:: The West Wing : Les Couloirs de la Maison Blanche ::

Salle de Briefing

Bureau Ovale

Salle Roosevelt

Communication

 

Auteur : Anna
Titre : L'Air du Temps
Copyrights : Les personnages de la série " A la Maison Blanche " sont la propriété de leur auteur Aaron Sorkin, des producteurs et de la chaîne qui détient les droits de diffusion. La publication de fanfics n'a pas de but lucratif : " je ne touche pas de droits là dessus ! "
Personnages : Sam&Mallory , Abby&Mallory
Résumé : Il faut beaucoup de courage et une bonne dose d'amour pour surmonter une rupture
Genre : Romance
Feedbacks appréciés.
Le texte est la propriété de l'auteur.

Un homme en costume se dressa devant elle pour l'empêcher de passer.

" Je ne peux pas vous laisser passer, Mademoiselle, je risque ma place si je vous laisse faire ! "

Exacerbée, la jeune femme se fit plus menaçante.

" Et si vous ne me laissez pas passer, je m'assurerai personnellement que vous ne franchissiez plus la porte de cette Maison. Laissez moi passer, je dois la voir, c'est de la plus haute importance. J'en prend l'entière responsabilité. Mais je peux vous assurer que si elle sait que vous avez refusé de me laisser entrer, elle sera bien plus dangereuse que je ne le suis en ce moment : je vous le répète...Laissez moi passer ! "

Bien que la discussion et la persuasion furent difficiles, elle passa néanmoins, et frappa quelques coups sur la porte. Elle avait les yeux embués, et les mains tremblantes. Elle s'aperçut soudain que la porte s'entrouvrait légèrement, et en levant les yeux, elle vit une femme en peignoir, sortie d'un sommeil profond.

" Mal ? " Elle observa la jeune femme de haut en bas et fixa plus précisément ses yeux. " Qu'est-ce qui se passe trésor ? " demanda Abby d'un ton inquiet.

La Première Dame sortit sans faire de bruit de la chambre où dormait le Président, et referma la porte. Elle posa sa main sur le bras de Mallory et l'incita doucement à lui parler.

" Chérie, dis moi ce qui ne vas pas ! "

Mallory se mordit les lèvres et tenta de maîtriser ses sanglots qui se voulaient de plus en plus forts. Abby emmena Mal avec elle dans un salon de la Résidence et elle leur fit préparer du thé. Elle aida Mallory a ôté son manteau trempé par la pluie et s'assit en face d'elle, en serrant les mains de la jeune femme dans les siennes.

" Je...Sam...et moi... " Elle ne put finir sa phrase tant elle fut secouée par ses propres pleurs. Abby se rapprocha plus près d'elle et elle alla blottir sa tête contre l'épaule de celle-ci. Elle caressa longuement les cheveux de la jeune femme qui aurait pu être sa fille, et tenta de la calmer en lui murmurant de douces paroles.

" Là...Ca va aller mon cœur, ça va aller...shhhttt... "

" Tout est allé de travers Abby. Tout allait si bien, et maintenant...Papa avait raison depuis le début ! "

Abby ne comprenait pas très bien l'histoire, ni comment les deux jeunes gens en étaient venus à se séparer, mais les larmes de Mallory, qui emplissait sa voix fragile, ne l'aidaient guère.

" Qu'est-ce qui s'est passé ? " demanda-t-elle doucement.

" Il est devenu distant...il a changé, je ne le reconnaissais plus... "

" Première chose à apprendre d'un homme, Chérie, il ne restera jamais celui que tu as connu. "

Elle secoua la tête.

" C'est avec l'arrivée de son ex fiancée que tout a commencé. C'est là que tout a basculé. Il est devenu froid, et il ne me regardait plus comme avant... "

Abby y voyait à présent plus claire, sa petite protégée faisait une crise de jalousie. Mais elle redoutait en fait que cela ne soit plus grave encore.

" Je l'ai attendu des heures ce soir, j'étais heureuse...je crois...je voulais qu'on passe la soirée ensemble, j'avais tellement de chose à lui dire...je l'ai attendu des heures...Abby, il n'est pas venu...il est allé la rejoindre, et il... " Sa voix était coupée par de lourds sanglots. " Il m'a trompée avec cette femme... "

Malgré toute la volonté qu'elle y mit, Abby ne trouva aucun mot pouvant réconforter la jeune femme.

" Trésor, tu es morte de fatigue, il faut te reposer... "

" Je ne savais pas où aller... "

" Ne t'en fais pas pour ça. Zoey n'est pas là ce soir, tu vas dormir dans sa chambre, et on s'arrangera comme on pourra demain, qu'en dis tu ? "

Elle acquiesça.

La Première Dame aida Mallory à se lever, et elle l'emmena dans la chambre de sa propre fille. Sobre mais coquette, la chambre était spacieuse et bien rangée. Abby alla ouvrir un tiroir de la commode et en sorti une chemise de nuit. Elle tira les rideaux qui étaient restés ouverts en l'absence de Zoey, et elle accompagna Mallory et en la tenant par les épaules, la poussant à s'asseoir sur le rebord du lit. Elle posa la chemise de nuit près d'elle et alluma la lampe de chevet.

" Je t'ai trouvé ça, mais tu peux chercher par toi même dans les affaires de Zoey si tu trouves quelque chose de mieux, elle n'y verrait pas d'inconvénient. Maintenant je voudrais que tu te couche, et que tu te calmes surtout, tu vas respirer bien profondément, et je t'interdis de pleurer ! Demain matin, il fera jour, mais pour l'instant, il te faut dormir. "

Elle embrassa le front tiède de la jeun femme.

" Abby ! " Elle l'arrêta alors qu'elle allait sortir de la pièce. " Il y a quelque chose que je vous ai pas dit. "

" Chérie, si ça peut attendre demain, je préférerai que tu te reposes ! "

Des papiers. Des dossiers. Des crayons mâchouillés. Des trognons de pommes. Peu de lumière. Dans l'univers très malsain de son bureau, Josh rédigeait quelques lignes d'un dossier qu'il devait terminer pour l'heure qui suivait. Instinctivement, il releva la tête, et vit son meilleur ami entrer.

" Sam ! Je devais justement... "

" Où est-elle ? "

" Je te demande pardon ? " dit Josh sous la surprise.

" Où est-elle ? Où l'as tu cachée ? "

Josh se redressa et bégaya quelques mots.

" Je ne vois pas de quoi tu parles, si c'est de Donna, elle est partie me chercher des beignets ! "

Mais au visage de Sam, il comprit qu'il ne s'agissait pas de cela.

" Josh, dis moi où elle est, je sais qu'elle est venue chez toi ! "

" Bon, tu te calmes pour commencer, et tu m'expliques ! Qu'est-ce qui se passe, de qui tu parles ? "

Sam inspira profondément pour se calmer et s'assit dans le fauteuil face au bureau de Josh.

" J'ai fait une grosse erreur, Josh. Hier soir, j'ai...j'ai commis la plus grosse erreur de ma vie...j'ai passé la soirée avec Lisa...et...Mal... "

" Sam... " soupira-t-il en secouant la tête. " Tu lui as dit ? "

" Elle le savait, quand je suis rentré, elle avait préparé ses affaires et...elle est partie, je pensais qu'elle serait venue chez toi, tu es son meilleur ami... "

Mais Josh secoua la tête une nouvelle fois.

