toi ? "

Sam acquiesça et elle disparut dans la cabine. Il retourna à son mémo pour deux minutes quarante, temps qu'il fallut à Mallory pour ressortir et demander où se trouvaient les aliments.

" Dans le frigo, tu soulèves à l'aide de... "

" Non, j'y suis allée, et il n'y a que de la bière et des boites de sardines... "

Sam affichait un sourire idiot selon Mallory.

" Oui, tu m'excuseras, je n'ai pas eu le temps d'aller faire les courses, j'ai pris ce qu'il y avait à la Capitainerie. "

" Des bières et des sardines ? " s'exclama-t-elle.

" Oui. " répondit-il simplement.

" Mais enfin, on ne vas quand même pas manger ça ! "

" Non, tu peux peut être planter une canne à pêche et attendre que ça morde pour faire du poisson frais ! "

De toute évidence, cela amusait Sam, mais cela irritait Mallory, qui ne trouvait absolument pas drôle la plaisanterie.

" Mais enfin, c'était à toi de t'occuper des courses, moi je pensais que tu t'en étais occupé, on ne vas pas manger des sardines et boire de la bière jusqu'à demain ? Sam ! C'est Noël !"

" Tu ne croyais tout de même pas qu'on allait manger de la dinde ? "

" Et pourquoi pas, il y avait bien de quoi, je l'aurais préparée ! "

" Je n'ai pas trouvé de supermarché, et puis c'est juste pour ce soir et demain midi, n'en fais pas toute une histoire, on fera un repas de Noël en rentrant à Washington, on y survivra. Et puis, c'est à la guerre comme à la guerre ! "

" A la...A la guerre comme à la guerre ? " Elle explosa. " Mais tu aurais pu faire preuve d'un peu plus de finesse ! Tu savais que je serai là tu ne t'ai pas dit que je pouvais ne pas aimer les sardines en boîte et la bière ? "

" Soyons clairs sur une chose, j'étais opposé à ce que tu viennes avec moi ! "

" Et c'est ta seule excuse ? "

Elle se lamentait, et reprochait à Sam d'avoir fait exprès de ne pas faire de courses, uniquement pour la mettre hors d'elle, car il semblait s'amuser à la mettre mal à l'aise depuis le début. Sam avait été patient, et il avait tenté d'être compréhensif, mais s'il avait refusé qu'elle vienne, c'était parce qu'il savait que cela se passerait ainsi.

" Je suis en train de passer les pires vacances de toute ma vie ! "

Il avait été patient et compréhensif, mais il avait atteint la limite à ne pas dépasser.

" Dis donc, je te signale que je suis aussi obliger de supporter tes caprices, tes humeurs et tes enfantillages. Je t'avais dit que je ne voulais pas de toi ici, mais tu as insisté, et j'ai dit oui parce que j'aime être avec toi, et que je voulais que les choses s'arrangent entre nous, mais depuis que nous sommes là, tu te débrouilles très bien pour être désagréable et insupportable ! "

" Et qui est-ce qui s'est bien amusé à me regarder vomir, et souffrir du mal de mer, avant de me donner de quoi me calmer ? "

" Et qui a utilisé du lait basse protection sous le soleil qui se reflète dans l'eau ? "

" Et qui a oublié de faire des courses, et n'a pensé qu'à des aliments trop primitifs pour que Cromagnon en redemande ? "

" Je ne t'ai pas demandé de venir, tu savais que ça allait être une croisière comme ça, ça n'avait rien d'une croisière de luxe sur un yacht ! Tu n'as pas pensé que tu allais être malade, j'avais prévu de quoi te soigner, tu n'avais pas prévu que le soleil taperait si fort, mais je t'ais mise en garde et tu ne m'as pas écouté, et la seule erreur que j'ai commise jusqu'à maintenant, c'est de n'avoir pas acheter ce que madame voulait. Mais dis moi, toi qui pense à tout, pourquoi ne pas m'avoir demander d'acheter autre chose que ce dont j'avais envie, moi ? Moi, tu sais, le capitaine du bateau, celui qui devait passer des vacances tranquilles sans qu'une femme vienne lui pourrir l'existence ! ! "

" Te pourrir l'existence ? " s'horrifia Mallory. " Te...pourrir l'existence ! T'étais bien content de me trouver il y a un quart d'heure, pour vérifier que ton charme me faisait toujours de l'effet ! T'étais bien content d'avoir quelqu'un avec qui passer la nuit ! " dit-elle en pointant un doigt menaçant dans sa direction.