" Si c'était le cas, je te le dirais, mon vieux ! Mais je te jure qu'elle n'est pas venue, elle ne m'a pas appelée...Sam, comment tu as pu la tromper avec...Lisa ? "

" Parce que je suis un minable ! Mallory est la plus belle chose qui me soit arrivée dans ma vie, et je l'ai perdue bêtement...qu'est-ce qui m'a pris ? " Il se leva et cogna violemment son poing contre le mur. Il murmura. " Qu'est-ce qui m'a pris... "

" Ecoute, laisse lui un peu de temps, elle doit être sous le choc...vous allez parler de tout ça, et je suis sûr que ça va s'arranger. "

Josh se voulait rassurant, mais au fond de lui, la nouvelle qu'il venait d'apprendre était une catastrophe. Ses deux meilleurs amis ne pouvaient pas en finir ainsi. Il avait imaginé pour eux un grand mariage, beaucoup d'enfant, des dimanche en famille, des barbecues gigantesques dans leur jardin en été...Ils ne pouvaient pas se séparer ainsi, Sam ne pouvait pas avoir commis une si grande erreur...et surtout avec Lisa, la femme qu'il haïssait sans doute le plus au monde. Mais à mesure qu'il songeait à la situation, il lui vint à l'esprit qu'il ignorait, tout comme Sam, où était la jeune femme.

Elle ouvrit les yeux et tenta d s'habituer à l lumière de la pièce. La pluie avait du cesser, car le soleil entrait abondamment dans la chambre claire. A côté d'elle, sur un fauteuil, se tenait Abby. Elle avait un regard bienveillant et un sourire très rassurant. Mallory se redressa et la regarda.

" Ne me dites pas que vous avez passé la nuit ici ? "

Abby hocha la tête.

" Tu étais très agitée, et tu as beaucoup parlé pendant ton sommeil...Comment tu te sens Chérie ? "

" Je croyais que tout ce que j'ai vécu ces derniers jours n'était qu'un cauchemar, mais je conclus à présent que non...c'était bien la réalité... "

" Je vais te faire préparer une chambre à la Résidence t tu resteras ici aussi longtemps que tu le voudras. Je te montrerai un couloir par lequel tu pourras sortir sans te faire voir de qui que ce soit de l'Aile Ouest...Sam, Leo ou Jed. "

" Pourquoi je n'ai pas écouté Papa ? " se lamenta Mallory.

" Parce que tu savais au fond de toi qu'il avait tort, et ce n'est pas ce qui s'est passé hier soir qui change ça ! Il a toujours tort, tu as fait le bon choix...Sam est un garçon bien...Et ton père n'a pas le droit de dire le contraire. C'est pour ça que tant que cette histoire ne sera pas réglée entièrement, Leo ne sera pas au courant de ce qui se passe entre toit et Sam. Je vais aller voir Josh pour qu'il veille à ce que personne ne sache où tu es, et ce qui se passe avec Sam. D'accord ? "

Mallory acquiesça, mais objecta tout de même.

" Abby, cette histoire entre Sam et moi, ça ne pourra pas finir bien, nous ne nous remettrons pas ensemble ! "

Abby était bien plus sage que la jeune femme, et savait que le temps d'une nuit n'était pas idéal pour prendre une décision sur un coup de tête. Il leur fallait absolument à tous deux se parler, et régler leurs différents, aussi douloureux soient ils. Mais pas pour l'instant. Il leurs fallait avant tout prendre du recul.

" Je dois vous dire autre chose, mais promettez moi de ne pas en parler à qui que ce soit, à personne, cela doit vraiment rester entre nous deux, je ne l'ai pas dit à Sam, je ne l'ai appris qu'hier, et ce qui rend encore plus dur notre rupture... " La voix de Mallory se brisa. " J'attends un bébé de Sam... "

Mrs Landingham sortit du bureau du Président, le laissant terminer son déjeuner son déjeuner en compagnie de sa femme.

" Je ne comprends toujours pas pourquoi tu veux annuler ce voyage au Venezuela ! C'est pourtant un magnifique pays qui te plairais ! "

" Le problème n'est pas là, j'ai quelque chose de plus important à faire ici, qui nécessite bien plus mon attention de femme que celle de Première Dame. "

" Tu n'es pas enceinte au moins ? " s'inquiéta Bartlet. " En parlant de ça, où étais tu hier soir, tu n'as pas dormi dans notre lit, ou bien j'ai le sommeil bien trop lourd pour t'entendre te lever, te coucher et te relever. "

" Il y avait une émission à la télévision que je voulais voir. Je ne voulais pas te réveiller, et puis je n'avais pas sommeil hier soir, j'ai très peu dormi en fait. "

Elle porta une tasse de thé à ses lèvres et souhaita que cet interrogatoire s'arrête. elle avait annulé son voyage officiel au Venezuela pour pouvoir rester aux côtés de Mallory quelques temps. Elle sentait qu'elle devait être là pour cette enfant, qui était un peu sa fille. Si Zoey, Elizabeth ou Eleanor avait été dans la même situation, elle n'aurait peut être pas agi de la même façon car c'est bien plus dur de se confier à sa mère, malgré les liens de confiance et d'affection qu'elle avait établi avec ses trois filles. Mais Mallory n'avait pas la chance d'avoir les même relations avec sa mère, et elle ne pouvait de toute façon pas lui parler de Sam, d'une part car Jenny ne l'avait jamais aimé, d'autre part car elle ne lui serait d'aucun réconfort étant donné qu'elle lui avait toujours prédit ce qui arriverait.

Abby s'était arrangée pour trouver Josh et lui faire part de quelques détails au sujet de Sam et Mallory sans que l'un ou l'autre n'en sache rien. Sans pour autant lui dire où se trouvait la jeune femme, elle avait demandé au secrétaire adjoint de faire en sorte que Leo ne sache rien lui non plus des événements.

" Cela va être difficile ! " objecta Josh.

" Pourquoi donc ? " s'étonna Abby.

" La semaine prochaine, le Président veut donner une fête en l'honneur de Leo, Et Mallory et Sam doivent venir, si l'un des deux manquent, Leo se doutera de quelque chose, mais si ils ne se parlent pas, il, saura également ce qui se trame. "

" Nous verrons bien au moment opportun. "

Donna entra dans le bureau pensant que Josh y était seul.

" Excusez moi Madame... " elle bafouilla quelque peu, et Abby la rassura en se levant. Elle dit un dernier mot à Josh que la secrétaire ne comprit pas, et quitta la pièce. Donna lança un regard interrogateur à Josh, comme elle le faisait toujours. Il la regarda pour lui faire comprendre qu'il ne dirait rien.

" Josh ! " le supplia-t-elle " La Première Dame des Etats-Unis ne mettrait pas les pieds dans ton bureau même s'il y avait un risque de menace nucléaire, partout sauf ici. "

Josh haussa les épaules en soupirant et en secouant la tête, pas très fier de ce qu'il allait faire.

" Donna, en te disant cela, je te fais entièrement confiance, sois gentille de ne pas la trahir...Sam et Mallory se sont séparés hier soir et pour l'instant, elle ne tient pas à le voir. "

Donna ne répondit pas. Elle s'attendait à un scoop croustillant, des ragots qu'elle colporterait librement aux autre secrétaires de l'Aile l'Ouest. Mais elle était en vérité attristée de la nouvelle, car elle aimait beaucoup Sam, et encore plus sa petite amie. Et puis...c'était inconcevable que ceux-ci se séparent. Le mariage était un sujet récurrent des commérages de la Maison Blanche. Tous les employés se demandaient quand aurait lieu le grand événement. Ils étaient tenu en haleine chaque jour, Sam ne se décidant jamais à demander la main de Mallory. Et personne n'aurait pu imaginer qu'il en serait autrement. Une séparation. Elle espérait que cela n'était que passager et que tout allait s'arranger. Mais elles les connaissaient for bien, et pour que les choses tournant aussi mal, elle doutait qu'ils puissent reprendre où il s'en étaient arrêtés.

Droite devant la fenêtre de sa chambre, Mallory regardait à travers les rideaux les amoncellements de nuages, dont elle tentait de déterminer la forme. Ils étaient tous différents, et chacun représentaient un personnage, un animal, un objet. Elle sourit en voyant un lapin avec de grandes oreilles et une petite queue.

" Si tout était aussi simple qu'un nuage... " soupira-t-elle.

Abby avait été comme une mère pour elle pendant toute une semaine. A la fois rassurante et ferme. Elle la poussait à ne pas se renfermer sur elle même, à bouger, voir du monde. Même si Mallory n'avait pas la tête à cela, elle admettait que cela lui remontait le moral de l'avoir auprès d'elle. Elle lui était reconnaissante de ne pas être partie au Venezuela.

Abby entra discrètement et sans bruit dans la chambre et posa une main maternelle sur l'épaule de Mallory.

" Encore dans les nuages ? "

Mallory se retourna et lui offrit un sourit qui retomba aussitôt.

" Abby, croyez vous qu'il soit possible qu'une femme offre assez d'amour à un enfant pour deux ? "

" Chérie, ce sont des paroles en l'air...Tu ne seras pas toute seule à élever ton enfant. Il y aura ta famille, tes amis, et quoi que tu en dises, il y aura Sam. "

" Soyez gentille, ne lui dites rien...j'aimerai attendre... "

" Rassure toi, je ne lui dirai rien, c'est à toi de le faire. Mais n'oublies pas de le faire. Tu serais vraiment inhumaine de ne pas le faire. "

Mallory hocha la tête. Il était le père de son enfant, il avait sans doute le droit de savoir. Mais c'était avant tout son bébé, l'être qu'elle protégerait de tout, et qu'elle aimerait de tout son cœur, quitte à le faire seule.

" Viens, on va se demander ce que tu es en train de faire ! " ordonna Abby.

Elles quittèrent toutes les deux la chambre, bras dessus, bras dessous.

Tout avait été préparé secrètement pour l'occasion : tout le ponde avait su tenir sa langue, aussi Leo fut-il surpris de découvrir le Bureau Ovale transformé en salon d'un goûter d'Anniversaire. Les ballons, les cadeaux, un magnifique gâteau, sa fille, et ses plus proches amis. L'émotion se lisait sur son visage. Il chercha aussitôt sa fille du regard dans la salle et s'approcha pour l'embrasser.

" Tu as tenu le secret, je suis épaté ! " Il la serra contre lui et se recula pour regarder son visage pale. " Tu es sûre que ça va mon chaton, tu m'as l'air épuisée ! "

" Je vais bien papa, un coup de fatigue... Joyeux anniversaire ! "

Leo remercia sincèrement tous ses amis réunis et la petit fête continua. Mallory buvait une coupe de champagne dans un coin du bureau, évitant le regard de Sam. Celui-ci se libéra du Président et du Secrétaire Général et vint rejoindre la jeune femme.

" Je me suis beaucoup inquiété... " commença Sam.

" Ce n'était pas la peine. J'accepte de te parler aujourd'hui pour ne pas faire d'histoire, car si mon père apprend ce qui s'est passé, il te tuera de ses mains, mais le fait que je joue les femmes modèles à tes côtés aujourd'hui veut pas dire que je vais revenir sur ma décision, bien au contraire. "

" Je comprends... " Il fixait les yeux de la jeune femme avec regret. " Tu as trouvé un endroit où t'installer, tu sais, si tu veux que je peux t'aider... "

" Non ! " l'interrompit-elle aussitôt. " Tu en as assez fait comme ça, ne t'occupe pas de savoir où je suis, je me débrouille très bien sans toi ! "

On les appela à l'autre bout de la salle pour faire une photo. Ils jouèrent ainsi l'instant d'un flash le parfait petit couple modèle. Sam avait posé sa main sur l'épaule de Mallory, et celle ci la ressentait comme un poids trop pénible à porter mais n'en dit rien.

Le Président fit demander Sam quelques instants plus tard pour le remercier d'avoir organiser la petite fête, qu'il avait selon ses propres dires organiser avec Maestria. Josh profita de l'absence de son meilleur ami pour se rapprocher de Mallory.

" T'as une petite mine, toi ! Tu es sûre que ça va ? "

" Oui, je pense que c'est le fait que vous me le demandiez depuis que je suis arrivée qui fait que je suis épuisée ! "

" Mal, pourquoi tu ne m'as pas appelé ? "

" C'est gentil de me faire savoir que tu es là, Josh, mais sans vouloir te vexé, ça n'aurait rien changé. "

" Tu aurais tout de même pu me le dire. Tu as parlé avec Sam ? "

" Je n'ai absolument plus rien à lui dire, je regrette, mais ça m'est trop insupportable. Je sais que c'est ton meilleur ami, et je sais que tu te sens concernée, je le comprends, mais, je t'en supplie, Josh...ne te mêle pas de ça ! "

Josh prit le visage de Mallory entre ses mains et la regarda dans les yeux.

" Eh ! Sam est mon meilleur ami, et toi tu es comme ma petite sœur...Ce n'est pas à moi de te dire ce que tu dois faire avec Sam. Je ne veux que ton bonheur, et tu ne le trouveras qu'en écoutant ton cœur. C'est lui qui a raison ! "

Elle appuya son front contre celui de son ami, et soupira.

" Merci. Je t'adore Josh... "

" Oui, toutes les femmes le disent ! "

Mallory n'avait pas trouvé le courage d'avoué à Leo et Jenny que ce qu'ils prédisait depuis le début était arrivé. Leur fille et son raté n'était plus ensemble. Même si Leo avait de l'affection pour Sam, qu'il le considérait déjà un peu comme son fils, il ne le voyait pourtant pas marié à sa fille, et le père de ses petits-enfants. Jenny le haïssait, et ils leur étaient impossible d'organiser des repas ensemble car la tension était telle que des disputes éclataient à chaque instant. Ils lui avaient bien fait comprendre dès le départ qu'ils étaient contre cette union, et qu'elle ne durerait pas. Le plus dur de cette histoire, était qu'ils avaient raison, et que le leur avouer serait plus pénible encore que de quitter Sam. Malgré le silence qu'elle s'obligeait à tenir, elle avait décider de quitter la Résidence de la Maison Blanche, qui ne pourrait pas lui servir de refuge éternellement. Aussi trouva-t-elle un appartement dans le centre de Washington, à peu près situé dans le même quartier que l'appartement qu'elle détenait avant d'emménager chez Sam. Et il n'était pas situé très loin de l'école. Elle avait récupéré toutes ses affaires chez Sam, et avait laissé les quelques meubles qui lui appartenaient. La propriétaire de l'appartement avait laissé de quoi meubler l'intérieur. Ce n'était pas au goût de Mallory, mais elle s'occuperait de la décoration plus tard. Il ne lui restait plus qu'à retrouver Sam dans un café, ils devaient discuter de différents détails.

Elle se rendit ainsi dans le centre ville et entra dans un bar restaurant au coin d'une grande avenue. Malgré l'heure d'affluence, il était presque vide. Etant donné la notoriété de Sam, et les ennuis qu'il avait déjà eu avec Laurie quelques temps auparavant, ils étaient tous les deux prudents dans leur relation, et leur comportement. Les journaux s'emparaient rapidement des moindres faits et gestes de tous ce qui touchaient de près ou de loin au Président et à Leo McGarry. Mallory et Sam étaient souvent la cible des médias, et ils en souhaitaient en aucun cas que leur séparation devienne publique.

" Tu prends quelque chose ? " demanda Sam alors que Mallory s'approchait de lui.

Je viens te rendre les clés de mes plus belles nuits
Te rendre mon âme au passé
Ou dépassé, c'est c'qu'on en croit
C'est ce qu'en disent les gens pressés

" J'ai pas toute la journée Sam. " rétorqua-t-elle.

Puisque dans l'air du temps,
on aime plus vraiment
Puisque c'est l'air du vide,
et que les envies priment sur les sentiments...