" Pour passer la nuit ? Mais enfin, tu rêves, je n'ai pas accepter que tu viennes pour qu'on passe la nuit ensemble, j'en ai assez de me fatiguer pour te faire plaisir, et j'en ai marre d'attendre tes bons vouloirs, il y a bien longtemps que je ne tiens plus du tout à toi, ni pour passer une nuit, ni pour rien d'autre d'ailleurs ! "

Elle secoua la tête ne sachant plus quel argument utiliser.

" Tu n'es qu'un sale macho, menteur, manipulateur, sadique ! Je vais utiliser la radio pour qu'on vienne me chercher, je ne reste pas une minute de plus sur le rafiot du Capitaine du Titanic ! "

" Mais vas-y ! Je t'en prie, je pourrai enfin passer cinq minutes tranquilles sans qu'une folle, nymphomane vienne troubler mon espace vital ! "

Elle se retourna avec un air outré, et se rapprocha de lui. Il se tenait debout le long du couloir qui menait au pont, à l'avant.

" Tu l'auras voulu ! " s'écria-t-elle d'un ton menaçant.

C.J. s'arrêta dans l'embrasure de la porte du bureau de Sam et observa celui-ci qui classait méticuleusement des dossiers.

" Sam ? Leo veut nous voir tout de suite, il a avancé la réunion. "

Sam stoppa alors ce qu'il était en train de faire, et suivit C.J. jusqu'au bureau de Leo. La porte principale était grande ouverte. Toby était déjà assis sur une chaise, et ils attendaient Josh qui ne se fit pas attendre longtemps, Donna sur ses talons.

" Passons en revue ce qu'il y a de moins important, le Président tient à vous voir tous accompagné pour le réveillon du Nouvel An. Proposer à votre meilleur ami, votre sœur, ou qui vous voulez, mais vous venez accompagnés ! Ensuite, Toby, j'ai pris rendez vous pour toi au Congrès, tu files à quatorze heures. Josh, je voudrais que tu revois le dossier du CNS, demande à Sam de t'aider, si tu en as besoin. Oh, Donna, quand j'ai dit : 'Arrête tes bavardages de couloirs' ça voulait dire : 'arrête les commérages avec toutes les secrétaires de l'aile ouest !' "

" Oui, Leo. "

" C.J., excellent briefing, tu me refais ça pour quatorze heures ! " Il reprit son souffle. " Je dois voir le Président dans dix minutes...je lui transmet des remarques ? "

Apparemment non. Margaret entra dans le bureau après avoir frappé rapidement quelques coups.

" Leo, Mallory voudrait vous voir ! "

" Retournez travailler ! " ordonna-t-il à son staff.

" Je me demande bien avec qui je vais venir... " se désespéra Donna, en sortant de la pièce, Josh et Sam à ses côtés. Josh la regarda du coin de l'œil.

" Pour l'instant, j'aimerai bien savoir ce que je dois faire avec ce dossier du CNS... "

" Et toi Sam ? Tu viens avec qui ? Sam ? "

Il sortit de ses pensées embrumées.

" Oh...j'y ai pas encore réfléchis...j'en sais rien encore ! "

" Donna, tu veux bien aller me faire quelques photocopies ? " lui demanda gentiment Josh en lui tendant quelques pages d'un mémo. Elle s'exécuta, et laissa Sam et son compère dans le bureau du premier.

" Alors, tu m'as pas raconté, commet c'était les Bermudes ? "

" Très bien. " dit simplement Sam, d'un ton rapide.

" Très bien ? Et c'est tout ? " s'étonna Josh.

" Le ciel, le soleil, la mer, c'était parfait ! " déclara-t-il.

Cela ne suffit pas à apaiser les soupçons du Secrétaire Adjoint de la Maison Blanche.

" Tu me caches rien par hasard ? " Sam se retourna, surpris, et à la fois ne sachant que répondre. " Tu étai seul ? Sam ? Quoi, tu y es allé avec une femme ? " cria-t-il.

Sam eut un sursaut et alla fermer la porte de son bureau.

" Tu pourrais éviter de crier ça sur les toits, je te signale que ce genre de chose ne me réussit pas forcément ! "

" Quoi, tu y es allé avec Laurie ? " demanda Josh de plus en plus étonné.