" Est-ce que tu as parlé à tes parents ? "

" Ca ne sert à rien de leur en parler pour l'instant ! "

" S'ils appellent à la maison ? "

" S'ils appellent chez toi " corrigea Mallory, " tu n'auras qu'à dire que je ne suis pas là, ou que je suis occupée et que je les rappellerai. "

" Tu es bien installé, dans ton appartement ? "

" Oui, c'est le paradis. "

" Mal, si tu as besoin de quelque chose...de quoi que ce soit...je suis là, si tu veux un coup de pouce financier, ou n'importe quoi d'autre... "

Elle l'interrompit.

" Que ce soit clair ! Je ne veux plus rien, absolument plus rien venant de toi, Sam. Ton argent, ta pitié, ton affection, ou peu importe ce qui vient de toi, tu te le gardes ! Tiens ! " Elle mit une main dans la poche son jean. Elle lui tendit ses clés.

Tu peux reprendre les clés
Je n'en ai pas de double
Reprendre ce que tu m'as donné
J'en ai gardé plus qu'il n'en faut

" J'ai remarqué que tu avais laissé le carton dans lequel j'avais mis tous les cadeaux que tu m'as faits. "

" Je ne viens pas d'être très claire ? " s'écria-t-elle. " Je ne veux plus rien de toi, tout ce qui t'appartient me répugne ! J'en suis venue à te haïr Sam, est-ce que tu comprends le mal que tu m'as fait ? Je ne peux pas te regarder en face sans voir le visage d'un traître ! "

Sam ne répondit pas. Il serra le trousseau de clés dans sa main. Elle avait ôté son porte clé en forme de masques de comédie. L'un riant, l'autre pleurant. Elle avait également enlevé la clé de chez ses parents, qu'elle gardait toujours sur son propre trousseau.

" Adieu Sam... " dit-elle en se retournant froidement, indifférente.

Puisque dans l'air du temps,
on aime plus vraiment
Puisque c'est l'air du vide,
et que les envies priment sur les sentiments...

La politique est une science complexe. N'est pas politicien qui veut. Et Sam devait avouer que malgré les études qu'il avait suivies, il y avait certains points qui nécessitaient d'être éclairés. Toby était dans son bureau, juste derrière lui, lisant au dessus de son épaule, s'arrêtant sur certains points pour que Sam ne fasse pas de contre sens dans le discours du Président.

" Je ne comprends pas bien ce que ça va changer de retirer cette phrase ! " s'énerva Sam.

" Sam, c'est moi le patron, c'est moi le plus intelligent, et quand je te dis que ta phrase est un contre sens phénoménal qui réfute le reste de ton paragraphe, j'aimerai bien que tu me croies sans te poser de questions. "

Un toussotement les fit lever la tête, et dans l'embrasure de la porte, ils virent Abby.

" Dr. Bartlet ! " s'exclama Sam.

" Madame... " reprit respectueusement Toby.

" Toby, je peux vous empruntez votre adjoint un instant ? " demanda celle ci.

Toby sortit aussitôt de la pièce et referma la porte derrière lui.

" Je viens vous parler de Mallory. "

" Madame, avec tout le respect que je vous dois, je ne pense pas que cela vous concerne... "

" Avec le respect que vous devez à une femme plus âgée, et à la Première Dame des Etats-Unis, vous allez écouter ce que j'ai à vous dire, Sam Seaborn. " Le ton d'Abby se voulait sévère. " Mallory ne voudrait sans doute pas que je vous en parle, mais il me semble toutefois important que vous l sachiez. "

" De quoi s'agit-il ? "

" Elle ne voulait pas vous en parler tout de suite, elle avait besoin de temps pour réfléchir, mais étant donné les circonstances, je dois vous dire qu'elle est enceinte. "

Sam ne réalisa les mots que très lentement. La surprise l'envahit, et une grande chaleur sembla s'emparer de lui.

" Mais...cet enfant... "

" Elle attend un enfant de vous au cas où vous en doutiez. "

" Pas du tout, c'est que ça fait trois mois maintenant que nous ne sommes plus...Un enfant ? Comment ai-je fais pour ne rien voir ? Enfin, ça se remarque ce genre de choses... "

" Elle l'a appris le jour où vous vous êtes séparés. Mais ce n'est pas ce que j'avais à vous dire. Sa grossesse ne se passe pas comme les médecins le souhaiterait, il y a des complications, et hier, elle s'est écroulée en plein cours avec ses élèves, et elle a été transportée d'urgences à l'hôpital. Les médecins ne sont pas très optimistes. "

Une ombre passa aussitôt sur le visage clair de Sam.

" Que voulez vous dire par 'pas très optimistes' ? "

" Elle ne pourra peut-être pas garder son bébé, elle passe des examens en ce moment. Je sais qu'elle est sous anti-inflammatoires tant elle souffre. "

" Mon Dieu... " murmura-t-il.

" Sam, elle refuserait de vous réclamer à son chevet tellement elle est fière, mais j'ai pensé que vous pourriez peut-être... "

" Oui, je vais y aller tout de suite...Abby, sa vie n'est pas en danger n'est-ce pas ? " s'inquiéta Sam.

" Les médecins ont préféré attendre avant de se prononcer... " Abby retenait des larmes, jugea Sam. " Je ne vais pas vous cacher que je suis très inquiète, je pense qu'elle a besoin de savoir que vous êtes là. Mais ne lui faites surtout pas de reproches lorsque vous la verrez. Elle n'a pas besoin de ça en ce moment. "

Elle se retira, et Sam la remercia avant qu'elle ne franchisse la porte.

" Je l'aime vraiment...je ne pourrai jamais me pardonner ce que j'ai fait... "

" Vous devrez vivre avec ce poids...Mais l'amour est imprévisible ! "

Sam poussa la porte de la chambre de Mallory, les murs blancs, les draps blancs, le ciel blanc gonflé de neige, que laissait entrevoir la fenêtre. La peau même de la jeune femme était blanche, comme de la neige. Elle paraissait dépourvue de force, et la petite lumière qui brûlait en elle était éteinte. Elle tournait la tête, de sorte que Sam ne vit pas son visage. Son regard se perdait dans le vide. Ses mains, totalement inertes étaient posées sur son ventre. Il lui semblait qu'elle ne respirait presque pas. La pièce était vide et triste. Il imaginait sans mal à quel niveau devait être le moral de la jeune femme. Les fleurs qu'il avait apportées devraient égayer la chambre.

" Bonjour ! " murmura-t-il.

Elle tourna lentement la tête vers lui, et son visage était aussi blanc que les draps du lits, ou encore que les murs. De larges cernes noires se dessinaient sous ses yeux éteints. Ses lèvres semblaient sèches, et aussi pâles que ses joues. Ses cheveux roux contrastaient avec le teint de Mallory, bien qu'ils furent plus ternes qu'à l'habitude. Il était horrifié de la voir dans un tel état, mais n'en montra rien. Mallory elle, ne montra aucun signe, qu'il fut de réjouissance ou de lassitude.

" J'avais dit à Abby de se taire... " Elle parlait difficilement.

" Elle s'inquiétait pour toi...Mal... "

" J'ai pas besoin d'une scène ménage maintenant, alors si tu veux savoir pourquoi je ne t'ai rien dit pour le bébé... "

" Non, c'est pas ça...je comprends pourquoi tu n'as rien dit...je t'assure. Dis moi comment tu vas. "

" Je suis clouée dans un lit d'hôpital, je n'ai pas le droit d'en sortir, j'ai une aiguille dans le bras jour et nuit, on me donne de la morphine pour que je ne me tranche pas le veine tellement j'ai mal, mon enfant est entre la vie et la mort, et j'ai perdu toute foi en la vie, mais tout ça, ce n'est rien à côté de ce que toi tu m'a fait vivre, ça te convient ? "

" J'avoue que ce n'était pas trop ce que j'attendais, mais oui...Qu'on dit les médecins à ton sujet ? "

Elle ricana et tourna de nouveau la tête vers la fenêtre pour ne plus regarder sam.

" Ils considèrent que c'est un miracle que je sois encore en vie, que mon enfant ne sois pas encore mort, et n'arrivent pas à savoir ce que j'ai. Ni la solution pour tous ces maux. "

" Je voulais te dire que je suis là, je te 'lai déjà dit, mais je te le répète...je voudrais faire quelque chose, je ferai ce que tu voudras. Moi, je t'aime...je ne cesserai pas de t'aimer, pas même si tu décidais qu'il n'y a plus rien du tout entre nous. Ce qui serait faux. Tu comprends ? Je ne peux pas vivre sans toi, et je ne veux pas te perdre...S'il t'arrivait quelque chose...tu sais ce que ça signifierait pour moi ? Je pourrai en même temps que toi... "

" Sam ? " demanda doucement Mallory.

" Demande moi ce que tu veux, tu veux que j'aille t'acheter quelque chose, des magasines ? Du chocolat ? Dis moi ce qui te ferait envie ! "

" Va t'en ! " dit-elle calmement sans le regarder.

Sam la fixa, mais elle ne cilla pas. Il avait dit qu'il ferait tout ce qu'elle voudrait ? Alors il remis sa veste, et en jetant un dernier coup d'œil derrière lui, il ouvrit la porte et sortit de la chambre avec le cœur gros.

Puisque dans l'air du temps,
on aime plus souvent
Puisque c'est l'air du vide,
et que les envies priment sur les sentiments...

Prends...

C.J. entra dans le bureau de Sam mais ne le vit pas. Elle sursauta en se retournant pour sortir, car il était assis dans un fauteuil, son ordinateur portable sur les genoux.

" J'ai vu ton briefing ! " s'écria Sam pendant que C.J. se remettait de ses émotions.

" J'ai dit quelque chose qu'il ne fallait pas ? "

" Non. Non, c'était bien, excepté que parlé de cette loi sur la légalisation du cannabis était peut-être un peu prématurée...3

" C'est Toby qui m'a demandé d'en parler ! " se défendit C.J.

" Dans ce cas... "

" Mallory est rentrée chez elle hier soir. Les médecins ont dit qu'elle ne devait pas faire d'efforts jusqu'à la fin de son cinquième moi, et tout irait bien pour elle. "

Sam se força à sourire.

" Je suis heureux qu'elle aille bien. Tu lui as parlé ? "

C.J. prit son air compatissant et s'assit à côté de son ami. Elle posa sa main sur sa jambe pour lui remonter le moral.

" Va la voir ! Apporte lui quelque chose pour le bébé. "

" Ca ne changera pas grand chose... " soupira Sam.

" Rome ne s'est pas faite en un jour ! " le rassura-t-elle. " Qu'est-ce qui se passe Sam ? "

" Rien, il y a juste que je suis à peu près certain que Leo me pousse à bout pour que je donne ma démission, il a fait de ma vie un enfer depuis qu'il sait...et je ne lui en veut pas, parce que tout cela et ma faute, et que j'étais prévenu, mais c'est déjà assez dur que Mallory me déteste, sans que son père en fasse de même. "

" Tout cela va s'arranger tôt ou tard...il faut juste savoir être patient... " C.J. glissa un baiser sur la joue de Sam pour le réconforter et lui redonner courage. " Tu es un homme gentil Sam, tes erreurs sont humaines... "

Mallory vivait sa grossesse comme un véritable enfer. Elle ne pouvait plus aller travailler, elle ne pouvait marcher que très peu, autrement dit, sortir de son appartement était presque prohibé, et de toute façon, elle n'avait envie de voir personne. Abby venait le plus souvent possible, mais hélas, c'était bien contre l'avis de ses agents de sécurité. L'immeuble était mal situé, et mal construit. Elle venait en toute discrétion, avec le moins de bruit possible pour éviter tout incident. C.J. et Josh venaient eux aussi assez souvent. Prendre des nouvelles. Prendre un café à l'occasion. Et lui parler de Sam. Son père lui rendait visite chaque jour, la plupart du temps à l'heure du déjeuner, seule heure où il pouvait se libérer, et se forçait à ne pas parler de Sam. Sa mère avait insisté pour être plus présente, mais Mallory n'avait pas souhaiter l'aide que Jenny voulait lui apporter. Elle était prête à venir tous les jours lui faire la cuisine, le ménage, du moins...elle était prête à amener sa femme de ménage avec elle. Mais Mallory ne tenait pas à entendre les reproches continuels à propos de sa relation avec Sam, ni d'être rabaisser à ne plus pouvoir rien faire chez elle.

Elle se levait très tôt le matin, incapable de dormir, souvent réveillée par la douleur des coups du bébé, ou des crampes à l'estomac provoquées par les médicaments qu'elle ingurgitait en dose massive. Elle ne prenait plus la peine de s'habiller et prenait place devant la télé. Le téléshopping, les émissions musicales, les débats politiques, et le premier briefing de C.J. Elle s'allongeait ensuite et restait pensive jusqu'à midi, sans bouger, elle regardait par la fenêtre, ou bien le plafond blanc et fissuré du salon. Ensuite arrivait son père pour déjeuner avec elle. Il apportait chaque jour quelque chose à manger de manière à ce qu'elle n'ait rien à préparer elle même. Puis, lorsqu'il partait, elle s'efforçait de dormir pour que la journée passe plus vite. Elle espérait chaque jour qu'elle recevrait de la visite pour pouvoir sortir de ses pensées et de son monde de repli. Les gens qui venaient la voir étaient trop polis pour le lui dire, mais chacun lui trouvait mauvaise mine. Les traits tirés, les yeux fatigués, une expression de lassitude continuelle peinte sur son visage. Pourtant, lorsqu'elle parlait de son enfant, ou qu'elle portait une main à son ventre, une lumière intense passait dans ses yeux.

Elle entendit la sonnette de la porte d'entrée retentir en même temps que celle du micro onde dans lequel elle avait fait réchauffer de la soupe. Elle avait perdu l'habitude de vivre seule, au point de ne plus prendre la peine de se faire à manger. Elle se leva difficilement de son canapé, elle portait une chemise à carreaux rose qu'elle ne pouvait plus fermer, un pantalon beige et des chaussons en forme de lapin. Ses cheveux étaient attachés par un élastique. Elle se regarda dans la glace avant d'ouvrir la porte. Malgré ce qu'elle vit dans le reflet du miroir.

" Bonsoir... " dit timidement Sam, qui se tenait devant elle avec les mains dans les poches, et un paquet sous le bras.

" Qu'est-ce que tu veux ? " demanda-t-elle sans agressivité ni enthousiasme, mais simplement de la lassitude.

" Je passais juste prendre de tes nouvelles. Tu permets que je rentre ? "

Elle ne se sentait pas la force ni le courage de se battre avec lui, aussi haussa-t-elle les épaules et laissa-t-elle la porte ouverte pour qu'il passe, elle était déjà dans la cuisine à sortir sa soupe du micro-ondes.

" Je t'ai amené ceci, je ne sais pas si j'ai bien fait... "

Il lui tendit le paquet qu'il avait apporté. Elle l'ouvrit sans délicatesse, et vit qu'il s'agissait d'une encyclopédie des prénoms. Elle eut un sourire sadique.

" Et bien tu as mal fait ton choix ! " Sam fut stupéfait. " Je ne choisirai pas de prénom pour ce bébé car j'ai pris les mesures nécessaires pour le faire adopter dès sa naissance. Je ne tiens pas à le garder, il me rappellerait trop son père. "

" Tu plaisantes n'est-ce pas ? Tu n'as pas fait ça ? Tu ne peux pas faire ça ! Mal, c'est notre enfant, tu ne peux pas...tu ne vas pas confier notre enfant à des personnes que nous ne connaissons pas ! "

" Non seulement je le peux, mais c'est ce que je vais faire. Je ne veux pas être une mère célibataire, je ne veux pas qu'il soit trimballer de t maison à la mienne, et pour son équilibre, c'est mieux qu'il ait des parents qui s'aiment et qui sauront l'aimer ! Je m'en sens incapable ! "

Elle ouvrit le couvercle de la poubelle de la cuisine et y jeta l'ouvrage.