" Avec... ? Non ! "

La porte s'entrouvrit dans le dos de Sam, et Josh vit la chevelure rousse de la fille de son patron.

" Excusez moi de vous déranger, messieurs... "

Mallory souriait, et Sam baissait les yeux, fuyant les regards de son ami et de la jeune femme. Josh les regarda bien, à tour de rôle, comme s'ils étaient des preuves accablantes personnifiées. Il pointa un index accusateur dans leur direction, avec un sourire amusé et satisfait d'avoir découvert le secret.

" Vous étiez ensemble sur ce bateau, et tu n'as rien voulu me dire ! Tu en fais des cachotteries à ce que je vois ! "

Sam était très gêné, au point que ses joues s'empourpraient d'avantage à chaque seconde.

" Puisque tu nous a démasqué... " commença Mallory.

" Oui, puisque tu nous a démasqué, tu pourrais, te montrer discret, pas la peine d'en faire une histoire ! " termina Sam.

" Je suis étonnée que tu ne lui aies pas dit, Sam ! Tu ne lui as donc pas dit que tu étais tombé par dessus bord ? "

Le visage de Josh changea avant qu'il n'éclate de rire, un rire si fort et naturel qu'il était incapable de parler, et qu'il se pliait sur lui même.

" Ah...excusez moi...j'ai...un dossier... " il ne put terminer, chaque partie de phrase hachée par un rire puissant. Il referma la porte derrière lui, mais Sam et Mallory l'entendirent rire encore pendant quelques secondes, le temps qu'il lui fallut pour quitter les bureaux de la Communication.

" Alors ? " demanda Mallory en enlevant son manteau.

" Je te remercie...Tout le monde va être au courant à présent. "

" Que tu es tombé à l'eau ? "

" Que tu étais avec moi ! Mais soit dit en passant, je ne suis pas le seul à être tombé, tu es passée par dessus bord aussi. "

" Tu m'y a attiré ! " se défendit-elle.

" Et tu m'y avais poussé ! "

Sam s'était assis sur le rebord de son bureau, les bras croisés.

" Qu'est-ce qui t'amène ? "

" Plein de choses " répondit-elle d'un ton enjoué. " Tu as une cavalière pour le 31 ? "

Il haussa les épaules.

" Je suppose que non. " Il comprit à son sourire qu'il devait poursuivre. " Mais je suppose également que tu aimerais que je te le propose, non ? "

" Je n'ai rien de prévu, on pourrait passer la soirée ensemble, on vient en début de soirée, et en fin de soirée, on va faire la fête ailleurs, qu'en dis tu ? "

" Affaire classée, quoi d'autre ? "

" Je voulais savoir si tu voulais toujours me voir. "

" Absolument, mais...aussi loin que possible d'ici, pas aussi près du bureau de ton père. "

Elle se rapprocha de lui et se débrouilla, plutôt bien devant tant de résistance, pour qu'il passe ses bras autour de sa taille.

" Je voulais te remercier pour ce voyage aux Bermudes. " Elle lui fit une bise sur la joue. " Pour m'avoir soignée quand j'étais malade. " Elle embrassa son autre joue. " Pour avoir éviter à ma peau de ne virer totalement au cramoisi. " Elle déposa un baiser furtif sur ses lèvres. " Et puis, merci pour ce magnifique Noël ! " Elle se rapprocha encore de lui, et il la serra dans ses bras. Elle se tint sur la pointe des pieds, et embrassa tendrement son cou, profitant de son parfum qui lui allait si bien. Il toussota.

" Mal, ton père n'est vraiment pas loin... "

" C'est ça qui est excitant ! " sourit-elle. Mais Sam n'était pas enthousiaste. " D'accord, je m'en vais. "

Il l'embrassa en passant une main dans ses cheveux.

" Merci d'être passée. "

" Au fait...je suis aussi venue pour te demander si tu accepterais de manger avec moi ce soir...on a un repas de Noël à rattraper, si tu veux, je peux nous préparer quelque chose... "

Il hocha la tête en souriant.

" Très bien, et cette fois, on tachera de ne pas se disputer ! "

" Se disputer ? Quand est-ce qu'on s'est disputés ? A ce soir ! "

Elle lui souffla un baiser depuis la porte et sortit en souriant.

Sam fit le tour de son bureau et reprit son classement. Il soupira profondément et laissa un sourire se dessiner sur son visage.

Fin
écrit par
Anna






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