" La prochaine fois, garde donc tes économies pour toi ! "

Elle lui fit comprendre qu'il lui valait mieux partir, il n'avait plus rien à faire chez elle. Mais Sam était attristé d'apprendre la décision qu'avait prise Mallory. C'était tout de même son enfant, et il ne le connaîtrait pas. Et d'un autre côté, il ne voulait pas se battre contre Mallory en faisait appel à la justice. Etant donné les torts qu'il avait, il ne pouvait se permettre d'en vouloir lui-même à la jeune femme. Mais c'était avec plus de peine que jamais qu'il quitta l'immeuble, les larmes aux yeux, et le cœur serré. Une fois la porte refermée, Mallory se laissa glisser contre le mur et laissa ses sentiments et ses larmes la submerger. Elle pleura. Longtemps. Et intensément. Elle avait été forte pendant près de cinq mois, et soudain, ses nerfs lâchaient, et tout ce qu'elle avait gardé pour elle, au fond d'elle, ressortait tel un torrent sans fin.

" Tu n'as pas fait ça ? " Elle ouvrit de grands yeux. " Chérie, tu n'as pas fait ça ? "

" Je ne savais pas quoi lui dire...j'ai eu peur de lui dire... " Elle était prise de panique, elle jouait nerveusement avec ses mains, les portant à son visage, et elle allait de la table au comptoir de la cuisine.

" Et si tu t'asseyais un instant, tu me donnes le tournis, et tu va faire une crise d'anxiété ! "

" Abby, je voudrais que quelqu'un me dise ce que les femmes font dans ces situations...comment elles trouvent la force pour continuer ? "

" Mal, Trésor, certaines femmes n'y arrivent jamais, elles n'ont pas en elle la force. Mais toi...Tu es sans doute la personne la plus courageuse que je connaisse. Sans parlé de ta détermination lorsque tu veux quelque chose ! Allons ! Je suis sûre que tu vas surmonter tout ça ! Mais tu n'y arriveras pas si tu t'y prends comme ça. "

" Je ne sais plus... " murmura Mallory.

" Tu sais, l'autre jour Zoey est allée au cinéma. Elle est revenue à la fois mélancolique et gaie. Elle m'a dit quelque chose...je n'y ai pas prêté attention, elle était dans les nuages, de toute évidence, le film lui avait plu. Elle m'a dit...La plus grande vérité qu'on puisse apprendre un jour est qu'il suffit d'aimer, et de l'être en retour... "

" Tout cela sonne bien beau, mais ce n'était qu'un film, Abby. Ca ne se passe pas comme ça. "

" Je ne suis pas en train de te dire que ça se passe comme ça. Mais réfléchis donc à cette phrase...J'ai réagi comme toi avec Zoey, mais elle signifie plus cette simple phrase. "

Mallory essuya ses yeux plein de larmes d'un revers de la main, et prononça tout haut de la phrase d'Abby.

" La plus grande vérité qu'on puisse apprendre un jour est qu'il suffit d'aimer, et de l'être en retour. "

" Tu as tout compris ! " dit Abby en souriant.

Celle ci espérait, sans doute plus que quiconque, que Mallory saurait bientôt faire la part des choses et reprendre sa vie en main. Elle allait avoir un enfant, elle ne pouvait pas agir comme telle.

Passé son cinquième mois, le médecin, et Abby, par la même occasion donnèrent à Mallory l'autorisation de sortir d'avantage et de marcher. Sans pour autant en faire trop. Aussi, un soir, alors qu'elle regardait un talk-show à la télévision, elle sentit en elle le besoin de sortir, de prendre et l'air, de vider son esprit, pour être à même de réfléchir. Elle longea les rues de Washington, pendant un heure, alors que le soleil se couchait et qu'il laissait uniquement une atmosphère paisible, et un ciel orangé. Elle eut le loisir d'observer ce qu'elle n'avait pu voir pendant des mois, où elle était cloîtrée chez elle. Les gens, pressés, qui vous bousculent, ou ceux qui profitent de l'instant présent, comme elle était en train de le faire. Tous les détails anodins de la ville la firent sourire, comme si pour la première fois, elle découvrait le visage de la rue, de la vie. Il y avait les grincheux et les mal polis, ou bien les patients, et les aimables...C'était une réelle mosaïque d'hommes, de femmes, et d'enfants, et tous autant différents qu'ils étaient, Mallory se sentit proche d'eux, et eut le désir de se fondre dans cette masse. Peut être se retrouverait-elle elle même en en sortant, car la femme qu'elle était devenue l'effrayait. Elle se surprit au bout d'un moment à prendre un taxi. Il était arrêté sur le trottoir, semblant attendre quelqu'un qui ne viendrait pas, elle ouvrit la porte et sans réfléchir demanda au chauffeur de l'emmener chez Sam. Elle ignorait pourquoi, et elle ignorait ce qu'elle ferait lorsqu'elle serait là-bas, si elle lui parlerait, ce qu'elle lui dirait, mais elle voulait s'y rendre, et dix minutes plus tard, elle regardait encore incertaine la façade neuve de l'immeuble.
Elle monta lentement les marches de l'escaliers, se sentant fatiguée par sa promenade qui n'en finissait plus, et repris son souffle avant de frapper à la porte. C'était la première fois qu'elle frappait. C'était chez elle, du moins ç l'avait été. Elle attendit, et eut le temps e tourner dans sa tête ce qu'elle avait l'intention de dire à Sam. Puis la porte s'ouvrit. Son regard était fixé sur le sol, elle vit des pieds nus sur le carrelage, et des jambes fines se dessiner, elle fut tellement surprise qu'elle leva aussitôt la tête et sut que la femme en face d'elle voyait sur son visage une expression de surprise.

" Bonsoir ! "

Mallory ne répondit pas. Elle observa seulement la jeune femme brune, aux cheveux maintenus pas un petit pinceau de peinture.

" Euh...je suis désolée je... "

" Vous veniez voir Sam ? " demanda gentiment son interlocutrice.

" Oui... " répondit Mal, déboussolée.

" Il n'est pas encore rentré, vous voulez rentrer ? "

" Non... "

" Vous voulez que je prenne un message ? "

" Non, merci...je repasserai ! "

Mallory s'enfuit, sans dire au revoir à la jeun femme, et descendit aussi vite qu'elle le put les escaliers, elle poussa la porte de l'immeuble et sentit le vent frais lui rafraîchir ses joues qui s'étaient empourprées. Elle respira et s'appuya contre le mur pour soulager son dis qui la faisait souffrir. Elle laissa glisser quelques larmes sur ses joues et ne trouva pas le courage de faire un pas de plus. Elle appela un taxi aussi fort qu'elle le put, mais la rue était à quelques pas, et personne ne pouvait l'entendre dans le vacarme de la circulation. Elle tenta de s'approcher de la chaussée, et agita sa main pour être remarquée, et enfin une voiture s'arrêta devant elle.

Josh se tint devant la porte du bureau de Sam. Bonnie profita de sa présence pour lui faire signer une carte d'anniversaire. Sam ne leva pas les yeux pour autant.

" Je peux te parler ? "

Il entra sans attendre la réaction de Sam, celui ci remarqua qu'il n'avait pas l'air de bonne humeur, et il allait sûrement lui être fait des reproches.

" Je t'écoute, que puis-je faire pour toi ? "

" Tu vois quelqu'un en ce moment ? "

Sam regarda Josh, incrédule, il ouvrit de grands yeux puis éclata de rire.

" Excuse moi, Josh, c'est nerveux, mais tu avais l'air tellement sérieux...tu te moques de moi en me demandant ça, n'est-ce pas ? "

" Sam, on est amis de puis longtemps, on est de très grands amis...on est les meilleurs amis... "

" Josh ! "

" Si tu voyais quelqu'un...D'autre...tu me l dirais, pas vrai. Je ne vais pas te juger...mais...je voudrais juste savoir... "

Sam s'appuya contre son fauteuil et retira ses lunettes.

" Josh, ce que je vis en ce moment, ça s'appelle un enfer, un calvaire, enfin tu l'appelles comme tu veux ! Mais crois moi, tout homme qui passe par là ne peut pas...je ne peux pas voir quelqu'un d'autre en ce moment. Tu sais ce que c'est d'aimer, Josh ? Et de perdre la chose la plus importante à tes yeux ? Aucun homme qui a vécu ce que j'ai vécu ne pourrait s'en remettre aussi facilement et aller...voir ailleurs. Non je ne vois personne, Josh. Ca fait trop mal pour l'instant. Ca te va ? "

" Oui, très bien, et tu as fait quoi mercredi soir ? "

" Mais enfin qu'est-ce que c'est que cet interrogatoire ? La Maison Blanche surveille mes faits et gestes maintenant ? "

" C'est pas la Maison Blanche qui te parle, c'est ton ami, alors s'il te plaît, pourrais tu me dire ce que tu faisais mercredi soir ? "

Sam haussa les épaules.

" Je ne sais plus...j'ai du rester à la maison. Oui, c'est ça, je suis resté à la maison avec Alice. "

" Ha ! " fit Josh d'un air triomphant. " Et qui est Alice ? "

Sam se mit une fois de plus à rire, mais c'était à présent de bon cœur.

" Quoi, tu pensais que je sortais avec une fille qui s'épelait Alice ? Mais Josh, Alice est ma cousine ! Elle est peintre et elle tient une exposition dans Washington ce mois ci, j'allais pas la laisser louer une chambre d'hôtel ! "

Josh se trouva stupide.

" Tu veux dire...oui, enfin, Alice, c'est ta cousine, qui vient d'Atlanta...Celle sur qui...j'ai flashé il y a deux ans...Je suis vraiment désolé de cette conversation, Sam... "

" Ca ne fait rien ! Mais qu'est-ce qui t'as pris de me demander si je voyais quelqu'un ? "

" Oh...rien, je m'inquiétais, c'est tout... " Il rigola en passant une main dans ses cheveux et secouant la tête.

Josh se sentit aussitôt rassuré et s'enferma dans son bureau, où il laissa échapper un profond soupir. Il décrocha le téléphone qui reposait sur son bureau et composa rapidement un numéro.

" C'est moi. "

Il souriait bien malgré lui.

" Je peux t'inviter à dîner ce soir ? Je n'accepterai pas de refus, je tiens à te le dire ! "

Son interlocutrice avait accepté.

Mallory se sentit stupide de s'être enfuie l'autre soir, et sous les conseils d'Abby, elle se rendit une nouvelle fois chez Sam. Mais une nouvelle fois, ce fut la jeune femme brune qui ouvrit. Elle fut aussi polie et souriante que la première fois.

" Bonsoir ! La dernière fois nus n'avons pas eu le temps de nous parler, mais je suis prête à parier que vous êtes Mallory ! "

" Oui... " hésita Mallory.

" Je vous en prie, entrez ! Si Sam savait que je vous ai laissé sur le pas de la porte l'autre soir ! Je n'ai pas eu l'occasion de lui dire que vous êtes passée...vous m'en excuserez ! "

Mallory entra en voyant l'insistance de la jeun femme.

" Je suis désolée, je ne me suis pas présentée ! Je suis Alice Arthur ! " Devant le silence de Mallory, elle poursuivit. " La cousine de Sam. "

" Oh mon Dieu... " dit Mallory confuse. " Je suis vraiment navrée, je vous avais pris pour... "

" Je m'en doutais un peu. C'est moi qui suis désolée de vous avoir fait croire cela. Mais Sam tient beaucoup trop à vous pour aller voir une autre femme. Il vous aile encore, et il ne conçoit pas de refaire sa vie avec quelqu'un d'autre. "

" Mais il est déjà aller voir ailleurs ! "

" Les hommes sont une race à part, et très stupide ! Mon mari m'a trompé un an après notre mariage. Avec son ancienne petite amie. "

" Qu'avez vous fait ? "

" J'ai pardonné. Et son aventure a été la plus belle chose qui pouvait nous arriver. Nous avons pris conscience l'un et l'autre de ce que nous voulions, de ce dont nous avions besoin. Nous avons quatre enfants, et nous sommes mariés depuis 10 ans. Entre nous, c'est le bonheur total. Je pense vraiment que ce que vous venez de vivre ne va que renforcer les liens qui existent entre vous ! "

" Je n'arrive pas à comprendre comment vous avez fait...pour lui pardonner ! "

" L'amour. " Elle regarda Mallory au plus profond de ses yeux, de manière à lire au fond de son cœur. " Vous ne seriez pas là si vous ne croyiez pas à l'amour. "

Une voix leur parvint de l'entrée.

" Alice ? "

" Je vous laisse, je pense que vous avez plein de choses à vous dire. "

Elle disparut avant que Mallory n'ait le temps de dire quoi que ce soit. Elle l'entendit juste dire bonsoir à Sam dans l'entrée, et sortir en prétextant une course à faire. Sam ne se doutant de rien, entra tranquillement dans la salle à manger, et sursauta en voyant Mallory. Elle se tenait debout, son manteau encore sur elle. Son ventre rond et ses yeux brillants, elle était superbe.

" Mallory... "

" Je passais par là, et... "

" Je suis content de te voir. Tu as l'air...en pleine forme ! " s'enthousiasma Sam.

" Tu veux dire énorme, je suppose ! "

Ils sourirent tous les deux.

" Non, je veux vraiment dire que tu es radieuse ! "

" En fait...je suis venue l'autre soir, et tu n'étais pas là. J'ai vu ta cousine, et je croyais que c'était...enfin... "

" Et tu l'as dit à Josh ! "

Elle rougit.

" Comment le sais tu ? Il ne t'en a tout de même pas parlé ? "

" Il a testé ma réaction, et il s'est trouvé idiot en apprenant que ce n'était que ma cousine. "

" Je venais pour te demander si par hasard les prénoms Martin ou Lorna t'iraient. "

Le sourire de Sam s'effaça. Et il réfléchit tout à coup à la portée des propos de Mal. Voulait-elle dire ce qu'il pensait qu'elle était en train de dire ? Il ouvrit de grands yeux, mais préféra rester de marbre plutôt que de se laisser aller à) l'effusion de sentiments qui montaient en lui.

" Enfin, je croyais que tu avais pris des dispositions pour qu'il soit adopter... "

" J'étais très en colère contre toi, et j'aurai fait n'importe quoi pour te rendre malheureux. "

" Je ne sais pas trop comment je dois réagir, vois tu ! "

Les mots étaient durs à trouver pour Mallory qui ne savait pas exactement ce qu'elle désirait. Mais bon choix ou mauvais, elle continua sur sa lancée.

" Tu sais, quand j'étais petite, et que Papa buvait beaucoup, au point de ne plus se souvenir de ma mère, ni même de moi, je me disais que malgré ses défaut, malgré ses problèmes, malgré l'alcool, et malgré le mal qu'il me faisait malgré lui, je préférais l'avoir pour père que de ne pas en avoir. Je ne veux pas élever tout seule cet enfant, et il y a aussi que ma mère a toujours été là pour mon père, parce qu'elle l'aimait. Malgré ses erreurs, elle a toujours été avec lui. Tu as commis une erreur Sam, qui m'a fait plus de mal qu'aucune autre. Mais bien malgré moi, je continue de t'aimer, et je sais que tu es toute ma raison d'être, et que je ne veux pas vivre, si ce n'est pas à tex côtés. " Elle le vit qui tenter de l'interrompre. " Quand j'ai rencontré Lisa, j'ai très vite su que tu l'avais aimé, et que tu ressentais encore quelque chose, et au fond, je savais ce qui allait se passer entre vous. Je te crois quand tu dis que tu m'aimes, et que je suis la seule, du moins maintenant j'en suis sûre, et je suis prête à tout te pardonner, parce que tout le monde fait des erreurs. La mienne aura été de ne pas revenir vers toi plus tôt. Cette femme m'a fait peur, comme aucune autre. Je suis sûre de ne plus jamais la revoir, et je suis sûre que tu ne la reverras pas non plus, car je te fais entièrement confiance. Je veux dire que je ne douterais jamais de toi, plus jamais, et ma maladive jalousie n'aura plus aucune raison d'exister. "

" Mal, arrête ! Tu essaies de te justifier, de te donner des excuses...Je suis le seul fautif de toute cette histoire, d'accord ? J'en assume toutes les conséquences, mais rien ne pourrait me rendre plus heureux que de te retrouver, si tu veux encore de moi. Je te fais le serment, je te promets...que jamais plus rien ne se mettra entre nous, aucune femme, surtout pas mes ex, ni tes parents, ni quoi que ce soit. "

" Tu me promets qu'on va être heureux ? "

" Plus heureux que jamais ! "

Sam s'avança de quelques pas qui les séparaient, et hésitant, il ouvrit ses bras pour qu'elle vienne s'y blottir. Ils s'embrassèrent tendrement, et Mallory tenta de masquer les larmes au coin de ses yeux. Soudain Sam sursauta et elle se mit à rire gaiement, laissant son visage crispé et fatigué se détendre, et devenir aussi rayonnant qu'avant. Elle prit les mains de Sam et les posa sur son ventre. Il sentit alors le bébé bougé et se trouva en émerveillement. C'était la première fois qu'un tel sentiment l'envahissait. Il s'agenouilla et posa son oreille contre le ventre de la jeune femme.

" Eh oh ? Y a quelqu'un ? C'est moi, ton papa...Tu penses qu'il m'entend ? "

" Oui, j'en suis sûre. Il n'a jamais été aussi agité. "

" Il ? "

" Je ne sais pas, c'est bien plus excitant d'attendre, tu ne trouves pas ? "

Sam embrassa tendrement le ventre de Mallory, en serrant fermement les mains de la jeune femme.

" Je vous aime très fort tous les deux... "

Le 10 Août, alors que Sam était en voyage d'affaires avec le Président et C.J. en Idaho, il fut appelé d'urgences à Washington. Le matin, comme tout autre matin, Mallory prenait son petit déjeuner en regardant la photo de classe de ses élèves qui avait été prise sans elle. Et alors qu'il lui restait une semaine et demie avant d'entrer à la clinique pour accoucher, elle fut prise de contraction et dut appeler une ambulance car elle venait de perdre les eaux.
Transportée aussitôt à l'hôpital le plus proche, elle avait fait demandé Sam auprès d'elle. Celui ci avait donc été dépêché en Idaho, et le Président avait mis à sa disposition son avion privé pour pouvoir être aux côtés de la jeune femme avant qu'elle n'accouche. Il était arrivé trios heures plus tard à Washington et s'était rué aux urgences où Mal allait mettre au monde le premier de leurs enfants. Ils en voulaient au moins trois, mais n'avaient rien contre le fait d'en avoir plus.
Il entra en toute hâte avec une sorte de blouse et une charlotte sur la tête. Il vit Mallory sur la table de travail. La douleur se lisait sur son visage. De nombreux médecins et infirmières l'entouraient ce qui le rendit nerveux. Il s'approcha et prit la main de Mallory qui serra aussitôt de toutes ses forces la main de Sam. Son front était trempé de sueur, elle était brûlante et ses joues étaient rouges. Elle commençait à pleurer tant le moment tardait à venir. Il lui semblait que cela n'en finirait plus et qu'elle n'aurait jamais la force pour accoucher. Elle voulait qu'Abby soit présente, mais la Première Dame n'était pas encore arrivée.

" Je vais pas y arriver, Sam ! " sanglota-t-elle. " Je peux plus faire aucun effort... "

Il embrassa passionnément le front de la jeune femme et tint sa main serrée dans la sienne.

" On n'en a pas bavé jusqu'ici pour que tu abandonnes, d'accord ? On a beaucoup d'amour à lui apporter, et on ne sait toujours pas si c'est une fille ou un garçon, tu n'es pas impatiente de savoir ? "

" Mallory, il faudrait faire un dernier effort, vous êtes dans la dernière ligne droite ! " s'exclama le médecin.

Mallory secoua la tête et refusa de faire le moindre effort supplémentaire.

" Je ne veux pas...je n'en peux plus... " Sa voix était suppliante.

" Je vous promets qu'il n'y en a plus pour longtemps...mais il faut vous concentrer une dernière fois. "

Aidée par Sam, elle prit une profonde inspiration, et poussa aussi fort qu'elle le put. La péridurale n'avait pas fait effet car elle avait été administrée trop tard. Elle respira comme le lui avait enseigner Abby, et elle donna d'elle même les quelques forces qui lui restaient. Mais la douleur fut telle qu'elle abandonna, et se laissa retomber contre le dossier. Elle entendit des cris de nouveaux nés, et une étreinte plus forte de Sam.

" C'est un beau petit garçon, toutes mes félicitations ! "

Le médecin tendit le bébé à sa mère après avoir coupé le cordon ombilicale. Les mains tremblantes, Mallory prit le petit être et le déposa contre son sein, près de son cœur. Il était tout petit, et déjà il faisait fondre les cœurs.

" Sam, mon amour... " murmura-t-elle.

Elle embrassa doucement et avec beaucoup de tendresse le haut de la tête de son enfant, de peur de lui faire mal. Sam se rapprocha d'eux, regardant à la fois son fils, et sa femme, qui pleurait à présent de joie. Il embrassa Mallory sur ses lèvres, et porta un baiser sur le front du bébé.

" Tu as réussi, ma chérie...tu as fait le plus beau bébé du monde. "

" Non, Sam. On était deux...nous avons fait le plus beau bébé du monde ! "

Une infirmière vint les interrompre pour leur demander le prénom qu'ils désiraient donner au bébé. Sam laissa Mallory répondre.

" Martin. Martin Norman Seaborn. "

Elle sourit à Sam, et elle sourit de nouveau en regardant leur enfant.

" Excusez moi, mais une infirmière va emmener Martin se faire une beauté et reprendre un peu de force, il faut vous reposer Mallory ! "

" Un instant ! " dit Sam. " Laissez nous juste un moment tous les trois, s'il vous plaît. "

Le médecin accepta en souriant, et il les laissa.

" Martin, c'était très important que tu sois là pour entendre ce que je vais dire. Tu es tout petit, et tu ne sais pas encore de quoi je parle, mais je vais te le dire quand même. Ta maman est la plus belle, la plus douce, et la plus parfaite des femmes que je connaisse. Je l'aime, et je t'aime toi. Vous êtes les grands amours de ma vie, et j'ai bien failli passé à côté d'un bonheur pareil. Et pour être sûr que rien jamais ne viendra nous empêcher d'être heureux d'être tous ensemble, je voudrais que ta maman accepte de bien vouloir m'épouser. "

Martin émit une sorte de gazouillis et Sam en fut satisfait.

" Je t'aime tellement Sam Seaborn ! Je veux t'épouser le plu tôt possible ! "

Ils s'embrassèrent tendrement, et regardèrent Martin qui était visiblement affamé. Il tétait dans le vide. De nombreux amis vinrent par la suite rendre visite à la maman et au bébé et furent ravis d'apprendre qu'ils étaient conviés aux noces de Sam Seaborn et Mallory O'Brien.

The End

Par Anna






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